28 novembre 2009

haut...

voilà, c'est imminent...

mon premier recueil de nouvelles.

je le dédie à l'homme que j'aime, pour toujours...

parce qu'il est en moi chaque seconde chaque particule de temps...

 

aux éditions Quadrature

26 novembre 2009

épicerie : sous la treille(1)

Hotel sign

 

Violette sentait le froid qui s'engouffrait dans le col de son manteau. elle frissonna et remonta le col de lainage épais.

elle aperçut la devanture accueillante et se décida à pousser la porte.

tout était calme au dedans et elle apprécia la douce chaleur qui l'envahit immédiatement. elle se promena au milieu des rayonnages et lut les étiquettes qui s'offraient à son regard.

"idioties en bobines" ; "petits messages à tricoter" ; "palabres emmêlées"...

elle se dit qu'elle allait trouver ici ce qui allait la délivrer.

personne ne vint déranger sa recherche alors elle s'aventura au fond de la boutique. elle découvrit une porte vitrée entrouverte. des bruits s'en échappaient. des murmures.

elle s'approcha et assista à un spectacle qui retint toute son attention. sur une large terrasse surplombée d'une treille se tenait une femme attablée. elle n'était pas seule et sur la grande table en faïence s'étalaient des cahiers et des feuilles. elle vint plus près et écouta ce qu'il se disait.

- montre les quadrilatères que tu vois sur cette feuille...

elle distingua un petit être pelotonné sur les genoux de la femme.

elle toussa.

- hum... excusez-moi...

cela eut pour effet de faire sauter le petit être hors des genoux et Violette découvrit une petite boule de laine d'où s'échappait quatre membres frêles et pâles. une tête ronde en dépassait. Un large sourire fendit le visage et elle put constater que la bouche était édentée.

- je ne voulais pas vous déranger, s'excusa-t-elle...

- je vous en prie j'arrive répondit la femme d'une voix où elle devina des relents de tristesse.

Toutes deux se regardèrent avec affection sans bien comprendre pourquoi et la femme se leva frôlant une liane de la treille qui lui chatouilla les cheveux.

 


elle entre dans la boutique et pousse la porte vitrée.

- continue tout seul mon amour je vais revenir...

son corps ne la porte presque plus. elle s'accoude au comptoir et demande : alors, vous cherchez quelque chose de précis ?

- oui...

le silence qui suit a quelque chose de chaud de rassurant. leurs yeux parlent pour elles.

- je vous écoute.

- eh bien... je voudrais des mots magiques...

elle fait mine de ne pas comprendre.

- oui... enfin... des mots en kit pour une formule magique.

en un éclair un nom flotte dans sa tête : Evismoten.

elle se dit qu'elle n'a jamais pensé à ça. à se crocheter des mots magiques pour apaiser sa peine.

elle ne peut empêcher la douleur de lui vriller le ventre.

ne pleure pas. cette cliente est là pour une chose bien précise et ce n'est pas un hasard... pas aujourd'hui.

- d'accord. on va vous trouver ça. mais je n'ai pas l'habitude de ce genre de demande. ça va prendre un peu de temps il semble.

- j'ai tout mon temps.

L'épicerie des mots quel drôle d'endroit...


 

25 novembre 2009

épicerie : cache-cache

Hotel sign

 

"maman, cherche-moi... sais-tu où je suis ?"

elle sent son coeur se serrer. cette voix douce, encore enfantine, elle l'aime tellement.

elle bouscule les cartons : "filins de mots désolés" "chutes de colère étouffée" "pelotes de mots décorés" -tiens ça sent Noël, soupire-t-elle- elle fait du bruit de façon intentionnée.

elle crie avec une certaine mesure : "allons, montre-toi..." alors que son regard n'a pas quitté la boule de laine qui respire doucement sur le canapé.

elle avance à pas de loup, mimant tout de même une quête qui se poursuit.

et soudain, elle place ses bras en cercle et entoure la boule de laine qui sursaute.

- oh tu m'as trouvé !

- je t'ai fabriqué je t'ai aimé dorloté engraissé je ne vis que pour toi et tes sourires alors n'oublie jamais cela : je te trouverai toujours, où tu que sois...

une petite tête rougie par la chaleur du lieu qui la confinait apparait alors, édentée et rayonnante.

- tu m'entends ? où que tu sois je te trouverai toujours...

- tu crois ?

- non j'en suis certaine. tu es en moi. tu résonnes en moi.

elle s'arrête avant de poursuivre ses confidences. les larmes sont là encore encore encore.

et si il en était de même pour Evis ? si elle restait connectée à lui quoi qu'il arrive quoi qu'il se passe au dehors ? si au-dedans dans son âme dans son être il s'y trouvait pour toujours ?

la douleur au creux du ventre se fait sentir plus violemment que jamais et elle regrette ces moments de doutes. ces moments où elle sent que des vautours s'arrachent l'âme de son Evis. que des mains invisibles le manipulent pour le faire entrer dans des boîtes des caisses des bobines...

Evis ne la quittera jamais et même si le futur est un temps qu'elle récuse à utiliser désormais elle sait qu'elle n'a pas besoin de ces démonstrations publiques pour vivre avec lui en elle. pour vivre avec ce merveilleux amour qu'ils ont partagé. et dont personne ne peut deviner l'intensité. même les vautours aux yeux aussi acérés que leurs griffes...

elle embrasse tendrement la boule de laine et murmure : je t'aime.

elle sait qu'Evis l'a entendue.

- allez, il est l'heure d'ouvrir l'épicerie, on est en retard ce matin !

24 novembre 2009

épicerie

Hotel sign

 

le jour est déjà levé quand son réveil retentit. elle sursaute. elle ne dormait pas pourtant l'instant d'avant.

du moins il lui semblait.

que toute la nuit elle ne s'est pas endormie. qu'elle n'a pas pu. l'alcool partagé avec ses deux amis hier les larmes qui gonflent son coeur et débordent si souvent le manque le manque le manque. terrible.

elle a hurlé durant des heures qu'elle ne voulait pas vivre sans lui. elle l'a hurlé dans sa tête. parce qu'il y a les enfants les voisins les autres. tous les autres.

elle dormait pourtant et la sonnerie criarde la fait sursauter.

à la radio elle entend François Bayrou. elle l'a vu une fois. à Bordères. Bordères...

ça y est les larmes sont de nouveau là.

l'eau de la douche est froide. le cumulus doit avoir un problème pense-t-elle. elle s'en moque. eau froide eau chaude. rien n'a d'importance.

elle enfile un jean un pull noir et attrape les clés en appuyant sur la touche de la cafetière. il n'y a que ça qu'elle arrive à avaler le matin. un café bouillant. et pendant qu'elle entend le glouglou du café qui passe elle descend le long escalier étroit qui mène à la boutique.

elle dispose les derniers arrivages : "pelote de mots d'humeur" "mots d'amour en fils dorés" "mots satyriques en filoche" "poésie de mots à l'envers" "écheveau de mots en rire".

elle place les mots sur les étagères. recule d'un pas pose un regard circulaire sur sa boutique : "l'épicerie des mots" sera ouverte dans un quart d'heure. elle a juste le temps de boire son café de se mettre deux gouttes d'"Opium" derrière les oreilles (c'est Evis qui lui avait offert ce gel de parfum) de mettre un trait de crayons sous les yeux pour qu'on ne voit pas qu'ils ont pleuré toute la nuit et de moucher son nez.

elle soulevera bientôt le rideau de fer et laissera entrer les premiers clients.

elle préparera un thé "nuit à Mogador" et disposera quelques cookies que sa fille a confectionnés dans une assiette.

début de la journée.

une autre journée.

sans lui. sans Evis.

soyez bienvenus à l'épicerie des mots...

16 novembre 2009

mots

j'ai déjà entendu cette phrase : "la douleur me vrille le ventre" lorsqu'on parle du poids de l'absent, du manque, de la peine.

image concrète d'une souffrance impalpable que l'on devine plus émotionnelle que physique.

je découvre aujourd'hui combien cette phrase est vraie.

il y a en moi ce cratère qui se creuse, juste là au creux de mon ventre, qui me donne la sensation que l'ensemble de mes boyaux est en poignante révolution. au point que je n'ai qu'une envie : me plier en deux pour soulager cette douleur.

"la douleur me vrille le ventre" parce que tu n'es plus là, parce que tout allait être, parce que je te vois la nuit, le jour, je t'entends, je te sens et que lorsque mon esprit veut bien redevenir lucide, je sais, je sais, je sais que ce ne sont que des chimères.

quel processus biologique, physiologique transforme-t-il une souffrance d'amour en un tournicoton ventral ?

tu questionnais : pourquoi écrit-on ?

je sens que mes réponses vont s'enrichir prochainement. parce que mes mots restent la seule passerelle pour venir vers toi...

08-nu-artistique-13128

15 novembre 2009

soit...


DSCN0949.JPG photo C.L.
- maman, ne sois pas triste...
- ça me paraît tellement injuste... je ne comprends pas...
- moi, je suis certaine que ce qu'il t'arrive, c'est parce qu'autre chose d'encore plus beau t'attend...
- tu crois ?
- oui, Dieu te réserve une belle suite...
- vraiment ?
- bien sûr, une maman gentille comme toi, Dieu ne peut pas lui vouloir du chagrin... ou alors c'est qu'il a pété un câble...

07 novembre 2009

jAmais-blAblA-coNtentes(4)

 

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06 novembre 2009

manège

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elle aurait aimé avoir des jambes longues un don pour la musique un grand frère des ongles solides une moto être gynécologue styliste parfumeur...

elle aurait aimé n'avoir peur de rien courir très vite savoir nager le crawl passer son enfance à Marseille étudier aux Beaux Arts parler plusieurs langues couramment avoir des cheveux épais créer une grande famille avec tous les enfants esseulés...

 

mais la vie n'est qu'un manège et chacun vit avec la place qui lui est attribuée...

 

photo C.L.

05 novembre 2009

coque et délice

voilà ce qui ornera la couverture de mon recueil de nouvelles qui ne devrait plus tarder à voir le jour...

 

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étonnant, non ???

 

29 octobre 2009

jAmais-blAblA-coNtentes(3)

 

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