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15 mai 2010

avec mon panier...

- bonjour jolie dame rêvée, où allez-vous ainsi parée de mandarine écrasée, d'ébène en touches ça et là dispersées ?

- je me rends au marché, il paraît que les hommes y sont frais et les amours à savourer.

- serait-ce donc pour moi ce joli sourire ensoleillé, cette lumière en demi-teinte irisée, cette fossette à peine dissimulée ?

- pour vous ou celui d'à côté, celui qui aura envie d'en faire un bouquet et sans lassitude y glisser son nez, celui qui ouvrira ses mains sans danger, celui qui criera de cette soudaine liberté et sautera au ciel étoilé, celui qui timidement osera s'approcher et fourrer un baiser dans mon cou parfumé...

- jolie dame rêvée, laissez-moi approcher et enrouler autour de votre cou parfumé des baisers dorés, croquer au bout de vos lèvres les fruits sucrés.

- mon ami, assez palabrer, je suis pressée, et le marché va fermer si je n'y suis pas à point nommé, agissez ou laissez-moi donc passer sinon je vais me fâcher et sur vous laisser mon courroux s'énerver... et ne soyez pas désolé, je crois que vous l'avez bien cherché.

c'est vrai bientôt c'est l'été et les jolies dames rêvées pourraient être fatiguées de ces langueurs soupirées de ces envies calfeutrées de ces saveurs à peine dévoilées. quand l'été sera terminé qui viendra les dénicher ?


Femme Noir et Blanc

être éditions

reçu ce message ce matin, je vous le livre...

Le risque ou dormir
C’était l’anagramme de mon ancienne maison d’édition
Le Sourire qui mord
Invité à débattre sur le thème « Résister, à quel prix ? » lors de la journée professionnelle organisée le 7 mai 2010 par la Fête du Livre de Villeurbanne, j’ai d’emblée, à la demande de Gérard Picot qui venait de l’apprendre, annoncé publiquement l’arrêt prochain des éditions Être.
Éditer depuis plus de trente-cinq ans, sans capital, des albums jeunesse singuliers plutôt exigeants a toujours relevé de l’aventure. Et sans le soutien attentif de nombre des partenaires de la chaîne du livre, les lois du marché auraient eu raison plus tôt de cet équilibrisme.
En des temps qui ne sont faciles que pour quelques nantis, qu’un léger fléchissement de la vigilance professionnelle puisse nous être fatal a pourtant suscité l’émotion. J’ai été très touché, sur place et depuis, par les nombreux encouragements à tenir et par l’engagement de ceux qui ne pouvaient se résoudre à ce que la présence de nos livres dans le paysage éditorial aux côtés des lecteurs jeunes et moins jeunes, ne soit pas assurée. Que faire ?
Je ne peux que vous inciter, les uns et les autres, à vous précipiter dans vos librairies préférées pour vous procurer les albums d’Être éditionspendant qu’il en est encore temps. Si une vague d’achats ne garantit peut-être pas la poursuite de l’activité, elle assurera un destin à des livres qui considèrent les enfants comme des lecteurs à part entière méritant des points de vue non altérés sur le monde. Qu’ils puissent encore, ces albums, susciter de libres interprétations et la résistance à l’ordre des choses, je nous le souhaite. Et nous le devons aussi aux créateurs qui ont partagé le risque de ces aventures littéraires et humaines.
« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience » écrit René Char.
Je vous remercie de la vôtre.
Et je n’ai pas sommeil…
Christian Bruel
10 mai 2010
Être éditions
56, rue Ramus
75020 Paris