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02 octobre 2017

Anne Bert et Charcot

elle s'appelle Anne Bert. elle est auteur. elle souffre de la maladie de Charcot qui ma prive chaque jour de son indépendance, la rendant "handicapée" et donc dépendante de quelqu'un pour l'aider dans le moindre de ses gestes.

sans parler de la souffrance, difficilement tolérable.

je l'ai écoutée, avec émotion, sur ma radio préférée, alors que Léa Salamé l'interviewait.

je ne l'entendrait plus. vous, non plus.

aujourd'hui, elle s'est rendue en Belgique pour vivre, de son plein gré, sa mort. on appelle ça "euthanasie". je dirais "choix de vie ou de mort".

ça me rend profondément triste, je ne sais dire pourquoi. je pense à mes enfants, si je devais souhaiter le même genre de traitement. je pense à l vie, à ses mots, à sa voix si grave l'autre jour, répondant à Léa Salamé.

voilà le livre témoignage qu'elle laisse, que je n'ai pas encore lu..

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10 septembre 2017

Eva, little princess

on l'appelait "la petite princesse", sa mère, les amis de sa mère, les dandys anglais.. mais elle a vécu une enfance tyrannique, exploitée par une mère abusive, un brin dérangée qui a bafloué son image et son intégrité.

Eva Ionesco raconte cela dans un film d'abord "My Lillte Princess" en 2011 et aujourd'hui dans un livre "Innocence" 

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"Père flou, mère abusive... Pour chasser les images noires de son enfance, Eva Ionesco s'en remet aux mots, les siens, lumineux et incisifs.

Le beau titre du livre évoque ce transfert pervers de la photographe qui entacha la pureté de sa fille, et se drapa sa vie entière derrière un alibi artistique pour évacuer toute culpabilité. Innocence : le bilinguisme ­­— qu'Eva Ionesco doit à une parenthèse enchantée de sa petite enfance, à San Francisco — fait aussi forcément tinter ce titre à l'anglaise : « in no sense », littéralement « dans le non-sens ». Récit d'une avancée insensée vers l'âge adulte, ce livre funambulesque marche au-dessus d'une béance incompréhensible : l'absence de père. Toute la force de l'écriture d'Eva Ionesco, incisive et lumineuse, fend le brouillard que sa mère a toujours maintenu autour de l'identité de son géniteur. Question de regards croisés, encore et toujours : les rares photos de la petite Eva avec son père ont été prises par sa mère avant ses 3 ans, mais les images imprimées sur la ­réti­ne de l'enfant lui appartiennent.

Celle qui aime tant les vêtements, les étoffes, les chiffons, livre le tout dans un patchwork cousu serré, une tapisserie de réparation faite de lambeaux de souvenirs. « Très vite, j'ai ­voulu apprendre à apprivoiser ma solitude dans toutes sortes de lieux », confie-t-elle. Puisque ses parents défaillants ne parviennent pas à lui donner l'amour qu'elle attend, la fillette a développé une hyper-acuité à son environnement. Troènes, menhirs, sable, bitume, briques, sans oublier les cinq pierres paternelles glissées dans sa main lors d'une rencontre éclair... ­Innocence n'est jamais aussi beau que lorsqu'il se laisse gagner par une force immobile, venue de très loin. Celle qui a permis à Eva Ionesco de rester debout. — Marine Landrot (Télérama)"

06 septembre 2017

antispécifisme

avant de poursuivre les aventures marrachies, je voulais vous parler d'une démarche, d'un livre, d'une philosophie de vie qui est la mienne, qui prend force de plus en plus en moi : l'antispécifisme.

plus ça va et plus je ne me résous pas à accepter l'exploitation égoïste que l'home fait de l'animal depuis si longtemps, d'abord pour des raisons de survie et puis après pour son propre plaisir, sa distraction, son envie de dominer, d'être le maître du monde.

l'équitation, le cirque, le zoo, mais aussi avoir un chien qu'on promène en laisse, utiliser les ânes pour porter des charges, élever des vaches dans un pré carré... tout ça, ça me navre...

Jean-Baptiste Del Amo a écrit un ouvrage pour dénoncer cela et j'ai bien envie de le lire.

ça vous tente ?

 

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22 juillet 2017

Eugène Onéguine

je me suis rendue au festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence (quelle belle région, riche culturellement que celle où je vis !!!!!) pour assister à un opéra que le compositeur Piotr Ilyitch Tchaïkoski a mis en musique, d'après un texte d'Alexandre Pouchkine : "Eugène Onéguine".

pas de mise en scène mais des scènes lyriques en trois actes, des voix magiques, fabuleuses, qui nous transportent aux sons inouïs d'un orchestre du Bolchoï époustouflant.

je ne sais pas vous, mais moi, les Russes me font vibrer en littérature...

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04 mai 2017

Franck Venaille

si
vaste

était le mystère
de la vie

si
profonde
l’anxiété
qu’elle
véhiculait

que
presque sans raison
nous demeurions émotifs

sans raison ai-je dit

simplement
comme des âmes singulières
doutant de tout
surtout d’elles-mêmes

ainsi se faufilaient les ans
si profond étant notre étrange désir de vivre

 

C'est-à-dire - Franck Venaille

22 avril 2017

les racines du ciel

j'aime l'écriture de Romain Gary.

et ses écrits.

mon "internénette numertwo" a comme projet de partir dans un an, avec sa meilleure amie, défendre et prendre soin des éléphants.

ce livre est pour elle, un encouragement à sauver ce qui peut encore l'être dans cette société dévastée par l'envie, le pouvoir et la possession... la destruction.

"Morel, le principal protagoniste du roman, décide de faire cesser l'extermination des éléphants en Afrique au milieu du xxe siècle. Or, en AEF (Afrique-Équatoriale française), l'idée d'indépendance commence à prendre forme ici et là.

L'histoire raconte la lutte de Morel, ses actions en faveur des éléphants, la traque dont il est l'objet de la part des autorités, et, en parallèle, les conflits d'intérêt entre les engagements des uns et des autres : pour les éléphants, pour l'indépendance, pour la Puissance coloniale, pour la sauvegarde des traditions, pour la marche en avant de l'homme vers la modernité, pour l'intérêt à court terme, pour l'honneur de l'homme.

L'idée centrale défendue par l'auteur est la protection de la nature (« et cette tâche est si immense, dans toutes ses implications », écrit l'auteur dans sa courte préface). Mais, par ce biais, il expose la protection d'une « certaine idée de l'homme » que Morel, Minna, Schölscher et d'autres illustrent tout au long du roman.

Les Racines du ciel évoque aussi les parcours qui ont conduit chacun à se retrouver là, dans la condition où chacun se trouve."

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05 mars 2017

printemps des poètes

aujourd'hui, et jusqu'au 19 mars, se tient la 19e édition du Printemps des poètes.

en hommage à une dame de la littérature jeunesse qui vient de s'éteindre, si jeune encore, endormie dans son lit, j'ai envie de poster ce magnifique poème de Ketty Nivyabandi : "Trois ethnies"

Trois ethnies
Trois jolis sourires,
Trois jeunes destins.
Trois petites filles,
Trois éclats de rires qui chatouillent les manguiers…

Elles jouent en cercle en se tenant la main,
Sandales et peurs au vent...
Trois rêves ludiques,
Trois chansons.

Un, deux, trois, elles sautillent,
Et petites nattes se hissent à l’horizon.
Un, deux, trois, elles sautillent,
Six petits pieds se posent sur la terre fébrile;
Fraîchement violée par ses fils,
Féconde et porteuse en son sein de l’Infâme.

Un, deux, trois, et la terre minée s’ouvre.
Rugissante et béante,
Purulente de petits monstres,
Elle avale les trois chansons.

Trois petits bouts d’enfance s’envolent en éclats.
Trois rêves déchiquetés, trois rires muets.
Trois destins étouffés, trois boutons de fleurs écrasés.
Trois chants inachevés…

Un, deux, trois pleurs identiques s’élèvent dans un ciel désastré.
Trois silhouettes vêtues d’imvutano noirs s’allongent, cheveux rasés, âmes calcinées.
Trois mères.
Trois plaies.
Trois cœurs fendus à jamais.
Hutu. Tutsi. Twa.
Trois ethnies. Une seule agonie.
Un seul fleuve de larmes qui s’écoule et s’écoule, à l’infini.

Et ce silence…
Le silence lourd et écarlate du sang des innocents



Texte composé pour l’exposition 'Recyclage d’armes en œuvres d’art’
Maoni (Collectif d'Art)/Bujumbura, Janvier 2010

21 février 2017

Les vagues

J'en ai assez de ce qui est joli, j'en ai assez de ça qui est intime. Je vogue sur des eaux houleuses et je coulerai sans personne pour me sauver.

 

Je dois poser le pied prudemment sur le rebord du monde, de peur de tomber dans le néant. Je suis forcée de me cogner la tête contre une porte bien dure, pour me contraindre à rentrer dans mon propre corps.

 

Tout effort vers la connaissance est vain. Tout n’est qu’expérience et qu’aventure. Sans cesse, nous formons de nouveaux mélanges avec des éléments inconnus.

 

Je veux donner, je veux être donnée, et je veux la solitude pour y déployer en paix mes possessions.

 

Je bouge comme la feuille de la haie qui me faisait peur lorsque j'étais petite. Je danse sur les murs rayés et impersonnels, sur les plinthes peintes en jaune comme la lumière du feu dans sur les théières. Je capte le feu jusque dans le regard froid des femmes.

 

J’ai voulu dilater la nuit, et y faire entrer sans cesse de plus en plus de rêves.

 

extraits de "Les Vagues" de Virginia Wolf.

 

07 février 2017

livre Inter

femme de lettres, philosophe, Elisabeth Badinter sera donc la présidente du Prix du livre inter, édition 2017. ce 7 février lance ainsi le 43e rendez-vous littéraire de la radio. Un choix intéressant, quand on sait l’importance que l’auteure a pu accorder au droit des femmes immigrées.

"

Spécialiste du Siècle des Lumières, Elisabeth Badinter inaugurera le 43e Prix du Livre Inter. Commandeur des Artes et des Lettres, elle a publié son premier ouvrage en 1980, L’amour en plus. Histoire de l'amour maternel (XVIIe-XXe siècle). Elle compte également parmi les femmes d’affaires les plus puissantes du pays – sa fortune est estimée par Forbes à 1,58 milliard $ en 2016, soit la 31e fortune de France et la 1304e mondiale.

Auditeurs, lecteurs, jurés et auteurs vont vivre jusqu’au 6 juin 2017 l’aventure du 42e Prix du Livre Inter.

Créé en 1975 au sein de la rédaction de France inter, le Prix du Livre Inter est devenu au fil des années un prix littéraire influent et respecté. Cela tient à sa spécificité : un jury populaire (composé de 24 auditeurs/lecteurs : 12 femmes, 12 hommes) qui délibère sous la présidence d’un écrivain.

Un jury qui change chaque année — garantie d’indépendance – avec, comme seul critère, l’amour de la lecture. Une passion partagée par des milliers d’auditeurs de France Inter, à travers de nombreuses émissions.

Pour les prochaines dates :

— Début avril : Annonce à l’antenne de la liste des 24 jurés et des 10 livres en compétition.

— Lundi 5 juin : Proclamation du 43e Prix du Livre Inter, de nombreuses émissions sont prévues pour fêter l’événement comme il se doit.

Pour s’inscrire, il faudra passer par ici."

24 novembre 2016

les livres et les émotions

"Personne, jamais, ne m’a consolé de ces nuits."

en lisant ces mots, j'ai pleuré.

sanglots qui gonflent dans la gorge, yeux des étudiants figés, la voix qui s'éraille... les larmes.

séance de lecture avec des étudiants autour de "Profession du père" de Sorj Chalandon.

cette phrase résonne en mon coeur, tambourine et ne me lâche pas.

tristesse profonde.

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04 novembre 2016

une chanson douce

"Une chanson douce" de Léïla Slimani vient de remporter le prix Goncourt.

une belle nouvelle.

une belle auteur.

Couverture

"Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant."

prix Médecis

«Laëtitia ou la Fin des hommes», enquête historique sur un fait-divers datant de 2011, a obtenu mercredi le prix Médicis. Ce n'est pas un roman, ni de la littérature.

voilà ce qu'on peut lire dans Libération :

"Ivan Jablonka, dans Laëtitia, enquête sur l’assassinat d’une jeune fille en 2011, poignardée, étranglée, démembrée, un fait divers dont l’analyse devient, par son ampleur, une plongée dans la misère française. On s’intéresse ici davantage à la victime qu’à son meurtrier, encore que celui-ci appartienne à la même classe sociale. L’alcool, l’inceste, l’illettrisme sont les mauvaises fées penchées sur le berceau de Laëtitia et de sa jumelle. Les prolongements de l’affaire sont politiques: Nicolas Sarkozy, à l’époque, en a profité pour délégitimer le travail de la justice. Les juges, les avocats, les journalistes, les policiers, et toutes les professions liées à l’enfance en détresse font l’objet, de la part de l’auteur, d’une attention scrupuleuse. Comme si le malheur n’était pas assez épais, le père de la famille d’accueil, où les jumelles sont arrivées à l’âge de treize ans, a été accusé d’agressions sexuelles. Laëtitia ou la Fin des hommes, titre complet du livre, a aussi une dimension morale."

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31 octobre 2016

heure érotique

la nuit de samedi à dimanche, nous avons gagné une heure87 changement pour l'hiver.

les Avocats du diable en ont profité pour nous faire écrire.

de l'érotisme.

du nouveau.

une nouvelle érotique.

toute une nuit pour écrire avec une double contrainte : le thème et le mot final.

cette année, comme l'an dernier, j'y ai participé et durant la nuit j'ai laissé mes doigts pianoter sur le clavier sur le thème "est épris qui croyait prendre" et comme point final, le mot : ricochet.je voulais être originale, écrire d'une façon particulière. mais je n'ai rien maîtrisé, les mots et les images se sont imposés, enchainés.

il faut dire que j'avais fait le plein de belles vibrations.

je ne gagnerai pas, c'est certain mais je l'ai fait, une nouvelle fois.

 

17 octobre 2016

profession du père

dans le cadre du prix littéraire des lycéens et apprentis, mes étudiants doivent lire certains livres.


en l'absence de leur prof de français, je décide des séances de lecture publique (j'aime lire, pas eux, je veux leur donner le goût des livres..). choix du livre, au pif (parmi la sélection) : "Profession du père" de Sorj Chalandon.
au début, nous étions intrigués, puis effrayés et par la suite pliés de rire.
un d'entre eux lève le doigt : mais en vrai, madame, son père, c'est un gros mytho ?
voilà, voilà.
n'empêche, on a passé de sacrés moments autour de ce roman, et ils ont adoré.

je vous le recommande....

 

11 octobre 2016

micronouvelle

Radio France organise un concours de micronouvelles, 1000 signes pas plus pour écrire autour de la liberté.

ça vaut le coup d'essayer, aligner 1000 signes c'est rapide, parfois périlleux autan qu'un équilibriste sur un fil.

pour tout savoir et vous inscrire :

http://www.radiofrance.fr/espace-pro/evenements/radio-france-fete-le-livre-2016/concours-radio-france-de-la-micro-nouvelle

bonne chance à tous ceux qui vont se lancer dans l'aventure !

09 octobre 2016

Bruce... in book

après le disque, voilà le livre autobiographique de mon chanteur d'amour...

un beau cadeau qui m'intimiderait presque tant cet homme est précieux pour moi.

je crois que c'est une des meilleures ventes du moment.

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19 septembre 2016

3096 jours

Natascha Kampusch a été enlevée le à l'âge de 10 ans, sur le chemin de l'école. son « bourreau » (comme elle le désigne dans son livre) se nomme Wolfgang Přiklopil.

son livre s'appelle "3096 jours", le nombre de jours durant lesquels elle a été la prisonnière d'un technicien en télécommunications.

enlevée le s 2 mars 1998 elle a été séquestrée jusqu'au 23 août 2006, jour où elle s'est échappée.

 

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24 juin 2016

Benoite Gould

"Il est vrai que j'ai un cerveau de femme, j'aurais dû vous l'avouer plus tôt. C'est un ordinateur plus rudimentaire, dame! Et qui comporte peu de circuits et absorbe moins de données. Je suis née comme ça et j'ai beau avoir fait des études dites supérieures parce que j'ai eu la chance de naître au XXè siècle où par suite du relâchement des mœurs, on a fini par nous ouvrir les portes des lycées et des facultés, comme on permet de guerre lasse à l'enfant qui vous a enquiquiné toute la journée de jouer avec la boîte à outils de papa, je ne parviens pas à me sentir l'égale de l'homme."

cet extrait vient du livre "Ainsi soit-elle" de Benoite Gould.

Benoite Gould a fini par laisser ce siècle se débrouiller sans elle. il faut dire qu'elle a déjà bien oeuvrer au siècle dernier pour nous, les femmes. à 96 ans, elle avait bien besoin de se poser.

je vous laisse chercher, si cela vous intéresse ce que l'on dit de sa vie, ce que j'aime chez Benoite Gould c'est ce qu'elle a écrit.

un autre extrait alors, issu de "Mon évasion" (moi qui aime lire du Virginia Woolf) :

"Virginia Woolf avait raison : « Tuer la fée du foyer reste le premier devoir d’une femme qui veut écrire. » Si j’osais ! Mais les fées du foyer ont la vie dure, et dans mon cas, il faudrait tuer dans la foulée la mère et la grand-mère ! Woolf a sous-estimé le problème : elle n’avait pas d’enfants et Beauvoir non plus. Il aurait fallu me prévenir il y a très longtemps."

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10 juin 2016

Sept

c'est le grand lauréat du prix du livre Inter. Tristan Garcia a remporté ce prix avec son recueil de nouvelles "7", composé de six nouvelles et d'un roman qui relie ces 6 nouvelles.

je n'ai guère de temps libre en ce moment mais sérieusement, je suis très curieuse de lire cet ouvrage.7 par Garcia

"Sept fois le monde. Sept romans miniatures.
Il y sera question d’une drogue aux effets de jouvence, de musique, du plus beau visage du monde, de militantisme politique, d’extraterrestres, de religion ou d’immortalité. Sept récits indépendants dont le lecteur découvrira au fil des pages qu’ils sont étroitement liés.
Peu à peu, comme un mobile dont les différentes parties sont à la fois autonomes et solidaires, 7 compose une image nouvelle de la psyché de l’homme contemporain, de ses doutes et de ses croyances nécessaires.
Exploration réaliste de divers milieux sociaux, 7 est aussi le récit fantastique d’une humanité qui tourne volontairement le dos à la vérité et préfère se raconter des histoires."

23 mai 2016

Potomak

dans Le Potomak, sorti en 1919, Jean Cocteau écrit : "Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi."

si cette phrase a marqué les esprits et sert souvent aux artistes marginalisés à garder une raison d'être et de faire, ce livre est un peu spécial dans le travail de Jean Cocteau.

voilà ce que j'ai trouvé sur le site du Fonds Jean Cocteau de Montpellier :

"Ce livre marque une étape décisive dans le rapport de Cocteau à la littérature et à l’art : il y a un avant et un après. Avant : des recueils de poèmes, des nouvelles, des pièces inédites, des activités de presse, mais une perception frivole de la condition de l’artiste et de sa vocation, organisée dans la continuité d’une vie mondaine pleine d’un « besoin de gloire, de contagions et d’épidémies » (« Prospectus »). Après : une découverte des exigences de l’art, une plongée dans les profondeurs. 
À sa manière hirsute, dispersée, contradictoire, inachevée, Le Potomak met en scène ce passage (beaucoup moins radical dans les faits que sa mise en scène ne le laisse entendre). C’est pourquoi Cocteau lui donne le statut d’une préface. « Une préface à quoi ? », se demande-t-il. À ce qu’il va devenir au sortir de cette mue et qu’il ne connaît pas encore. Aux œuvres qu’il va créer, aux livres qu’il va écrire…"

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Collage de Jean Cocteau sur une enveloppe à en-tête du Mercure de France, qui devait éditer le livre en 1914. Les Eugènes, microbes de l’âme, apportent malaise et inquiétude dans les vies trop installées, mais leur action est nécessaire pour vivre des mues. Dans ce projet sans doute promotionnel, la couleur les rend presque désirables.