19 septembre 2012
rentrée littéraire - 4
et puisque le ton d'aujourd'hui est "violent" voilà un livre à découvrir pour l'intérêt de l'Histoire qu'on méconnait et la beauté des mots qu'on reconnaît.

"Le narrateur du Singe noir, journaliste et auteur de romans politiques, est envoyé par son journal enquêter sur un étrange institut où un professeur “s’occupe” d’enfants meurtriers. “Savez-vous que, dans la Chine ancienne, certains empereurs confiaient aux enfants le soin de torturer ?” Car à l’âge béni de l’innocence, on ignore les notions de Bien et de Mal… Mais que le lecteur se rassure, malgré la noirceur de l’intrigue, le ton de Prilepine, la vivacité acide de sa phrase, l’acuité de son regard sur le monde, la vie, l’amour, la mort – les grandes questions du roman russe en somme – sont bien là !"
06:59 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1)
tournantes
elle ferme les yeux, elle ne veut pas voir ça, elle se dit : là, ce n'est pas du cinéma, c'est la vraie vie.
l'instant d'avant, elle "était blottie dans un siège de velours rouge et regardait le héros sauver la belle, mais fini le héros et finie l'histoire de rêve, elle est devant ce sale type qu'il l'a giflée tellement fort qu'elle a chancelé.
la deuxième claque est fatale. elle est par terre.
quand elle ouvre les yeux c'est juste lorsque la chaussure arrive sur ses cotes. Doc Martins elle lit en gros. elle n'oubliera jamais ce nom.
elle se met à hurler, la douleur est terrifiante. elle sent alors des bras qui tirent ses jambes, qui écartent ses jambes. elle entend les voix fortes, les rires aussi. elle réalise qu'ils sont plusieurs. elle se débat mais d'autres coups tombent et la fulgurance de la douleur lui coupe presque le souffle.
bientôt des mains arrachent sa culotte. bientôt elle sent une brûlure entre ses jambes.
une brûlure qui dure des heures.
quand enfin tout s'arrête elle voit que la nuit est tombée sur la cité. sa mère va s'inquiéter, elle avait promis de rentrer tôt pour finir ses devoirs et l'aider à préparer le repas.
quand enfin tout s'arrête, le sang macule sa jupe et ses jambes, son corps est en mille morceaux. elle ne comprend pas pourquoi les héros ça n'existe que dans les films, pourquoi elle, pourquoi ça.
elle n'a rien fait, rien dit. elle était juste allée au ciné.
Pendant plusieurs mois, Nina et Stéphanie, âgées de 15 et 16 ans, ont été victimes de viols collectifs dans les caves de la cité de Fontenay-sous-Bois.
06:52 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (4)

























































