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23 mai 2007

rideau !

je ne pensais pas y arriver, j'en avais parlé avec Christophe Miraucourt, auteur jeunsse, et j'y ai mis toute la passion nécessaire mais j'y suis arrivée.

voilà donc une pièce de théâtre écrite et imaginée avec des élèves de CE2, sur la fondation de la ville d'Aix-en-Provence.

la mise en forme et le chœur sont de moi, les dialogues, les noms inventés et les bonnes idées viennent des élèves.

alors si vous avez le courage de tout lire :


Scène I :
Il y a longtemps, à Rome, par une belle journée, les frères Sextius travaillent dans l’écurie…

Julius : Hé ! toi, petit Caïus, viens nous aider, monsieur le chouchou à sa maman…

Caïus : Oui mais je suis trop fatigué.

Julius
et Pétrus : Tu es paresseux ! Tu te reposes tout le temps ! Si papa était là, ça ne se passerait pas comme ça !

Caïus : Oui, mais moi je fais beaucoup d’affaires avec le voisinage.

Julius
et Pétrus : Bien sûr…. Et puis quoi encore ?

Caïus : Bon, je vous laisse.

Julius
et Pétrus : Maudit soit Caïus ! Cette nuit, nous le bâillonnerons et nous le ficellerons pour le vendre à un marchand d’esclaves.


Chœur : Ô Mars, grand dieu de la guerre, vas-tu laisser faire cela ? Toi, dont les pas sont plus souples qu’un danseur de Priape, regarde-les ! Pique-les de ta lance, ils en trébucheront…


Scène II :
La nuit venue, le complot se prépare…


Julïus : Pétrus, on va bâillonner et ficeler Caïus. Tu es d’accord ?

Pétrus : D’accord ! A trois, on l’assomme. Un, deux, trois !

Julius prend son élan et tombe en arrière, déséquilibré. Caïus se réveille à cause du bruit. Pétrus se précipite, s’empare de la massue de son frère restée au sol et assomme Caïus.

Caïus : Mmm mmm mmm…

Les deux frères ficellent Caïus et l’attachent à la queue du cheval puis ils partent au galop… clopclopclop
Ils arrivent enfin chez le marchand d’esclaves…


Caïus,
surpris : Où suis-je ? Et qu’est-ce que je fais ici ?


Chœur : Certes, le guerrier frémissant sentira en lui la colère quand il verra ses rivaux, ceux qu’il croyait ses frères, le traiter ainsi qu’un esclave…


le premier
marchand : Allez, pas de temps à perdre pour des explications… s’adressant aux deux frères : Que voulez-vous ?

Julius : On veut vous vendre un esclave contre cinq cents pièces d’or.

le premier
marchand : Marché conclu ! Voilà ! Au revoir.

Les deux frères Sextius repartent au galop.
Durant la nuit…


le premier
marchand : Hum… Ce jeune homme ferait bien l’affaire pour mon ami, le marchand de gladiateurs.

Il se rend au matin chez son ami. Arrivé chez lui, il sonne : ding ! dong !

le second
marchand : Salut l’ami ! Que me vaut le plaisir de ta visite ?

le premier
marchand : Je viens te vendre cet esclave pour mille pièces d’or.

le second
marchand : Tâtant les bras de Caïus, ses cuisses et jugeant sa taille… Il a l’air costaud, j’en ferai un grand champion. C’est d’accord.

Le marchand d’esclaves s’en retourne chez lui.



Scène III :
Une journée d’entraînement...

L’entraîneur : Bonjour élèves !

Caïus : Bonjour maître ! Vous êtes notre entraîneur ?

L’entraîneur : Oui ! Venez, on va s’entraîner. Leçon numéro un : apprendre à manier le filet et le trident.

Caïus hésite. Il n’a pas l’habitude de s’activer autant.

L’entraîneur : Allez ! File à l’entraînement !

Caïus ne semble pas décidé.

L’entraîneur : Bouge un peu ou tu auras affaire à moi !

Caïus : Courage ! Allons à l’entraînement ! Ca me permettra de devenir fort. Ainsi je pourrai lutter contre mes frères…
Se tournant vers l’entraîneur Bon donnez-moi un trident et un filet, je suis prêt à m’entraîner.


Chœur : Ô, filles de Zeus, chastes muses, vous qui voyez les âmes subtiles et ingénieuses des forgeurs de gladiateurs, lorsqu’ils sont armés de leurs artifices les plus déliés, venez contempler la puissance de Mars…

L’entraîneur : Caïus, prends le filet dans la main droite et le trident dans la gauche et lance le filet sur Cassius. Essaie de l’envelopper complètement.

Caïus : Attention ! J’attaque avec le trident par le flanc gauche !

Cassius : Aoua, ouille ! Je suis blessé, je saigne !

Caïus : Pardon Cassius, je ne voulais pas te faire mal…devenons amis, veux-tu ?

Gladius : qui a surpris la conversation entre Caïus et Cassius Acceptez-moi comme ami, je veux m’entraîner avec vous !


Scène IV :
Pendant ce temps, à Rome, chez la mère de Caïus…

Sylvia : Maria ! Julius et Pétrus se sont engagés dans l’armée sans m’en avertir ! Je m’inquiète pour eux… Et Caïus a disparu ! Si ça se trouve, il est en danger…

Maria : Ne vous inquiétez pas , maîtresse ! Caïus sera bientôt de retour et Julius et Pétrus reviendront de l’armée un jour.

Maria sort de la pièce, l’air soucieux. Sylvia tombe à genoux en implorant Mars…

Sylvia : Pitié, Ô toi Mars, grand parmi les dieux ! Viens à mon secours ! Dis-moi si Caïus va bien, je t’en supplie !

Mars apparaît alors dans un nuage de fumée…


Chœur : Heureux l’homme d’une sagesse accomplie. Elle a donné l’amour, il a donné la vie. Celui-ci, parce qu’il a été intelligent, reverra son enfant, ce demi-dieu , et il accomplira son destin.

Mars : Ne t’inquiète pas, noble Sylvia ! Caïus va devenir un grand soldat ! Les épreuves qu’il subit vont l’aider à devenir plus fort et plus courageux. Une destinée hors du commun l’attend… Quant à tes autres fils, ils font la guerre à Entremont…


Scène V :
De leur côté, Caïus, Cassius et Gladius ont imaginé une évasion de chez le marchand de gladiateurs…

Caïus : Je n’arrive pas à dormir, je vais réveiller les autres.

Gladius
Et Cassius : Pourquoi nous réveilles-tu à cette heure de la nuit ?

Caïus : Allez chercher les autres et faites-leur la proposition de s’enfuir avec nous à Rome !

Chœur : Les habiles sont inventifs, car voici une idée singulière, neuve et pleine d’étrangeté et quel autre l’eut imaginée ? Réellement, moi, si l’on m’eut dit quelque chose de ce qui arrive, je ne l’aurais pas cru, car j’aurais pensé que c’était une plaisanterie…

Gladius
Et Cassius : D’accord. Se dirigeant vers les autres soldats endormis Les amis levez-vous ! Suivez-nous jusqu’à Rome, vous aurez la belle vie.

D’autres
gladiateurs : Attendez-nous, on vient aussi !

Caïus : Venez ! Mais méfions-nous des gardes ! Dépêchez-vous ! On va dans l’armurerie ! Toi Gladius, prends ce filet ! Vous, prenez ces glaives et ces boucliers ! Et toi Cassius, prends des épées ! Maintenant les amis, partons à travers champs…



Scène VI :

Un gladiateur : Il fait noir comme en un four ! Caïus, es-tu sûr de ton chemin…

Caïus : Suivez-moi, n’ayez pas peur !

Au détour d’un chemin se dresse soudain un monstre ressemblant à un dragon, aux yeux cruels, possédant des crochets disposés autour de la bouche, à la peau transpercée d’épines et de couleur turquoise.

Une voix : Rebroussez chemin ou vous mourrez !


Chœur : Comment l’affaire va-t-elle aller ? Je suis inquiet de voir quel chemin ces hommes ont emprunté. Cela me semble sérieux et de vie, il y a ici à faire sacrifice...

Caïus : Montre-toi ! Qui es-tu ? Ô l’affreuse chose ! Les amis, préparez-vous à l’attaquer par la gauche. Cassius, Gladius, avec moi sur le flanc droit !

Les autres
gladiateurs : On…on avance, chef ?

Caïus : Courage les amis ! A l’assaut !

Le monstre : RRRrrrrrrr…

Le monstre approche. Trois gladiateurs tombent morts, Caïus tue le monstre.

Les autres
gladiateurs : On fait quoi, chef ?

Une voix : Relevez vos frères morts ! Marchez vers Entremont, de l’autre côté des Alpes. Rendez-les à leur patrie !

Caïus : En route ! Serrez-vous près de moi ! Formons un blonc invincible !

Caïus tranche la tête du monstre et l’emporte avec lui au bout de son épée.


Scène VII :
Les soldats menés par Caïus arrivent à Entremont…

Caïus : Oh ! regardez, les murailles d’Entremont ! Il semble qu’il y ait la guerre…

Cassius : Vite, cachons-nous ! Baisse le tête et enfoncez-vous dans les buissons !

Caïus : Mais… Regardez là-bas ! Je les reconnais ces deux-là : ce sont mes frères ! Ils s’échappent ! Il faut les en empêcher !


Chœur : Sérieuse est l’affaire, grand débat, lutte rudement engagée. Voulez-vous qu’ensemble nous punissions ces traites qui combattent contre les leurs ? J’apprends que ces romains font partie des Celto-ligures !


Gladius : Vite, faisons un plan ! … Bon, écoutez : toi, Caïus tu vas faire peur aux gens avec ta tête de monstre pendant que nous, nous allons nous battre contre les Celto-ligures qui tomberont au pied de la muraille, paralysés de peur…

Caïus : Brandissant la tête du monstre Ououououuuuu !

Les Celto-ligures tombent paralysés au bas de la muraille…

Les gladiateurs : Tiens ! Prends ça ! Et voilà pour toi ! Han !

Gladius
Et Cassius : Caïus, voilà tes frères ! Capturons-les ! Dépêchons-nous, ils s’échappent, vite !
S’adressant à Julius et Pétrus Arrêtez-vous, jetez vos armes !

Julius
et Pétrus : En chœur Pitié ! Ne nous tuez pas ! Nous connaissons un grand secret…

Scène VIII :
Mars apparaît devant Caïus et pose une main paternelle sur son épaule…

Mars : Ecoute-moi Caïus, en vérité, je suis ton père. Ce qui fait de toi un demi-dieu ! Il faut que tu sois clément et que tu libères tes frères car ils connaissent le secret de l’eau. C4est ce secret qui te permettra de fonder une ville nouvelle à qui tu donneras ton nom : « Aquae Sextiae ».

Caïus : Bien père… je vais les libérer !

Mars : Merci mon fils ! Maintenant va et fais ce que tu dois !

Caïus : Se tournant vers ses frères, implorants Alors comme ça, on détient le secret de l’eau ?

Julius
et Pétrus : Tremblants Oui ! Si tu nous libères, nous te le dévoilerons…


Chœur : A toi, maintenant, puisque te voilà devenu un homme fort et respecté, de pardonner en souvenir du Dieu que tu représentes.
N’oublie jamais qui tu es et ce qu’on attend de toi.


Caïus défait les liens qui emprisonnent ses deux frères…

Julius
et Pétrus : Voilà l’eau, là, au creux des collines, au pied d’Entremont.

Caïus : Merci mes frères ! Je vous pardonne car grâce à vous, je vais fonder une ville nouvelle.

A ce moment, Sylvia apparaît conduite par un char…

Caïus : Mère ! Regardez, voilà ma future ville, je vais l’appeler Aquae Sextiae !

Sylvia : Quel emplacement idéal ! Je veux en faire la renommée ! Voyons, une idée… ah voilà ! « Venez à Aquae Sextiae, vous y serez bien lavés ! »

Caïus : Julius, je te nomme chef de la défense de ma ville ! Quant à toi, Pétrus, tu seras le chef des sources et des thermes.


si vous êtes arrivés jusque-là sans craquer, je vous invite à me donner vos impressions...

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Commentaires

Quel travail ! Pour toi et pour les élèves !
Les relations entre les personnages ont certainement permis d'ouvrir pas mal de débats entre eux ?
Qu'est-ce que j'aimerais que mes enfants vivent cette expérience ; écrire une histoire avec un auteur jeunesse !

Écrit par : virginie | 24 mai 2007

je te rassure, ils avaient bien travaillé avant sur l'histoire de la fondation de la ville d'Aix.
mais écrire une pièce de théâtre avec des scènes bien découpées, un commencement et surtout une fin, ça leur paraissait (et je vais dire : surtout à l'enseignante !) inimaginable.

quand ils ont lu les scènes sur lesquelles ils avaient travaillé, ils les ont jouées. et on a pu ainsi se rendre compte des incohérences : c'était fabuleux !

ensuite, il y a eu des choses que je n'aurai soupconnées comme débattre longtemps sur l'âge des trois frères, car même si on ne le cite pas, c'était important pour leur relation entre eux et leurs aptitudes, ou la description du monstre croisé au détour du chemin...

pour le chœur, je me suis inspirée des "Grenouilles" d'Aristophane...

voilà, tu en sais un peu plus...

Écrit par : calouan | 24 mai 2007

c'est vrai que c'est une super technique de jouer le texte pour voir si ça fonctionne !
Du coup oui l'âge de devait être important pour savoir comment se situer lorsqu'on le joue.

Écrit par : virginie | 25 mai 2007

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