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24 mars 2009

Cezanne 2

voilà la 2e lettre de Paul Cézanne, extraite de mon projet d'écriture dans les classes.

Jill, je t'assure, ce sont des CE2.

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Aix-en-Provence, le 16 mars 1905


Cher jeune Picasso,



Votre lettre, en réponse à la mienne, m’a satisfait. Elle m’a permis de vous connaître un peu mieux. Je comprends votre chagrin et le bleu que vous peignez dans vos tableaux. Nous avons cette chose en commun : j’ai également ressenti une immense peine lors de la perte de mon père et plus récemment de ma mère.

Dernièrement, Ambroise Vollard m’a parlé de deux de vos tableaux : Arlequin, assis et La femme à l’éventail où l’on sent moins de tristesse. Abandonnez-vous ce bleu ? Le chemisier bleu de la dame sur votre tableau La femme à l’éventail exprime-t-il toujours la tristesse ?

Sur vos tableaux, on y voit des personnages ; sont-ils importants pour vous ? Aimez-vous peindre des paysages ? Savez-vous peindre sur le motif ? En ce qui me concerne, j’adore me promener dans la nature aux alentours d’Aix-en-Provence. Je peins des paysages montagneux comme ma Sainte-Victoire si chère à mon cœur. Ce que je préfère, c’est la représenter telle qu’elle est, à différents moments de la journée ou de l’année. Je suis presque plus amoureux de la Sainte-Victoire que de ma chère femme Hortense.

D’ailleurs, cher jeune Picasso, vous m’avez proposé un défi. Je l’accepte volontiers. Que diriez-vous de comparer notre travail avec des peintures de paysage ? C’est Ambroise Vollard qui décidera de la plus conforme, la plus joyeuse. A moins que nous ne peignons notre marchand d’art ?

J’attends votre avis.

Dans l’espoir de votre réponse, veillez accepter, cher jeune Picasso, mon amical respect.

Paul Cézanne

 

Arlequin assis Reproduction artistique par Pablo Picasso