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11 avril 2009

hum...

il y a des jours où on se voudrait aphrodisiaque

pour l'empreinte de l'exilir

le plaisir du liquide offert

la volupté de la bouche ouverte...

 

10 avril 2009

savoir

 

 

Savoir sourire, 
À une inconnue qui passe, 
N'en garder aucune trace, 
Sinon celle du plaisir 
Savoir aimer 
Sans rien attendre en retour, 
Ni égard, ni grand amour, 
Pas même l'espoir d'être aimé, 

Mais savoir donner, 
Donner sans reprendre, 
Ne rien faire qu'apprendre 
Apprendre à aimer, 
Aimer sans attendre, 
Aimer à tout prendre, 
Apprendre à sourire, 
Rien que pour le geste, 
Sans vouloir le reste 
Et apprendre à Vivre 
Et s'en aller. 

Savoir attendre, 
Goûter à ce plein bonheur 
Qu'on vous donne comme par erreur, 
Tant on ne l'attendait plus. 
Se voir y croire 
pour tromper la peur du vide 
Ancrée comme autant de rides 
Qui ternissent les miroirs 

Savoir souffrir 
En silence, sans murmure, 
Ni défense ni armure 
Souffrir à vouloir mourir 
Et se relever 
Comme on renaît de ses cendres, 
Avec tant d'amour à revendre 
Qu'on tire un trait sur le passé. 

Apprendre à rêver 
À rêver pour deux, 
Rien qu'en fermant les yeux, 
Et savoir donner 
Donner sans rature 
Ni demi-mesure 
Apprendre à rester. 
Vouloir jusqu'au bout 
Rester malgré tout, 
Apprendre à aimer, 
Et s'en aller, 
Et s'en aller... 

09 avril 2009

petits messages

rose.nina.pauline7.jpg

quel est le dernier petit message que vous avez laissé ?

à qui ?

quand ?

et vous l'avez posé où ?

et si ce jour, vous me laissiez un petit message, rien que pour moi ?

hum...

la dernière

... lettre entre Picasso et Cézanne. c'est Picasso qui en est l'auteur.

mon travail avec ces deux classes vient d'aboutir.

en suivra un petit livre pour les élèves avec les travaux graphiques réalisés sous la direction de Pascale Breysse...

je vous montrerai.

 

                                                                                 Goscol, le 12 septembre 1905

 

 

                                           Paul, mon cher père,

 

         Je vous écris d’un séjour en Espagne, où je rends visite à mes parents qui sont très intéressés par notre future exposition. Je suis venu ici étudier l’art ibérique et j’ai réalisé de nombreux essais pour arriver à une simplification des visages et des corps. Je vous adresse avec ce courrier un dessin préparatoire que j’ai entrepris dans le but de réaliser une œuvre future dont le sujet se situe rue d’Avignon à Barcelone. Mon travail d’exploration s’oriente vers une nouvelle construction des formes et des volumes. J’imagine qu’on puisse voir les visages sous différents points de vue. Cela m’enthousiasme  et me donne une formidable énergie. Je suis certain que vous apprécierez. Je commence à être vraiment célèbre

 et j’espère que notre exposition m’aidera à aller plus loin .

         A ce propos, j’ai discuté avec Ambroise Vollard et nous avons choisi une date. Cet évènement aura lieu le 1er mars 1906 pour éviter le Salon d’Automne car je déteste cette manifestation. Néanmoins, je serai très heureux d’exposer à vos côtés en mars prochain car vous êtes mon ami.

         En ce qui concerne l’encadrement de nos toiles, on utilisera de grands cadres en bois peints et sculptés, en harmonie avec nos tableaux pour les mettre en valeur. Ce sera sûrement très joli.

         Ambroise Vollard nous invite dans sa galerie où de nouvelles cimaises ont été installées sur le mur pour l’accrochage. En accord avec notre collectionneur d’art, les inscriptions sur les cartels seront cachées pour laisser les visiteurs deviner lequel de nous deux a réalisé la production et leur permettre d’apprécier notre démarche picturale à sa juste valeur.

         J’aurais pu peindre à votre place votre compagne, votre portrait, votre montagne et signer de votre nom. Il aurait été amusant de pousser le jeu jusqu’au bout et d’inverser les rôles…

         Lorsque l’exposition sera finie, nous échangerons nos portraits en gage d’amitié.

         Je vous laisse désormais travailler tranquillement sur le défi. Nous nous retrouverons pour l’exposition en mars. Je suis très impatient et vous n’imaginez pas dans quel état je me trouve. Mon humeur est joviale et cela me donne des ailes

pour trouver mes idées et travailler avec acharnement.

 

         Je vous souhaite de passer un bon hiver. Couvrez-vous bien.

 

                                                              Un Picasso tellement enchanté

 

Les demoiselles d'Avignon :

 

08 avril 2009

légéreté

lever le voile

poser les bonnes questions

réponses en moments suspendus

gouttes d'absolu.

créer des images

inventer un horizon

prendre son élan

s'envoler

ne plus se retourner.

 

flavie_flament_voile_reference.jpg

06 avril 2009

NPA

 

 

baigneuses

je continue à vous faire partager le travail dans ces classes de CE2, d'écriture épistolaire entre Cézanne et Picasso.

 

Aix-en-Provence, le 2 juillet 1905

Mon cher Ami,


J’ai été heureux de vous rencontrer, d’abord dans la galerie où avait lieu l’exposition de mes œuvres, et, ensuite, lors de ma visite dans votre atelier au Bateau-Lavoir. Je regrette que vous n’ayez pu rencontrer mon fils, Paul, qui ne s’est déplacé qu’une seule journée, car des obligations l’appelaient ailleurs. Vous n’avez donc pas été en mesure d’effectuer de peinture de nous deux, mais j’ai bien aperçu la nature morte qui, je n’en doute pas, vous permet de vous préparer pour notre défi !
Lors de l’exposition du dix-sept juin, j’ai parlé à notre cher amateur d’art ( vous aurez facilement reconnu en ces termes notre ami Ambroise Vollard !) de notre défi. Il a été très enthousiaste et a trouvé l’idée excellente ! Il a d’ailleurs proposé d’exposer nos cinq tableaux respectifs dans sa galerie, dès que nous les aurons achevés. A ce propos, vous m’avez suggéré de garder l’anonymat sur nos tableaux. Il nous suffira donc de poser un cache sur nos signatures. J’approuve ce choix, mais je ferai remarquer que cela ne sera judicieux qu’en ce qui concerne la « nature morte » et le portrait de Mr Vollard. En effet, les auteurs de chaque autoportrait, des tableaux représentant nos compagnes et des paysages seront facilement identifiables par notre collectionneur préféré !
Alors, pour conclure, ce projet vous tente-t-il ? Etes-vous, dès lors, prêt à vous lancer dans l’aventure ? Cela nous permettrait de mieux comparer notre travail et bien entendu de nous revoir à nouveau avec plaisir ! Il est vrai, que, désormais, je vous considère comme un ami, mon cher jeune Picasso, et espère que nous poursuivrons nos échanges.
Lors de ma dernière exposition, un grand nombre de critiques se sont déplacés. Gageons que notre défi d’avant-garde les fera revenir et attirera leur attention. Sans doute, de nombreux visiteurs, amateurs éclairés, se précipiteront, curieux et intéressés par cette présentation d’un nouveau genre. Peut-être pourrions-nous aussi nous mettre d’accord sur le choix des cadres mettant en valeur nos œuvres ? Ainsi, nous pourrions créer une certaine harmonie dans l’exposition et le regard de nos « juges » ne seraient-ils attirés que par les peintures et par elles seules ?
J’ai été très honoré de faire la connaissance de Gertrude Stein et de son frère Léo. Comme vous me l’aviez expliqué dans votre lettre, Gertrude apprécie tout particulièrement mes tableaux des baigneuses. Elle m’en a d’ailleurs achetés plusieurs. J’espère que, grâce à ces collectionneurs, vous deviendrez aussi célèbre que moi. Mais vos débuts sont déjà très prometteurs, je vous en félicite.
J’aurais été ravi de passer une soirée avec vous au cirque Médrano qui a l’air de vous fasciner ! Peut-être lors de ma prochaine venue à Paris, qui sait ?

Je vous souhaite un merveilleux été sous le ciel de Montmartre !
Votre affectueux correspondant
Paul Cézanne

 

Paul Cézanne