12 janvier 2010
courrier des lecteurs
je sais, j'exagère, je saoule, j'use les passagers sur ce blog, mais il me faudrait des retours de lecteurs sur mon recueil "Haut les filles"...
après les journalistes, les avis des lecteurs...
donc, si certains d'entre vous ont lu mon livre et acceptent de glisser ici ou sur mon mail leur avis, je le transmettrai aux éditions Quadrature...
merci merci merci de prendre un peu de temps alors...
en cadeau : un thé partagé. et pas que du virtuel... j'en fais la promesse..

18:14 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (13)
Chocolats
Bientôt c’est Noël
Il fait froid les vitrines sont illuminées décorées scintillantes illuminées
Les gens sont pressés de trouver des cadeaux
pressés de rentrer dans les magasins pour trouver les cadeaux pour se réchauffer
Les marchés de Noël fleurissent ça et là
les petites cabanes en bois les étals plein de créations de poteries de bougies de chocolats de nougats
les roulottes à marrons chauds
les pères Noël qui circulent distribuant des bonbons papier brillant des papillotes
Bientôt c’est Noël
Les filles n’ont envie que d’une chose : se recroqueviller à l’intérieur
Tout au fond tout tout tout au fond
Et c’est le nez replié dans les bras entourant les jambes recroquevillées qu’elles n’attendent rien ne respirent rien ne veulent rien
Elles attendent que ça passe
Noël les anniversaires les fêtes
les filles n’aiment pas elles attendent que ça passe
"Les gourmandises fondent sous la langue"
photo Alexandre Maller
18:10 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (1)
Carabine (1)
Elle tient l’arme encore fumante contre sa poitrine les yeux dans le vide. Mado répète comme un pantin sans vie : « Aux armeeeeeeees citoyennes formez vos bataillons aux armeeeeees citoyennes… »
Elle le voit s’éloigner chancelant dégoulinant de sang mais elle ne ressent plus rien. Ni colère ni haine. Ni pitié ni regret. Ni même un peu d’amour. Elle a tout vidé tout déchargé avec les balles qu’elle vient de tirer.
Ca fait sept ans qu’il lui raconte des bobards qu’il se fout d’elle qu’il lui fait croire qu’un jour il restera qu’un jour il n’y aura plus qu’elle et lui. Sept de réflexion, titre le film. Sept ans de désillusion en ce qui la concerne.
Qu’est-ce qu’elle peut attendre encore à cinquante-deux ans Mado ? Justement elle n’attend plus rien et surtout plus les visites de ce gigolo de quartier. Maintenant c’est certainement derrière les barreaux que ses jours vont défiler mais ça n’a plus d’importance.
Son esprit s’en va. Il revient sept ans avant. Gérard était mort depuis deux ans, elle avait élevé Jules comme elle avait pu, il faisait ses études à Paris, la ville quoi. Il y était resté là-bas Jules d’ailleurs. Il avait trouvé du travail et une fiancée. Mais elle ne sait même plus pourquoi un jour elle n’a plus eu de nouvelles. Il en avait peut-être ras-le-bol Jules de cette vie de province, de Provence même ? Il était devenu un grand monsieur. Président directeur général. PDG d’une grande enseigne. Alors sa mère avec ses petites robes à fleurs et sa coiffure en choucroute elle lui faisait sûrement honte. Quoi qu’il en soit Jules s’était installé avec sa fiancée et s’ils étaient venus de temps à autre au début cela faisait bien trois ans qu’elle ne les avait pas vus. Ils parlaient d’un enfant aux dernières nouvelles mais Mado ne sait même pas s’il est en route ou non. Ces deux-là, ils ne pensent qu’à leur carrière. C’est fou comme les jeunes de maintenant ont oublié l’esprit de famille les liens les souvenirs les visites les attentions. Souvent elle se désole. Mais elle accepte. Du moment que son Jules est heureux c’est tout ce qu’il lui importe. Et puis avec le petit pécule que lui a laissé Gérard elle s’en sort bien financièrement. Une belle maison une rente mensuelle des bons au porteur. Bref elle a continué sa vie de veuve aussi confortablement qu’avant. Jules a dû penser qu’elle n’avait pas besoin de lui. Pourtant…
16:39 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (2)

























































