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08 mai 2010

6

6 mois...

- en fait, maman, 6 mois ça fait une demi-année, tu te rends compte ?

- ben oui, tu as raison... la moitié d'une année... ça paraît énorme dit comme ça "la moitié d'une année"...

- eh bien moi, je ne me suis pas rendu compte que ça faisait tant de temps...

- moi... si...


podcast

 

07 mai 2010

into the wild...

- tu auras besoin de quoi, mon coeur, quand tu seras vieille ?

- de quelqu'un pour tondre ma pelouse...

- je suis un excellent jardinier. et puis ?

- de quelqu'un pour repeindre mes volets...

- je suis un super bricoleur. ensuite ?

- de quelqu'un pour pousser mon fauteuil roulant jusqu'à la mer. pour que je puisse entendre les vagues et les voir rouler...

- dans le sable ? ah non, trop dur... moi je te porterai dans mes bras et on ira dans l'eau ensemble...

- waouh..

- ça veut dire que je suis recruté pour tes vieilles années ?

- on verra...

 

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nomination

je viens d'apprendre que je suis nominée pour le prix "Jasmin 4e-3e" pour mon livre "Ce héros n'est pas mon père", dans le cadre du salon du livre d'Agen où je me rendrai fin mai... avec bonheur...

Calouan - Ce héros n'est pas mon père

bon, allez, toutes le belles graines peuvent se récolter...

Sabbio, c'est pour ton potager magique, je les garde bien au chaud...

Morel

François Morel n'était pas là ce matin mais sa chronique était enregistrée. et ça valait le détour. impossible encore de vous la glisser ici mais j'avais envie de partager sa voix en petites couches tartinées sur pain grillé à tremper dans un café bouillant...

aussi pour Jill, je l'avoue...

06 mai 2010

bout de chandelle

 

je n'aurais pas voulu être la fille d'une autre n'avoir aucune lutte à mener que la vie soit facile sans embûche avoir une garde-robe remplie à craquer et des vacances de rêve une maison immense et une voiture climatisée avoir une autre frangine moins intelligente moins patiente moins "parfaite"...

je n'aurais pas voulu vivre toujours au même endroit ne pas déménager et ne pas connaître ces gens qui sont mes amis aux divers coins de France échanger les adresses et garder les contacts toutes ces années durant aimer se retrouver encore et encore m'attacher à un lieu ne pas savoir en partir ne pas savoir m'adapter ni avoir cette incurable envie de bouger tout le temps de vivre ici ou là

je n'aurais pas voulu avoir d'autres enfants ne pas en avoir du tout encore moins ou les avoir avec un autre homme

je n'aurais pas voulu ne pas attendre mon "homme d'amour" l'attendre si longtemps passionnément à en écrire des pages à en rêver jour et nuit à m'en couper les cheveux ronger les ongles courir des kilomètres et pleurer des rivières

je n'aurais pas voulu après l'avoir tant attendu ne pas le connaître ne pas basculer sur un lit d'une chambre d'hôtel à l'odeur âcre un soir d'octobre ne pas chavirer toute mon âme toute ma vie pour lui ne pas sentir ses mains sur ma peau sur mon épiderme sa chaleur jusque dans mes entrailles et penser mourir de ce bonheur-là

je n'aurais pas voulu ne pas l'entendre me dire je t'aime tu es celle que j'ai toujours cherchée toujours désirée toujours attendue je t'aime tu es mon évidence ma goutte d'absolu ma vérité l'entendre me dire tout cela et voir ses yeux briller son coeur briller son être vibrer

je n'aurais pas voulu que cet amour se fane se ronge se détruise à cause des impossibles du quotidien des réalités des entraves des autres de nous de lui de moi de ce qu'on attend quand même de cet orgueil mal placé et cette notoriété si crainte

je n'aurais pas voulu être une femme docile qui ne se bat pas pour ses idées qui laisse les politiques gérer comme ils veulent leur village leurs villageois en irrespect total de ce à quoi nous avons tous droit

je n'aurais pas voulu ne pas me battre pour que chacun ait le droit à une place sur cette terre me battre pour ces valeurs que je porte grâce à elle ma mère ma racine ma fierté et me mettre en danger pour cela affronter les invectives et les regards en tir de fusil les menaces et les propos disgracieux

je n'aurais pas voulu ne pas avoir besoin de partager mes moments de le réclamer au risque de tout foutre en l'air en me contentant de quelques instants ici ou là d'un jour par semaine et on ferme les verrous les volets et on va voir dans une autre maison les autres jours si l'air y est doux si le bonheur peut s'y cueillir

je n'aurais pas voulu ne pas me battre pour essayer d'être heureuse d'être aimée d'aimer aussi parce que rien n'est évident parce qu'on est différents parce que les années jouent contre nous

je n'aurais pas aimé ne pas écrire tout cela ne pas écrire tout simplement avoir juste les mots en tête et les laisser filer comme un souffle d'air qui fait bouger les feuilles d'arbre ne pas écrire et ne pas cheminer pour poser mes livres sur une table là où d'autres ont posé leurs livres aussi d'autres si riches si beaux si pleins

et même si je pense que j'aurais voulu être grande fine et douce que j'aurais aimé être moins forte plus femme fatale une vraie musicienne une danseuse une athlète de haut niveau avoir un père un grand frère un quatrième enfant même si j'aimerais me laisser pousser les ongles me respecter plus ne penser qu'à ma gueule ressembler à une working-girl et perdre quelques kilos, je n'aurais finalement pas aimé penser autrement...

03 mai 2010

saint Victor

allongée dans l'herbe elle sent l'humidité qui gagne son cou.

il a posé sa tête sur son ventre elle le sent à peine

elle a envie de caresser ses cheveux mais elle ne le fait pas.

elle est si bien et elle ne sait même plus si c'est la vérité si elle rêve si elle y a droit si elle pourra en profiter savourer si ça se reproduira

elle laisse sa main le long de l'herbe l'autre sous sa tête elle soupire

il étire son bras et pose ses doigts sur la peau de son ventre à elle.

il dessine des petits mouvements il parle

elle rit

elle parle aussi il tourne la tête embrasse son ventre doux et chaud

elle a peur

de ces battements au creux de son âme de ces moments si doux de ses mains si belles

allongée dans l'herbe elle ne regarde même pas les nuages d'abord parce qu'il y en a peu et puis parce qu'elle préfère fixer ses longues mains qui caressent la peau de son ventre

"il va être l'heure de rentrer tu sais mon coeur

- oui je m'en doutais..."

même si...

n'ouvre pas, sauve-toi, oublie-moi

couvre-toi, pense à toi, laisse-moi

si on s'attache à nous, on va se faire mal

si on se cache de tous, on va vivre mal

ça nous fait rêver, ça nous fait pleurer

faut pas rêver, faut pas pleurer...

 


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