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16 février 2011

Afrique...

l'article est un peu long, mais très intéressant... je me musèle depuis quelque temps mais là, je voulais vous proposer ça :

 

"Tripoli, Libye - La vague des protestations qui a secoué depuis près de deux mois la Tunisie, puis l’Egypte, ont clairement révélé l'impuissance de l’Etat-Providence à venir à bout  des problèmes sociaux  que les populations rencontrent dans leur vie quotidienne. Le chômage, la famine, la pauvreté, le manque de justice sociale, la marginalisation, la corruption et d’autres maux sociaux, poussés à leur paroxysme, au nom d’un certain libéralisme, ne peuvent conduire qu’à l’explosion sociale qu’ont connue la Tunisie et l’Egypte.


Les Etats du Tiers-Monde, aussi bien que ceux du monde industrialisé, ne sauraient être à l’abri de ces problèmes de l’heure, sans une reforme politique mettant l’Homme au centre de leurs préoccupations.

Mais que peuvent les dirigeants arabes et africains, face à ces soulèvements populaires qui réclament, au prix de vies humaines, un 'changement' que désormais les micronationalismes ne sauraient s’offrir le luxe d’entretenir, hors des exigences de la globalisation dont les grands blocs socio-économiques ne cessent de démontrer le bien-fondé ?

La rue a certes mis en déroute en Tunisie comme en Egypte, deux régimes dont la politique anti-démocratique, pour avoir muselé toute velléité de libre expression au sujet des maux qui gangrenaient la société, n’avait réussi qu’à repousser l’échéance et favoriser l’autre forme d’expression, plutôt explosive, de rancoeurs longtemps comprimés.

Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak partis, l’euphorie des premiers instants de la « libération » consommée, il va falloir revenir à la réalité et s’interroger sur la capacité de ces pays et de leurs nouveaux dirigeants à réduire le fossé tant décrié entre les riches et pauvres, satisfaire les besoins en logements, en soins de santé et résoudre l’équation  produits alimentaires dont les prix ne cessent de flamber au niveau mondial.

Des observateurs de la vie politique africaine se demandent si la liberté d’expression retrouvée, l’accès à l’Internet, aux tweeters, aussi bien que la liberté d’association avec sa longue liste de partis d’opposition  pourront faciliter le dialogue et le consensus autour des meilleurs moyens de réduire la file des chômeurs, nourrir les affamés, sans qu’il soit besoin de retourner de nouvelles fois à la rue.

En Tunisie et en Egypte, comme dans tout pays d’Afrique, l’ère de l’Etat-providence, autant que celle du microétat, semble révolue. Elle relance le débat au sujet de l’intégration arabo-africaine qui, à l’instar des autres blocs socio-économiques européennes, américaines et asiatiques,  apporte l’appui nécessaire aux démembrements les plus fragiles, en faisant sien l’adage populaire selon lequel « l’Union fait la force ».

La leçon est si cinglante que l’on se rend à l’évidence, souvent trop tard, qu’un continent uni et solidaire vaut mieux qu’un allié puissant, et qu’aujourd’hui, plus qu’auparavant, les relations internationales sont fonction des intérêts en jeu.

Les chefs d’Etat égyptien et tunisien l’auront appris à leur dépens, au regard de la manière dont leurs relations avec les Etats-Unis ont tourné court, au plus fort de la crise qui a secoué leurs régimes respectifs.

De nombreux observateurs estiment que le président tunisien déchu, Zine El Abidine Ben Ali n’a  pu être sauvé par les excellentes relations qu’il entretenait avec les administrations américaines depuis 23 ans passés à la tête de l’Etat ni par ses services rendus plusieurs années avant son accession au pouvoir en Tunisie.

Le même scénario s’est répété en Egypte, mais sous une forme quelque peu compliquée, eu égard au poids prépondérant de l’Egypte et à son rôle stratégique au Moyen-Orient et dans cette région  arabe en proie à l’agitation.

Mais à Tunis comme au Caire, il s’agit pour les puissances étrangères de s’assurer les faveurs des nouveaux dirigeants, dans le prolongement des intérêts stratégiques que confèrent leurs relations avec ces deux pays.

L’exercice n’est pas si aisé, à observer de près les sorties de certains Etats islamiques qui, comme l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad, brandissent la menace d’opérer une réelle mutation des rapports de force au sein du  Moyen-Orient."

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