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03 février 2019

le village fantastique

suite à la visite au centre Caumont d'Aix-en-Provence pour découvrir l'exposition des toiles de Marc Chagall, mes élèves ont commencé un conte inspiré de la toile "Le village fantastique". De ce conte, fleurira un triptyque qu'ils réaliseront en arts plastiques, en vue de l'exposition qui se tiendra à l'école Perel, vendredi 8 février...

L’image contient peut-être : intérieur
"« Le village fantastique » d’après la toile deMarc Chagall
 
Il était une fois un homme qui traversait le monde avec une chèvre pour lui tenir compagnie. Cet homme noble et courageux cherchait l’amour. Il marchait, marchait, marchait, persuadé qu’enfin, il trouverait l’amour.
Il arriva un jour au milieu d’un désert brûlant, une grande étendue de sable s’étirait devant lui, il sentit la chaleur s’abattre sur ses épaules. Il avait soif, il rêvait d’un peu d’eau. De l’amour et un peu d’eau. Pas grand-chose en fait.
Sa chèvre se mit soudain à gratter le sable. Doucement au début, elle devint plus nerveuse et creusa dans ce sable fin encore et encore. Jusqu’à ce qu’un filet d’eau jaillisse enfin, apportant joie et soulagement dans le cœur de l’homme voyageur.
Sans tarder, il but une gorgée et sentit que quelque chose de spécial se passait en lui.
Et alors qu’il se relevait, s’apprêtant à reprendre sa traversée, il vit un petit tronc d’arbre émerger du trou creusé par son animal.
Un petit tronc qui devint vite un bel arbre sur lequel apparurent des fleurs et des feuilles, grandes, belles, parfumées.
Un magnifique oiseau, doté de grandes ailes bleues, se posa sur cet arbre et réalisa une superbe couronne grâce aux fleurs et aux feuilles qu’il avait cueillies sur le bel arbre.
Notre homme, à présent « roi des oiseaux » comprit qu’il avait une grande mission qu’il l’attendait.
 
Un jour, une princesse qui avait fui son pays dans lequel grondaient la guerre, les combats, la discorde et la peur, arriva dans ce coin de sable où vivait le voyageur.
Elle était accompagnée d’un lama cracheur, au beau poil clair. Elle était fatiguée, elle rêvait de se reposer. Elle accepta bien volontiers l’invitation du roi des oiseaux de s’arrêter un peu près du grand arbre et de boire une gorgée de la source fraîche. Alors que la princesse s’adossa au pied du tronc, une énorme fraise rose en tomba. Les deux individus remarquèrent alors que sur l’arbre de gros fruits avaient éclos.
Ils partagèrent cette grosse fraise qui semblait réellement délicieuse et se sentirent rapidement envahis par un sentiment d’amour irrésistible. Le voyageur n’avait pas de doute : il avait trouvé l’amour qu’il recherchait depuis si longtemps. La princesse en était certaine : il était l’homme de sa vie.
Fous de joie, ils décidèrent de se fabriquer une maison pour abriter leur bel amour. Mais comment faire ?
Le lama, gourmand, voulut lui aussi goûter de ce fruit rose, pulpeux et luisant. Il avala un morceau de fraise qui restait et le recracha aussitôt. Il n’aimait pas ce goût sucré. La chèvre, amie du roi des oiseaux, qui s’approchait au même moment, souhaitant elle aussi goûter le fruit, reçut le crachat du lama en plein museau. Folle de rage, elle fonça droit devant et ses cornes allèrent se planter dans le tronc du bel arbre, qui se retrouva coupé en deux, tombé sur le sable.
 
Désolé, le voyageur récupéra le beau tronc pour en faire les fondements de la future maison qui protégerait sa belle et lui, lorsqu’il se rendit compte que déjà, un autre tronc avait poussé. Un nouvel arbre, plus beau, plus fort, plus fleuri avait pris place au même endroit.
Sans hésiter, notre homme coupa à nouveau ce tronc pour observer rapidement qu’un nouveau tronc poussait aussitôt.
Lorsqu’il eut suffisamment de bois, le roi des oiseaux construisit une belle maison, et il chargea l’oiseau de ramener de la mousse qu’il pourrait peut-être trouver dans d’autres horizons et qui serait une merveilleuse couverture pour le toit.
Bientôt l’arbre devint si grand, si fort, si large que ses branches se distinguaient depuis d’autres lointains villages.
La princesse attendit un enfant, qu’elle sentait grandir en son ventre.
Mais peu de temps après, notre couple de tourtereaux vit débarquer un groupe d’individus armés de haches et de lances, qui souhaitaient savoir à qui appartenait cet arbre qui venait empiéter sur leurs terres. Avec un merveilleux sourire, la princesse leur proposa un verre de ce délicieux jus de fraises qui pourrait les désaltérer, alors que la chaleur était toujours aussi étouffante. La fraise eut une nouvelle fois pour effet de répandre de l’amour dans le cœur de ceux qui la consommaient. Et les armes se retrouvèrent vite abandonnées, les assaillants préférant rester dans cet endroit magique, pour y construire également leur maison et profiter du bonheur de vivre là.
 
Au bout de quelques années, un village avait remplacé l’étendue sableuse et aride que le voyageur avait découverte à son arrivée ici. La princesse avait mis au monde quatre beaux enfants, deux filles et deux garçons. En grandissant, un fils se chargea de l’éducation à dispenser aux enfants au sein d’une belle école, une fille qui se chargea de l’agriculture et de la nature, une fille s’occupa de construire de belles habitations pour tout le monde et un fils fut responsable du temps et des saisons.
Le bonheur régnait dans ce village, plus personne ne pensait aux armes ou aux combats. Régulièrement, de nouveaux voyageurs, qui fuyaient la violence, la faim, la peur, la méchanceté des autres, venaient trouver refuge dans ce havre de paix.
Notre princesse tomba malade un jour et aucun remède, aucune plante ne réussit à la sauver. Elle mourut, entourée de tous ceux qu’elle aimait et qui l’aimaient.
Le roi des oiseaux pensait à elle, jour et nuit, toujours aussi amoureux et elle lui manquait.
Un soir, alors qu’il buvait la fameuse boisson à base de fraises qui contribuait à maintenir la bienveillance dans le cœur de tous, il décida de peindre une toile, retraçant sa rencontre avec son amoureuse, leur vie de partage et de bonheur, accompagnés de leurs animaux. Le lama qui se tenait couché près de lui, ne put s’empêcher de cracher d’admiration devant le travail de son maître, ce qui laissa une grande tache délavée au centre de la toile. Qu’il garda.
Cette toile représentait son village fantastique. Le village où il fait si bon vivre."

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