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03 avril 2018

J1 M-C

chaque année, c'est une course internautique et addictive pour réussir à obtenir un fameux dossard pour le Marseille-Cassis.

pas facile en effet, d'être dans les premiers à se connecter pour ne pas louper le coche.

cette année, pour l'ultime date, j'y suis arrivée, grâce à une de mes étudiantes.

il me faut me remettre à l'entrainement.

je pense que je vais galérer, que ce sera difficile.

Jour 1 : je cours, je pense en même temps, je cours. mes jambes me portent, j'enfile les kilomètres sur le bitume. je ne souffre pas, je ne souffle pas. bien entendu, je n'ai pas avalé 22,5 kms en une fois, je recommence vraiment sérieusement, mais je tiens le coup, je me surprends.

mon corps me surprend. il a bien souffert ces derniers temps, il pourrait me le faire payer.

mais non. il me soutient. il est mon compagnon de tous les jours, toutes les nuits, je vis avec lui depuis le début, je n'en ai pas beaucoup pris soin, maintenant, un peu plus, je mange bio, sain, équilibré. je respecte lorsqu'il a mal, j'essaie en tout cas. et soudain, je me dis que je l'aime. il est encore là, à me soutenir dans cette envie de ce Marseille-Cassis automnal à venir, il va me porter jusque-là, me permettre de vivre une belle aventure.

je l'aime dans son entièreté, mes seins ronds, ma taille, mes hanches rondes, mes mollets de coureuse trop musclés, mes orteils recroquevillés, mes pieds larges. mes cuisses vont redevenir dures, je le sais.

je me sens bien en moi. dans ce corps-là, je ne veux plus en avoir honte, m'en sentir complexée ou avoir envie d'en changer. lui et moi on va courir Marseille-Cassis 2018 et ça me comble

L’image contient peut-être : texte et plein air

 

07:30 Publié dans lamiendo | Lien permanent | Commentaires (4)

la vieille dame

La vieille dame avance péniblement, les mains encombrées de lourdes valises qu'elle train tant bien que mal. elle porte des charentaises neuves aux pieds et donne l'impression d'avoir enfilé un maximum de vêtements sur elle pour ne pas avoir à les glisser dans ses valises. elle galère pour faire rouler ses bagages.

Je m'arrête et lui propose mon aide.

- Dégage ! me répond-elle.

Surprise par sa réplique, j'en suis presque amusée et ne bouge pas, en questionnant :

- Quoi ?

Du doigt, elle me montre le local à poubelle avec un large sourire. La paix semble revenue entre nous.

J'insiste :

- Vous voulez aller là ?

- Non, toi, tu vas là, parce que tu es une poubelle, un parasite de la société...

Elle a un drôle d'accent. Elle n'est pas d'origine française. Je reste encore pantoise, ne sachant comment réagir, je la regarde en souriant. Elle est touchante, elle est parfaite dans son rôle de femme en colère qui déteste le monde entier et cela me fait sourire.

- Tu vas te chercher une activité et bouger de là.

Soudain, je me secoue, j'ai cours, je dois y aller et visiblement, elle n'a pas envie de mon aide. Mais quand même :

- Ca te fait du bien de cracher des injures, n'est-ce pas ? 

Je suis sincère, je pense qu'elle en veut à tout le monde, qu'elle n'a que cette façon de se "venger"d'une société qui l'a malmenée. Je ne ressens qu'un élan doux envers elle.

Son sourire s'efface, elle me jette une de ses valises sur moi, j'esquive, je lui souhaite une belle journée et m'en vais. J'aurais du avoir la délicatesse de sentir qu'elle ne voulait pas d'aide, qu'elle ne demandait rien, qu'elle avait juste envie qu'on lui foute la paix.

En partant, deux hommes, sourire hilare sur le visage, me croisent.

- Vous l'avez fait exprès, avouez ?

- Euh... de quoi ?

- De pousser la valise de cette vieille. 

- De quoi ?

- Oui, vous l'avez poussée,vous avez fait exprès.

- Non, messieurs, je voulais l'aider. Elle n'a pas voulu, elle m'a poussée.

- Alors, vous, vous êtes trop gentille.

Maintenant, je suis fâchée. Fâchée de constater que les gens se méprennent toujours négativement sur les intentions des autres et s'amusent de voir la maltraitance.

La logique sur cette Terre c'est de pousser les vieilles, pas de les aider. Quelle connerie..