Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05 décembre 2008

Vanille

suite aux bises d'Alain Paul Auguste Léopold je-ne-sais-plus-bien-en-vérité, je vous propose d'écrire (puisque ça, vous aimez bien, il me semble) sur ce sujet :

"terre vanille"

 

 

comme pour les trains dans les gares, écrivez-vous un texte inspiré par ce titre.

résultats mercredi prochain.

ou plus tard si nécessaire.

jeudi ?

j'espère que vous avez compris : c'est un nouveau concours que je lance ici.

 

Commentaires

Je vais encore passée pour "à côté de mes pompes" mais il y a quoi le jeudi ? Georgio (c'est pour le rime) t'offre un nespresso ?

Écrit par : jill.C | 06 décembre 2008

comme quoi, tu es loin d'être à côté de tes pompes, ma Jill.
c'est ça, oui un Nespresso de Georgio... enfin, s'il a le temps de le boire...

Écrit par : calouan | 06 décembre 2008

Bon je commence alors :


Toute la maison de couture était en effervescence : Le « Maître » n'était pas sorti de son bureau depuis 2 jours. Il n'ouvrait la porte que pour prendre un plateau-repas à 12 heures 35 et à 20 heures précises. Son assistant ne pouvait même pas prononcer une parole. PJ, lui disait à peine merci et refermait aussitôt ! Le « grand couturier » manquait d'inspiration ! La prochaine collection devait être terminée dans moins de trois mois et rien, pas une idée. Il lui manquait , disait-il le fil conducteur, l'idée enivrante et magique qui allait déclencher la fièvre créatrice qui avait fait de lui un des plus grands du monde de la mode.
Inutile de vous dire, qu'il était d'une humeur de chien, qu'il tournait en rond, furieux contre lui-même, qu'il dormait à peine, compulsant pendant des heures les photos de ces précédents défilés, rejetant les classeurs avec rage sur le sol. Il n'avait pas l'ombre d'une petite idée originale. Nada ! Rien de rien ! Le vide effrayant de son esprit lui donnait des envies de suicide. S'en était fini de sa carrière, du succès, de la gloire qui faisait de lui un des hommes les plus enviés et courtisés de la jet-set du 21e siècle.

Le troisième jour à 11 heures 30, il émergea du sommeil qui l'avait terrassé vers 6 heures du matin. Rien n'avait changé. Il se sentait nul, l'esprit vide et le coeur serré. Dans un accès de fureur, il saisit le magnifique trophée qui avait fait de lui le lauréat du concours des "jeunes créateurs  de la mode" 10 ans plus tôt. La lourde sculpture d'or fit voler la vitre du bureau en éclat. Consterné par la violence de son geste , PJ s'avança vers le balcon pour ramasser l'objet si précieux à son coeur. Il respira profondément pour tenter de retrouver une certaine sérénité. Et voici, que montant du salon de thé qui se tenait au rez-de chaussée, une odeur, douce, suave, sucrée et délicieuse vint embaumer son appendice nasal et son âme. De la vanille ! Une merveilleuse odeur de vanille qui lui rappelait son enfance et les terres exotiques où il avait grandi. D'un seul coup, son esprit fut envahi par des images de femmes longues comme des lianes vêtues de tissus éclatants et de jupons immaculés.
Il se précipita vers sa table de travail, crayonna pendant des heures avec une exhalation jubilatoire, sans même prendre le temps de manger quoi que ce soit.

Quand le soir tomba, sa collection était couchée sur les grandes feuilles de papier blanc. Elle s'appellerait : « Terre vanille » et il le savait : elle serait aimée plus encore que les précédentes.
Alors, avec calme et détermination, tout naturellement, il ouvrit la porte de son bureau, et dit à son équipe médusée : "  bon, on se met au travail ! Qu'est-ce que vous attendez , il faut commander les étoffes, préparer les patrons. Allez, allez, on n'a que trois mois devant nous ! "
Puis il fit entrer sa directrice de collection dans son bureau.
Au moment la porte allait se refermer, il fit signe à son assistant : " Fabrice, mon petit, allez donc nous chercher deux tasses de chocolat à la vanille ! " 

Écrit par : jill.C | 07 décembre 2008

Euh! C'est "j'avais grandi" sans"t".Vilain claviezr, c'est encore de sa faute ! Désolée pour me faire pardonner, je vous en offre un de 'thé" tout doux, tout chaud et à la vanille :-)
Bonne journée à tous.

Écrit par : jill.C | 08 décembre 2008

très beau texte, Jill.
j'adore ce monde de la création modiste.

Écrit par : calouan | 09 décembre 2008

Elle avait dans les cheveux cette fleur d'un jaune lumineux.
et sur le visage un sourire de madone, fragile et fière, encore tellement enfant et déjà presque femme.
l'avion venait de se poser et l'homme, les yeux et le corps encore gonflés du sommeil du voyage, cherchait du regard ses bagages.
- Monsieur ? Vous êtes bien Monsieur H ?
Hésitant, rassemblant à la hâte ses idées, son identité, sa vérité construite sur des années de faux-semblants, de jeux stupides et de vantardises désuètes, il acquiesça enfin.
- Oui, c'est ça... Monsieur H.
- Alors bienvenue sur cette terre.
Elle s'était approchée de lui, souple et féline, glissant sur ce sol qu'elle frôlait aérienne.
"bienvenue sur cette terre."

C'étaient ces premiers mots dont il se souvenait aujourd'hui, alors que le périple avait pris fin, alors que son séjour "exotique", comme l'avaient qualifié ses collègues, n'était plus qu'un souvenir.
Ces premiers instants comme des joyaux inaltérables.
Parce que désormais, il ne voulait plus jouer à être un autre.
Il rêvait de son retour dans cette île aux odeurs enivrantes, aux couleurs délicieuses.
dans cette île où elle l'attendait. Elle lui avait juré.
- Aujourd'hui, demain, et durant cent ans, s'il le faut.

Elle l'attendait et il ne rêvait plus que d'elle.
Sa saveur, son onctuosité, ses trésors enfouis dans son coeur d'enfant sucré.
Avec elle, là-bas, il avait été heureux.
lui.
enfin.
il s'était trouvé.
Là-bas, sur cette terre.
Cette terre Vanille.

Écrit par : calouan | 09 décembre 2008

merci pour tout calouan (:-))

Eh! bien nous ne sommes que toutes les deux ? Alors la terre vanille c'est un appel à l'évasion et aux histoires , non ? A qui le tour ?

Écrit par : jill.C | 10 décembre 2008

pas beaucoup de participants.
je prolonge encore...

Écrit par : calouan | 11 décembre 2008

Un essai de texte, Calouan. Mérite-t-il d'être publié ? A vous de voir.
Amicalement,
Jueves

Il avait dix ans lorsque la senteur de la vanille s’était glissée en lui pour la première fois. Totalement incongrue à cette époque et en ce lieu, elle avait juste effleuré son odorat avant de se faufiler jusqu’à son âme.
Il avait levé la tête, constaté qu’aucun de ses camarades ne l’imitait, qu’aucun d’entre eux ne paraissait percevoir autre chose que l’odeur aigre de l’encre, celle fade de la craie ou rance du cuir des cartables.
Il avait froncé les sourcils, cherchant à comprendre… la senteur de la vanille l’avait à nouveau caressé.
Douce et entêtante, ronde et lisse, comme une invitation à l’absolu.
Il avait souri tandis que la vanille s’inscrivait en lui.
A jamais.

Il grandit, lut, voyagea, travailla, aima et, dans chacune de ses lectures, chacun de ses voyages, chacun de ses emplois, chacun de ses amours, il chercha la senteur de la vanille.
Sans la trouver.
Elle n’était jamais loin pourtant, se dévoilant le temps d’une étape ou celui d’un baiser, avant de se retirer, légère et insaisissable, se posant sur un projet ou entre les pages d’un livre pour s’envoler dès qu’il s’approchait. Tentait de s’emparer d’elle.
La senteur de la vanille le guidait, il ne savait toujours pas d’où elle émanait.
Lisant, voyageant, travaillant, aimant, il se construisit une existence riche et pleine. Entouré, chéri, admiré, il en vint peu à peu à ne plus prêter attention à la douce effluve qui continuait à faire danser ses rêves. Seuls demeuraient cet étrange vide au fond de lui et ce sentiment fugace, les soirs de pleine lune et les nuits de brouillard, que sa vie n’était pas exactement celle qu’il aurait voulue.

Il avait quarante ans et il pleuvait, le jour où la senteur entra dans l’habitacle aseptisé de sa voiture.
La senteur de la vanille.
Jamais elle n’avait été aussi envoûtante, aussi belle.
Il inspira profondément et tout lui revint avec la force des certitudes trop longtemps oubliées. La senteur de la vanille, lisse et ronde, douce et entêtante, comme une invitation à l’absolu.
Une invitation.
Avait-il songé un jour à simplement l’accepter ?
Il ouvrit la portière.
Le soleil brillait.
Terre vanille.

Jeanne Fakoundia se redressa, les mains posées sur ses reins fatigués.
Elle détestait ce pays, froid et pointu, si différent de celui qui l’avait vu naître.
Elle détestait ce travail de femme de ménage, si différent de celui dont elle avait rêvé.
Elle détestait cet hôpital, elle détestait nettoyer les chambres après le passage de madame Mort, elle détestait l’odeur âcre du désinfectant qu’elle utilisait, elle…
… s’immobilisa.
Surprise.
Souriante.
Rien ne prêtait pourtant à sourire dans la mort de cet homme trouvé étendu sur le bord de la route.
Rien.
Si ce n’est la senteur de vanille qui flottait dans la chambre.
Lisse et ronde, douce et entêtante.
Totalement incongrue et cependant si parfaitement à sa place. Comme une goutte d’absolu.
« Demain, je prends l’avion, décida Jeanne. Je rentre à la maison. »

Écrit par : Jueves | 11 décembre 2008

Ils sont beaux vois textes à tous les deux. Bienvenue à toi Jueves !

Bonne et douce journée à tous !

Écrit par : jill.C | 12 décembre 2008

allez, je clôture dimanche et j'affiche tous les textes lundi. OK ?
si y'a encore des personnes inspirées... (mais apparemment vous semblez plus attirés par les vapeurs de train que les odeurs sucrées...)

Écrit par : calouan | 12 décembre 2008

OK! Bon week-end :-)

Écrit par : jill.C | 13 décembre 2008

Les commentaires sont fermés.