07 février 2009
mon oeil...
je ne connais ni les éditions de l'Oeil neuf, ni ce Jean-Bernard Pouy (ou alors c'était un soir d'ivrognerie abusive, oublié à jamais ;-)) mais l'encart m'a paru beau...

20:41 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1)
06 février 2009
en vol
21:47 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (3)
Cézanne et Picasso
pour copier sur ma copine Virginie Hanna (j'adore copier...) et pour faire encore un peu languir les lecteurs avides sur l'histoire de Paul et Juliette (ça aussi j'adore... faire languir les gras... bisous G-rare), je vous glisse le début d'un travail dans une classe de CE2 qui a pour objectif une correspondance entre Cézanne et Picasso.
une lettre envoyée par Cézanne à Picasso.
qui recevra une réponse (travaillée aujourd'hui).
il y aura 8 lettres en tout.
voilà la première :
A Aix, le 1 janvier 1905
Mon très cher Monsieur Picasso
Je me présente : je suis Paul Cézanne, peintre aixois. Je suis très célèbre, depuis quelques temps, grâce à Ambroise Vollard qui a reconnu en moi un grand artiste.
En effet, pendant de longues années, mon travail n’a été connu que de mes amis impressionnistes et de quelques artistes. Je me méfiais depuis longtemps des critiques et des expositions et je ne souhaitais pas y être présenté !
Fort heureusement, Mr Vollard, en 1895, m’a convaincu de participer à une exposition qu’il organisait dans sa galerie parisienne. Cela a été une révélation pour de nombreux artistes et critiques, pour lesquels je suis devenu alors une référence importante. Depuis cette exposition, beaucoup de jeunes artistes me rendent désormais visite à Aix-en-Provence afin d’observer mon travail. J’ai aussi participé à l’exposition individuelle du salon des Indépendants et je vais bientôt participer au Salon d’Automne à Paris, bien sûr. J’espère d’ailleurs y être présenté encore de nombreuses années !
Je vous ai découvert lors d’une exposition organisée en 1901, par le même marchand d’art qui m’a fait connaître : Mr Vollard ! Votre peinture m’intrigue ! J’aimerai la comprendre ! Je souhaiterai mieux vous connaître.
Dans vos tableaux, je retrouve le bleu que j’utilise dans les miens , l’auriez-vous « copié » ? Vous plaisait-il tant que cela ? Pour moi, c’est la couleur de la mer. Et pour vous, que représente cette couleur ?
Vos tableaux me semblent cacher une grande tristesse ! Avez-vous connu de grands chagrins ? Quels sont les évènements qui expliquent les couleurs que vous employez, les visages tristes des acrobates, des mendiants, des aveugles que vous peignez ? Quel chagrin cette « Femme au châle » ressent-elle ? Et ce mort que l’on voit dans votre tableau : « L’Enterrement de Casagemas » qui était-il ?
Mais ne croyez pas que toutes ces questions posées sont là pour vous ennuyer ou par simple curiosité. Je m’intéresse beaucoup à vous et à votre art !
J’espère sincèrement que vous voudrez bien répondre à mes interrogations.
Je vous assure, mon très Monsieur Picasso, de ma considération distinguée.
Picturalement votre
Paul Cézanne

21:42 Publié dans mes ateliers d'écriture | Lien permanent | Commentaires (8)
04 février 2009
quelqu'un
13:47 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (5)
02 février 2009
révélation (5)
Elle saisit son téléphone, rectangle vert au creux de sa main et vérifie le cadran : aucun message.
Elle s’apprête à appuyer sur les touches.
Se ravise, soupire, pose l’appareil sur le siège passager.
Elle roule sur le chemin de terre où ils se sont vus pour la dernière fois, il y a quinze jours mais elle commence à s’habituer à l’idée qu’il n’y aura personne.
Elle a cherché à la retrouver. N’a obtenu que de vagues informations à son sujet.
Juliette Lapierre.
Que faisait-elle là ? Etait-ce un hasard ? Habite-t-elle dans les environs ? Avait-elle un rendez-vous ce jour-là ? L’avait-elle reconnue ? Elle n’en sait strictement rien mais elle se prend à rêver que si la vie les a remises sur la même route, c’est qu’il y a une raison.
Elle.
S’il n’y avait eu son mari avec sa grosse voiture gris métallisé, elle lui aurait parlé cette fois-là.
Paul…
Depuis combien de temps sont-ils mariés ?
Si on compte cette année de « mise en disponibilité », cela fait vingt et un ans.
Vingt et un ans !
Elle avait vraiment cru trouver enfin son bonheur dans les bras de Paul. Mais elle doit avouer que depuis un an, tout part de travers.
Vingt et un ans.
Il y a eu des beaux moments dans leur existence et leurs enfants sont une belle réussite.
Mais depuis quinze jours, elle commence à réaliser qu’elle s’est peut-être leurrée. Et qu’il faut enfin arrêter de gâcher sa vie.
Elle a l’impression de l’entendre de rire. Son rire à elle. Cristallin. Enfantin.
Depuis quinze jours, elle refait les mêmes gestes, avance sur le chemin lentement, se gare et attend.
Espère.
Attend.
Vérifie l’heure.
Mais comprend que personne ne viendra.
Elle croit la voir penchée au-dessus de sa voiture. Mouvement souple des hanches.
Soulignées par un pantalon de viscose fluide. Noir.
Son visage qui se tourne vers lui.
Lumière dans son sourire, éclat dans ses yeux.
Quinze jours qu’il ne sait faire qu’attendre chercher espérer.
Quinze nuits que ses rêves sont troublés. Elle se revoit vingt et un ans plus tôt. Et la réalité la rattrape. Vingt et un ans, c’est si long. Et si court à la fois. Elle n’a guère vu les années passer.
Mais soudain pour elle, rien n’a changé.
Elle se sent redevenir la Martine de l’époque.
Elle retire la pince de ses cheveux parsemés de blanc, secoue la tête. Corrige le rouge à lèvres qui bave un peu sur ses lèvres.
Soupire encore
Se replace correctement derrière le volant et tourne les clés dans le contact.
Quand elle roule à nouveau, elle se demande si elle va la revoir un jour. Elle en a tellement envie. Tellement…

18:29 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (20)


























































