24 mai 2009
Charlotte for ever
prix d'interprétation féminine... Cannes 2009
mes hommages, dame Charlotte !

20:37 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (4)
j'aurais pu
j'aurais pu...
naître dans un pays en guerre perdre tous mes cheveux par un matin d"hiver me faire renverser par une auto et rester clouée dans un fauteuil roulant naître sans y voir devoir trier les déchets dans une décharge pour trouver de quoi survivre avoir un père alcoolique perdre le goût mourir de chagrin oublier de respirer détester la lumière du jour être battue à mort par un souteneur être réfugiée politique recevoir une balle perdue par un chasseur inconscient ne jamais grandir avoir le souffle court le sang qui bleuit dormir dans des cartons en pleine rue ne jamais connaître la saveur de l'amour le vrai vivre à une époque où les filles n'avaient pas le droit de lire me faire piétiner par un éléphant ne jamais pouvoir voter être mariée de force ne pas porter d'enfant en mon ventre rester prisonnière durant des années dans un lieu sordide ne jamais pouvoir te dire "je t'aime" me faire lapider pour sorcellerie ne jamais plonger dans la mer devoir attendre mon tour assister au coup de machette qui aurait tué mes parents ne jamais sentir une goutte de pluie devenir dépendante d'une drogue quelconque être achetée tomber d'un arbre et rester dans le coma casser des cailloux à Cayenne être enrôlée dans une secte me faire kidnappée par des trafiquants oublier mon nom ne jamais connaître la douceur de bras d'enfant autour de mon cou avoir un coeur de pierre des os friables un interdit bancaire...
20:05 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (3)
correspondance fictive
voilà le livre de la correspondance fictive entre Picasso et Cézanne dont je vous ai glissé quelques extraits de temps à autre...
illustré par les élèves.
et mis en page par Sandrine Macke.
merci l'ASPPA...



19:06 Publié dans mes ateliers d'écriture | Lien permanent | Commentaires (1)
22 mai 2009
les mamans
dans le Bambi de ce mois-ci (illustrations Nancy Delvaux) :


et en supplément, réservé aux abonnés, "5 belles histoires de printemps", parmi lesquelles Minicat, une histoire parue dans un précédent numéro...

21:13 Publié dans mes publications presse | Lien permanent | Commentaires (2)
19 mai 2009
blessée (3)
elle sent une odeur.
envoûtante.
Une chaleur dans le coeur. dans les veines. dans l'âme.
elle se redresse et avance. claudiquant.
elle repousse les branches qui lui barrent le passage et avance.
près du gros tronc, le petit paquet est toujours là.
elle passe à côté.
sourit.
elle traverse le chemin. et avance.
la route.
elle marche sur la route. claudiquant.
elle ralentit. un vague souvenir d'une vie d'avant.
d'une souffrance qui s'évanouit.
elle aperçoit la fine chaîne dorée abandonnée sur le bord de la route.
la ramasse.
la serre contre son coeur. et avance.
sourit aux passants qui se retournent sur sa lumière.
sourit aux oiseaux qui volettent au-dessus d'elle. revenus.
son pas est encore incertain. mais ses yeux brillent.
elle aspire longuement et respire profondément.
elle avance encore.
et quand fatiguée, elle stoppe un instant, elle se rend compte qu'ils sont des dizaines derrière elle à la suivre.
à suivre sa lumière.
hommes femmes enfants chats écureuils oiseaux...
un loup.
chef de meute.
elle sait. elle ne souffre plus.

09:29 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (4)
looking for Eric
hier, à Cannes, était projeté le nouveau film de Ken Loach.
difficile de ne pas en parler... je suis une fan du sieur Cantona.
everybody's looking for a hero
with luck, you'll find one...
09:22 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0)
18 mai 2009
blessée (2)
il est venu plusieurs jours.
la regarder.
enfin, l'apercevoir.
ce jour-là, il s'assoit sous un arbre et attend.
elle ne l'a pas vu.
elle avance, boitant.
- bonjour !
surprise. peur. grognement.
elle montre les dents et se drape dans ses vêtements recousus.
il parle. doucement.
quelques mots. puis d'autres.
cachée derrière le large tronc de l'arbre, elle écoute.
elle sent encore la douleur dans son corps, dans son âme.
il dépose un petit paquet au sol. tout petit.
et se lève enfin.
quand il se tourne vers elle, soudainement, il voit son visage sourire.
coup dans son coeur.
- j'étais venu pour vous voir. je vous ai vue... merci pour votre lumière... si peu commune... si vous permettez, je reviendrai...
mais déjà, elle est retournée se terrer.
seule.
un animal.
un loup.
souffrant encore.

09:05 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (0)
Ponyo
dois-je redire mon admiration amoureuse pour le maître de l'animation japonaise : Miyazaki ?

Ponyo sur la falaise ("Gake no ue no Ponyo"), le nouveau film d'Hayao Miyazaki, s'ouvre sur une explosion de formes et de couleurs, un feu d'artifice visuel où la faune et la flore subaquatiques se déchaînent, emportées par un torrent de vitalité.
à l'origine de ce mouvement débridé, un personnage typique de l'univers du vieux maître de l'animation japonaise donne le la. c'est Fujimoto, un sorcier illuminé qui a quitté le monde des humains pour élire domicile sous l'eau et oeuvrer à la prospérité des fonds marins.
Fujimoto est le père de Ponyo, un petit poisson-clown à visage presque humain qui a d'autres ambitions que de servir son grand dessein écologiste.
il semble que ce soit le destin cinématographique de ces jolis poissons rouges que de vouloir connaître le monde des humains : comme Nemo, la star des studios Pixar, Ponyo va s'y frotter, pour le pire et le meilleur.
en approchant des rives, la créature se voit happée dans une marée de boue et d'ordures que collecte le filet d'un pêcheur, et finit coincé dans un vieux pot de confiture.
un mal conduisant toujours à un bien chez Miyazaki, et réciproquement, cet épisode traumatisant est la porte d'entrée de Ponyo vers une destinée extraordinaire.
récupérée par un petit garçon, Sösuke, qui brise sa prison de verre d'un petit coup de marteau, elle revient à la vie, et gagne son coeur instantanément.
il faut dire que le poisson est particulier : fille du vieux sorcier et de la déesse de la mer, jolie comme un coeur, elle est douée de pouvoirs magiques qu'elle dispense généreusement, et d'un appétit de vivre que symbolise une insolite passion pour le jambon.
tout est possible chez Miyazaki, toutes les combinaisons, toutes les transformations, et s'il adapte ici un classique occidental, ce n'est pas un hasard s'il choisit La petite sirène d'Hans Christian Andersen.
retrouvée par son père, Ponyo veut aussitôt repartir chez Sösuke.
et pour lier son destin à celui de son ami, elle se transforme en petite fille.
une belle ode à l'amour sincère, absolu, magique...
et en version japonaise, c'est encore plus touchant...
08:54 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2)

























































