22 novembre 2009
lever du jour
"Je n'aime pas le matin, la lumière du jour qui revient. Schumann l'a compris, Robert, ce cher Robert dont les Chants de l'Aube étaient ceux de la folie, ceux de l'asile.
Atroce déception quotidienne que le réveil : avoir à délaisser le sommeil si riche en couleurs, en dimensions, en significations, pour la pâle pauvreté du réel, où l'on n'a d'autre choix que d'avancer, mettre bêtement un pied devant l'autre... Chaque matin la chute.
Chassés et l'Eden et condamnés à trainer notre corps, notre poids, notre nudité, notre douleur. Où me blottir ? Pourquoi se réveiller ? De quel droit me force-t-on ... ? Les coqs ont raison, qui hurlent en apercevant les premières lueurs de l'aube. Moi aussi, le lever du jour me donne envie de pousser des cris perçants. Se retrouver ici et maintenant, c'est un scandale."
Nancy Huston
"Prodige"
21:46 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0)
21 novembre 2009
pont
"Doors" d'Arman Stepanian
"un pont est montré
qui conduit le monde quotidien
des perceptions sensibles dans le temps
au royaume de la connaissance intemporelle"
Lama Amagarika Govinda
08:25 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3)
19 novembre 2009
photos
le salon Paris Photo qui commence aujourd'hui permet d'apprécier la production photographique du monde entier. l'accent est mis cette année sur la photo arabe et iranienne.
Anahita Gabahian -qui tient une galerie de photos contemporaines à Téhéran- est photographe en Iran : quelles photos peut-elle prendre ?quelles images peut-elle exposer ?

"Past Continuous"
photo de Babak Kazemi
09:32 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (3)
...
je n'ai qu'un amour...
07:54 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (1)
18 novembre 2009
vagues
"I shall walk on the moor. The great horses of the phantom riders will thunder behind me and stop suddenly. I shall see the swallow skim the grass. I shall throw myself on a bank by the river and watch the fish slip in and out among the reeds. The palms of my hands will be printed with pine-needles. I shall there unfold and take out whatever it is I have made here; something hard. For something has grown in me here, through the winters and summers, on staircases, in bedrooms. I do not want, as Jinny wants, to be admired. I do not want people, when I come in, to look up with admiration. I want to give, to be given, and solitude in which to unfold my possessions.”
"Je marcherai dans la lande. Les grands chevaux des cavaliers fantômes tonneront derrière moi et s’arrêteront soudain. Je verrai l’hirondelle raser l’herbe. Je me jetterai au bord de la rivière et je regarderai le poisson plonger et reparaître dans les roseaux. J’aurai les paumes des mains marquées par les aiguilles de pin. Je déferai, j’ôterai ce qui s’est formé ; la dureté d’ici. Car quelque chose a grandi en moi, au fil des hivers et des étés, sur les escaliers, dans les chambres. Je ne veux pas être admirée comme Jinny. Quand j’arrive, je ne veux pas que les gens lèvent les yeux avec admiration. Je veux donner, qu’on me donne, je veux la solitude, et découvrir ce que j’ai.”
Virginia Woolf - The Waves (Les Vagues) 1931
17:04 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (0)
17 novembre 2009
jardinier
"De mémoire de rose
On n'a vu mourir un jardinier
Si rien qu'une pause ne peut vous suffire
Madame laissez
Le temps s'est tiré sans le maudire
Patientez
Laissez-vous glisser dans le vent léger
Patience, patientez..."
rose ou coquelicot, qu'importe...
15:17 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1)
16 novembre 2009
mots
j'ai déjà entendu cette phrase : "la douleur me vrille le ventre" lorsqu'on parle du poids de l'absent, du manque, de la peine.
image concrète d'une souffrance impalpable que l'on devine plus émotionnelle que physique.
je découvre aujourd'hui combien cette phrase est vraie.
il y a en moi ce cratère qui se creuse, juste là au creux de mon ventre, qui me donne la sensation que l'ensemble de mes boyaux est en poignante révolution. au point que je n'ai qu'une envie : me plier en deux pour soulager cette douleur.
"la douleur me vrille le ventre" parce que tu n'es plus là, parce que tout allait être, parce que je te vois la nuit, le jour, je t'entends, je te sens et que lorsque mon esprit veut bien redevenir lucide, je sais, je sais, je sais que ce ne sont que des chimères.
quel processus biologique, physiologique transforme-t-il une souffrance d'amour en un tournicoton ventral ?
tu questionnais : pourquoi écrit-on ?
je sens que mes réponses vont s'enrichir prochainement. parce que mes mots restent la seule passerelle pour venir vers toi...

09:51 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (1)

























































