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06 décembre 2009

écureuil

dans Twilight, Edouard dit à Bella : "je ne peux pas vivre dans un monde où tu n'es pas..."

- je suis sûre qu'il aurait pu dire ça...

- oui.

- tu crois qu'il va faire comme Edouard, qu'il va revenir ?

- peut-être mais sous une autre forme. il a déjà vécu sa vie d'homme, alors s'il revient ce sera un... écureuil !

- un écureuil ?

- oui, je le crois vraiment.

- d'accord...

 

s'il vous plait, si vous croisez un écureuil, prenez-en bien soin...

 

05 décembre 2009

juste une ombre


Mais je crois t’avoir vu 
Pas plus tard qu’hier
Je te distingue dans le monde
Des images de toi 
J’en vois 25 à la seconde 
Mais je crois t’avoir vu
De mes propres yeux
J’en suis presque sûre
J’en mettrais ma main au feu

Mais c'était juste une ombre,
C’était juste une silhouette qui ressemble à toi,
C’était juste une ombre 
Je recherche quiconque… 
Mais C'était juste une ombre, c'était juste une silhouette qui ressemble à toi, c’était juste une ombre
Je recherche quiconque te remplacera.

 

Mauss & Charlie

"Je recherche"

jardin

Ton salon ne désemplit pas. Je pense à tes murs. Tes tableaux. Les marches de l'escalier en colimaçon qui mène à ton jardin. J'ai toujours été pressée de partir. De courir. De croquer ma vie à pleine bouche. Toi, tu étais dans la dégustation. "L'arbre est comme le bon vin, disais-tu. Il faut en connaître l'année. La nuance du vert. L'âge. L'odeur. La saveur." Tu étais en admiration devant un abricotier que tu avais fait planter par ton jardinier. Tout près d'un bougainvillier. Ils s'étaient accouplés. Le grimpant avait pris ses aises sur le tronc. Si bien qu'on ne distinguait plus l'un de l'autre. (...)

De ta main tu m'indiquais ton jardin. Tu voulais que je les vois tous les deux. Je hochais la tête : "Je sais, je sais. La preuve du rêve est dans les arbres. Suis pressée. Pas le temps. Je regarderai demain."

Demain n'est pas venu. Ta mort, oui.

 

 

Hyam Yared

"Sous la tonnelle"

 

je reste ta liane. enroulée à ton tronc.

et "ce livre sur la transmission, l'amour inconditionnel et surtout la rigueur des libertés essentielles" est notre jardin.

04 décembre 2009

lumière

elle dormait dans un cocon d'épines.

elle dormait pour rêver. elle rêvait de liberté et d'espace.

quand elle se réveillait il y avait les barreaux en or massif autour du cocon. elle posait ses mains tremblantes sur les barreaux et regardait au loin.

rêvait de s'envoler là-haut. là-bas.

elle pensait au jour où un ange viendrait avec la bonne clé afin d'ouvrir la cage autour du cocon épineux. alors elle pourrait le suivre.

un jour, elle a compris. elle a retiré une à une les épines du cocon et en a fait une scie.

ça a pris du temps mais elle a réussi. et lorsqu'elle a voulu scier les barreaux de la cage, l'ange est apparu.

ouf ! soupirait-elle, j'ai eu peur de ne pas y arriver. peur d'être trop fatiguée pour scier tous les barreaux.

il a ouvert la cage et l'a emportée vers un monde de lumière et d'étincelle. il a fait briller un magnifique feu dans son coeur pour réchauffer ses mains tremblantes et son âme glacée.

il répétait : ce feu vient de toi, c'est ton amour qui l'alimente. je ne fais que rajouter des bûches pour que jamais il ne cesse.

elle est allée là-haut là-bas. elle pensait à sa scie toute neuve qu'elle n'avait même pas utilisée et à tous ces voyages qu'elle faisait.

avec lui. sans lui aussi. parce que ses ailes déployées l'entrainaient plus au-delà de ses rêves.

il l'encourageait : vole tu es un ange toi aussi. vole !


un beau soir, l'ange est parti. emporté par ses rêves et sa lumière.

il a laissé les bûches. pour que jamais le feu ne cesse.

03 décembre 2009

épicerie : début

elle est assise sur le lit attentive. Evismoten parle de sa voix douce et posée. il lui tend la petite bouteille de champagne ouverte sans accessoire qui perle un peu. elle lèche la mousse qui entoure le goulot mais ne quitte pas des yeux l'homme sage qui lui fait face.

Evismoten a toujours été là quand son âme s'emmêlait. sage, doux, patient, à l'écoute.

elle aime sa force morale et son apparente force physique.

Evismoten est fait de pierres blanches et friables qui charpentent un être aux certitudes ancrées. Evismoten se déplace par mouvements lents réfléchis. Chacun de ses pas est une poussée terrestre qui emporte un peuple tout entier.

elle est assise sur le lit attentive et l'alcool coule lentement dans sa gorge. elle est déjà grisée par l'invraisemblance du moment les bulles pétillantes l'enivrent un peu plus. pourtant son esprit est alerte.

Evismoten trinque et parle. parle et observe. observe et sourit.

- c'est ce soir ou jamais que nous devons nous laisser aller aux confidences.

elle acquiesce. elle ne sait même pas pourquoi "ce soir ou jamais" mais elle acquiesce. par cette impossibilité, qui caractérise sa relation avec cet homme, de désapprouver quoi que ce soit.

elle est assise sur le lit attentive et il la rejoint. face à face de mots d'histoires de souvenirs enfilés sur un collier d'émotion.

elle écoute et s'étonne. elle s'étonne et pleure. elle pleure et parle.

surprise de la profondeur de l'échange elle parle pleure écoute et ne pense plus à rien d'autre qu'à ce qu'elle entend.

il la serre contre lui tremblant. Evismoten est empli des mots des autres de tous ces mots qu'ils lui livrent par touches diffuses et qu'il collectionne précieusement. ces mots qu'ils connait choisit assemble. mais il ne les partage que rarement. ou pas comme ça en tous cas. pas dans l'air du temps. il les partage sur des feuilles de papier qui s'empilent sur son bureau.

rarement dans l'air du temps.

quand les mots ont séché quand les larmes coulent seules libres et désengagées de quelque nouveau souvenir elle se lève ouvre la porte et sort.

- bonne nuit. il est temps de nous reposer un peu.

01 décembre 2009

cassure

Bonne soirée

"Notre coeur peut devenir fort à l'endroit de la cassure."

 

Jack Komfield

 

(pour Gaëlle : voilà décembre qui pointe son nez... tu vas pouvoir respirer...)

30 novembre 2009

recroquevillée

la pluie. elle n'a jamais aimé la pluie. jamais.

le vent le froid d'accord mais la pluie... cette eau à moitié pas en totalité. elle préfère plonger dans la piscine. nager. se mouiller en entier.

le chat a traîné le filtre dans l'escalier. sur les marches elle a balayé le café parsemé.

elle a pensé à ses baisers leurs bonheurs leurs projets. elle se passe des films elle s'en crée.

elle a révisé la musique avec l'ainée. le miroitement des harmonies ça les a bien fait rigoler.

elle a compté ses sous a été acheté des fruits et des loukoums - ouf elle a assez - et parlé avec Francis. et pleuré aussi. pleuré.

elle voudrait ne plus parler. recroquevillée.

le chauffe-eau est réparé.

elle pense à Lilas Lolita Angelito et Hugo. et leur papa. elle se demande ce qu'ils font s'ils sont heureux. elle voudrait les retrouver.

elle s'est dit : comment c'est possible encore une journée ? une journée sans lui sans l'entendre le voir le respirer ?

elle sait que ça sera toujours ainsi désormais.

et ça... Seigneur s'il vous plait...