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11 juillet 2010

insomnies encore

si s'endormir c'est mourir laissez-moi mes insomnies, j' aime mieux vivre en enfer que de dormir en paradis.

si s'endormir c'est mourir laissez-moi mes insomnies, j' aime mieux vivre en enfer que de mourir en paradis.

 

crabes d'été

dans le numéro de Bambi de cet été...

illustrations Nancy Delvaux... comme d'hab !

et un coucou à Sophie-des-champignons qui y est aussi...

 

 

bambiété2010.jpg

 

 

insomnie

Depuis bientôt un mois et de mi 
Qu'elle s'est installée dans ma vie 
Il n'y a plus de place dans mes nuits 
Pour le sommeil ou pour l'ennui. 
Elle s'endort sur mon épaule 
J'ai dans les yeux ses boucles folles, 
Ça me fait bien loucher un peu 
Mais j'aime tant ses blonds cheveux. 
Mon bras passé sous son aisselle 
Elle contre moi, moi tout contre elle, 
J'ai des fourmis un peu partout 
Mais je ne bouge pas, du tout du tout. 
Son petit nez fait de la musique 
Une musique très sympathique 
Pas de ronflements de dragon 
Des petite plainte, des petits «ronron». 
Moi qui avais le sommeil si lourd, 
Je n'en dors plus, la nuit, le jour, 
Pour un comme moi c'est trop d'amour 
Ça pourrait me jouer des tours. 
Il faudrait bien que ça me passe 
Et qu'avant elle je me lasse 
De notre amour, oui mais voilà 
Sûrement déjà je suis chocolat. 
Dans ses rêves elle murmure: je t'aime 
Mais elle ajoute: Mon bel Étienne! 
Je suis pas très beau, je m'appelle François, 
Ça me fait tout drôle à chaque fois. 
Oui mais le lendemain je n'ose 
Lui parler de l'horrible chose 
Elle m'embrasse si gentiment 
J'ai l'impression d'être sa maman. 
Qu'elle me quitte ou qu'elle demeure 
Je ne pourrai plus dormir une heure 
Tellement elle a comblé mon coeur 
De bonheur et de malheur.

"Insomnie" de Boby Lapointe

10 juillet 2010

S.O.S. (3)

Et Francine avait commencé à avoir peur. Sérieusement peur.

Alors, bravant les interdits elle était partie voir sa fille. Elle l’avait trouvée tuméfiée, lèvres boursouflées, yeux gonflés et noircis.

Elle le savait.

Francine le savait depuis le début. Les histoires se reproduisent en cycles générationnels.

Ce n’était pas juste.

Bénédicte avait accepté de passer l’après-midi avec sa mère. Avait raconté qui était ce Marco.

Videur de boite de nuit depuis plusieurs années, Marco Balestra avait rencontré Bénédicte au cours d’une soirée festive organisée par les étudiantes infirmières.

Bénédicte avait accompagné ses copines dans cette boite de nuit branchée et avait certainement bu plus que de raison.

Lorsque Marco lui était tombé dessus, argumentant son attitude trop aguicheuse, Bénédicte avait ressenti la violence de ses coups de poing sur son visage au diapason de la violence des battements de son cœur qui  craquait pour l’homme fort et musclé qui la tabassait.

Francine écoutait, se retenant de pleurer. Pourquoi avait-il fallu que ça arrive à Bénédicte ? Elle avait déjà tellement donné, elle, quand elle était jeune femme et elle espérait en avoir suffisamment parlé pour éviter que le drame ne se reproduise.

Mais, obstinée, Bénédicte ne savait que lui répéter : Je l’aime, c’est l’homme de ma vie, tu sais, et puis il n’est pas toujours brutal. Juste quand il rentre fatigué et saoul. Ou qu’il est contrarié. Sinon, c’est un homme merveilleux  tellement attentionné et si amoureux aussi…

Ca, Francine n’en doutait pas, elle connaissait la chanson sur le bout des doigts.

Il lui avait sûrement dit également qu’il ne pouvait vivre sans elle, parce qu’elle était sa source d’équilibre et que grâce à elle, il allait changer et se contrôler.

Francine était repartie mortifiée ce soir-là. Mais Bénédicte l’avait convaincue de lui faire confiance, elle savait ce qu’elle faisait, elle n’était plus une enfant et elle allait faire sa vie avec Marco, quoi qu’on puisse lui dire.

Pour Francine l’attente avait pris sa place dans sa vie. Elle savait qu’un jour ou l’autre, le téléphone sonnerait. Elle croisait les doigts pour qu’il ne soit pas trop tard alors.

Depuis cinq mois, Bénédicte n’appelait plus.