16 juillet 2010
matin
" je me suis réveillée en sursaut. sur mon dos en dessous de l'épaule gauche j'ai senti une brûlure.
comme le reste d'un baiser qui chauffait encore.
en bas de mes reins une vibration qui irradiait encore. un baiser, c'est ça.
quelle heure pouvait-il bien être ?
tu n'étais plus là. lit vide. maison calme. pas un seul bruit.
je me suis extraite de la chambre où la chaleur n'était pas encore étouffante mais où planaient des restes d'une nuit où deux corps mélangés avaient respiré. les restes de souffles entortillés.
le chien était allongé devant la porte. inerte. terrassé par la chaleur. ou trop vieux peut-être.
tu n'étais plus là. pièces vides. maison calme. pas un seul bruit.
j'ai pensé à tes yeux sombres si doux à tes mains longues si douces à ta peau lisse si douce...
le café m'attendait. la confiture et le pain aussi.
je n'ai pris le temps de rien.
la vie s'impatientait dehors, je m'y suis faufilée. en pensant à toi, pas là. à nous. à nos discussions sans fin. à nos avancées. nos sourires, nos bagarres d'enfants... "
Anne se réveilla en sursaut. cette voix de femme était encore venue la hanter cette nuit. elle ne comprenait pas pourquoi elle entendait cette voix dans ses songes, cette voix éraillée qui semblait si lointaine. et qui revenait de plus en plus souvent la visiter la nuit... et semblait s'adresser à quelqu'un. à un homme.
elle se dit qu'elle devrait peut-être écrire ce que la voix disait dans sa tête la nuit. elle se leva, prit une feuille blanche sur son bureau et se concentra sur les phrases qu'elle venait d'entendre.
laisser une trace.
parce qu'un jour peut-être, elle saurait...
11:01 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (4)
la fée des livres

la librairie la Fée des Livres à Pertuis s'appelle également librairie Magalianne parce qu'elle est tenue par Magali Ferrer et Anne Lignon, deux fées des livres qui veillent sur la destinée de cette librairie destinée aux plus jeunes.
ouverte en août 2008, la librairie Les Fées des Livres à Pertuis est spécialisée dans les ouvrages pour la jeunesse.
dans un espace de 130 m2, la librairie Les Fées des Livres à Pertuis propose une sélection de quelque 5000 livres destinés à un jeune public, des plus petits aux adolescents, ainsi que des jeux éducatifs, des jouets.
un endroit accueillant et où il fait bon venir cueillir de belles découvertes...
Librairie Les Fées des Livres
389 Avenue du 8 Mai 1945
84120 Pertuis
10:51 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (0)
14 juillet 2010
juste une photo de toi
il y avait cette photo postée contre l'ordinateur et la voix qui murmurait : écris !
ouais ben t'es malin toi mais ça ne vient pas comme ça. envie d'écrire de vraies belles choses moi.
l'instant d'avant le vent qui soufflait en bourrasques légères et rafraîchissantes dans son cou pendant qu'elle déambulait par les chemins villageois semblait lui envoyer le même message : maintenant c'est à toi, écris. moi je suis là, je reste près de toi quoi que tu fasses quoi que tu décides je te protège je t'accompagne alors écris.
elle allongeait ses jambes sous la table en plastique blanc et sentait son corps couler dans une molle sudation sous le soleil qui la réchauffait toute entière.
tout autour le calme. enfin. un silence qui n'augurait aucune organisation planifiée codifiée obligée.
d'abord j'enlève les majuscules et la ponctuation. je garde les points. point. je trouve des mots hauts en couleur.
non, j'écris une histoire glauque. du noir.
ou une histoire de bouffe. une nouvelle.
un conte pour enfants. du nouveau. fantaisie décalée.
je commence par où, je finis quoi ?
je vais où moi comme ça ?
elle fermait les yeux. les images affluaient dans sa tête sans même attendre une autorisation qu'elle ne se savait pas prête à donner.
"arrête de tricher, merdeuse"
eh oh ça va, tricheur toi-même. moi je suis encore là. pas toi.
comment il avait écrit le lecteur anonyme ? : je tiens à vous signaler qu'il m'est par contre tout à fait impossible de vous faire remonter le temps (pour une vague histoire de paradoxe temporel)
ben voilà on y était : impossible de faire marche arrière, il ne restait qu'à avancer.
et écrire.
sous peine de paradoxe temporel.
ben avec ça, elle était bien lotie...
allez courage, il allait bien venir ce best-seller qu'il attendait tant.
ben voyons...

00:58 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (4)
13 juillet 2010
el secreto
je vous recommande cet excellent roman de l’argentin Eduardo Sacheri "La pregunta de sus ojos", non encore traduit apparemment.
Il s’agit du livre qui a a inspiré le non moins excellent film du réalisateur argentin Juan José Campanella, "El secreto de sus ojos" (Dans ses yeux en français), qui a remporté l’oscar du meilleur film étranger en 2010.
L’auteur de "Esperándolo a Tito y otros cuentos de fútbol", edité en España sous le nom de "Los traidores y otros cuentos" (2000), signe avec ce livre son premier roman publié en 2005.
Ce roman policier qui nous tient en haleine jusqu’à son dénouement nous plonge dans l’Argentine des années 60 et 70 qui sombre peu à peu dans la violence politique Benjamin Chaparro, ancien secrétaire auprès dune chambre d’instruction revient trente ans après sur un homicide qu’il n’a jamais pu oublier. Désormais retraité, il repasse une grande partie de sa vie, les différentes phases de cet homicide et l’histoire d’un amour secret. (dans le film il s'appelle Benjamin Esposito et revient 25 ans après mais bon... c'est vraiment bien fait...).
une belle leçon sur la justice, la passion et les amours tus...
"comment peut-on vivre le vide toute sa vie ?"... allez savoir...

avec Soledad Villamil, Ricardo Darin et Pablo Rago... entre autres
11:52 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (1)
S.O.S. (fin)
Soupir.
Francine s’en doutait. Elle s’en doutait. Elle s’en doutait.
Il n’empêche que son cœur battait à tout rompre. Francine fermait les yeux. Qu’allait-on lui annoncer ? Une côte cassée ? Une épaule luxée ?
- Bénédicte Caligari est bien votre fille ?
- Oui… malheureusement.
Francine n’en revenait pas. De penser ça. De le penser vraiment.
Bénédicte et elle avaient toujours été tellement complices.
Et il avait fallu l’arrivée de ce Marco dans la vie de sa fille pour que leur relation se réduise à néant.
Et qu’elle n’ait plus envie de se comporter comme une mère avec sa fille.
Quelle connerie l’amour !
- Il va falloir faire vite. J’ai besoin de votre autorisation.
- Mon autorisation ? Mais pourquoi ?
- Pour sauver le bébé… Pour votre fille, on ne pourra malheureusement rien faire de plus, mais on peut encore sauver le bébé. Si vous acceptez de le prendre en charge ensuite…
- Mais quel bébé ?
- Celui qu’elle porte dans son ventre depuis huit mois. Et dont elle ne pourra s’occuper, je le crains. Elle a de multiples fractures aux côtes et le visage broyé. Son cœur respire à peine. On ne peut rien faire pour elle, je vous assure. Si ce n’est sauver le bébé.
10:31 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (3)
12 juillet 2010
S.O.S. (4)
Marco avait appris la venue de Francine, s’était fâché et les coups avaient redoublé de violence.
Il surveillait sa « fiancée » de près et Bénédicte avait décidé de ne plus risquer sa peau pour quelques échanges téléphoniques anodins.
Anodins…
Francine encaissait tout sans réagir.
Persuadée qu’elle ne pouvait malheureusement pas grand-chose pour sa fille, elle avait vécu le même parcours, elle connaissait le fonctionnement de ces hommes-là et la détresse qui peut ravager la femme qui vit cela. Elle avait mis dix ans à se sortir de l’emprise « frappante » de son mari.
Le soir où il avait porté la main sur Marwin, elle n’avait pas supporté. Elle avait alors compris que le père de ses enfants avait dépassé les limites. Elle s’était enfuie, sa marmaille sous les bras et avait trouvé refuge chez une tante compatissante. Sa mère ne lui parlait plus…
Quand la sonnerie du téléphone retentit dans la nuit, elle sursauta si fort qu’elle en reversa son verre de lait.
C’était la seule boisson non alcoolisée qui calmait ses angoisses nocturnes.
Madame Caligari ?
Oui…
Madame Francine Caligari ?
Oui…
C’est l’hôpital de Draguignan.
10:51 Publié dans un peu de moi | Lien permanent | Commentaires (3)

























































