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27 mai 2007

salon

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quand on est auteur (jeunesse, en ce qui me concerne) on participe à des salons ou des fêtes du livre. on y rencontre des lecteurs qui viennent se faire dédicacer les livres qu'ils ont choisis.

quelques fois, avant le salon, on réalise des interventions dans les classes, ce qui a l'avantage de faire découvrir nos publications aux enfants avant le jour du salon.

le plus connu, le plus couru, c'est le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil car il offre cette possibilité de feuilleter les nouveautés de nombreuses maisons d'édition, pétites ou grandes, parisiennes ou régionales. et aussi de rencontrer des éditeurs.

pour les illustrateurs, des rendez-vous avec des directeurs artistiques sont organisés selon un planning bien établi, mais il faut impérativement s'inscrire avant l'ouverture du salon, via le site Internet.
je crois que c'est une vraie chance pour des illustrateurs/trices d'exposer leur travail à la bonne personne mais le risque est l'indigestion pour ces "d.a.", comme on le dit dans ce milieu, qui voient défiler à la suite des dizaines d'artistes par jour.

le risque en vaut la chandelle, me semble-t-il.

il existe bien d'autres salons où, même si on n'est pas encore édités, il est plaisant de se rendre. pour les artistes invités et les éditeurs présents.

par chez moi, je citerai Aubagne, Nice, Toulon, Mouans-Sartoux.
mais j'aime me rendre dans des salons plus modestes où les lecteurs sont autant passionnés et très impressionnés. très attachants.

sur le site Ricochet, portail européen de la littérature jeunesse, on peut trouver des dates des manifestations les plus proches de chez soi.
sur le site du syndicat de l'édition nationale, également.

pour la région PACA, il existe l'agence régionale du livre PACA qui informe régulièrement de ce qui se passe par ici...

mais si vous connaissez des salons bien sympas où aller faire un tour, ne vous gênez pas pour nous en faire part...


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25 mai 2007

j'ai toujours un livre dans la boîte à gants

comme j'aime lire et que je n'ai pas pu cette année faire partie du jury sélectionnant le prix du livre Inter (enfin, je n'ai pas pu... je n'ai pas été choisie, voilà la vérité !) je vous fais passer cet appel de la compagnie Lanicolacheur, du théâtre de la Minoterie et de la bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône, cet appel à partage autour du livre...

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vous aimez lire ?
nous aussi. ça tombe bien, c'est de cela que nous souhaitons vous parler.
pour que nous puissions lire, il faut que d'autres écrivent.

on peut écrire sur tous les sujets qu'on veut, il y a même des auteurs qui prennent pour sujet, justement, la lecture.
par exemple, nous venons de "découvrir" un texte de Voltaire qui parle "de l'horrible danger de la
lecture" et un autre de Valery Larbaud qui la considère, lui, comme un vice impuni. prometteur, non ?
alors voilà : en octobre et novembre prochains, à la bibliothèque départementale, nous présenterons deux séances de lectures publiques d'une sélection de textes qui traitent de la lecture.

pour cela, nous lançons un appel au lecteur ou à la lectrice que vous êtes.
peut-être que dans vos souvenirs se trouvent un texte, quelques pages, un passage, qui évoquent la lecture. dans ce cas, nous vous serions très reconnaissants de nous en faire part, de nous indiquer les références du livre où vous l'avez trouvé, ou mieux de nous en adresser une copie si possible avant le 15 juin, afin de constituer une bibliothèque de textes sur la lecture.

et, sans vouloir abuser (quoique !), nous serions ravis de vous voir rejoindre notre projet, soit au sein du comité de lecture qui choisira les textes ou même comme lecteur à haute voix lors des séances publiques les 23 octobre et 20 novembre à la bibliothèque départementale.
alors si vous avez un peu de temps et que ce projet autour du "plaisir solitaire qu'il est si bon de partager" vous intéresse, soyez les bienvenu(e)s !

les textes et les candidatures sont à adresser à :

Christine Fabre ou Claire Ramon
bibliothèque départementale
20 rue Mirès – BP 90098
13303 Marseille Cedex 03
christine.fabre@cg13.fr
claire.ramon@cg13.fr

la première réunion du comité de lecture se tiendra le mercredi 26 juin 2007.

pour tous renseignements adressez-vous à la bibliothèque départementale auprès de Christine Fabre (04.91.08.62.16) ou de Claire Ramon (04.91.08.62.14) ou encore au sein de la compagnie Lanicolacheur auprès de Rozenn Collet (04.91.47.89.57) et également à La Minoterie auprès de Chantal Enéa (04.91.90.83.71).

fin novembre, le théâtre de La Minoterie accueillera le spectacle "La lecture, ce vice impuni" avec des textes de Stéphane Olry et une mise en scène de Xavier Marchand...

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cela dit, et cela peut nous donner des idées de textes à lire pour cet appel, pour le prix du livre Inter le jury se rencontre et vote le 3 juin. je me demande finalement comment j'aurais trouvé le temps de lire les ouvrages en compétition :

- Fils unique de Stéphane Audeguy

Né en 1705, François Rousseau était le frère aîné de Jean-Jacques. Sa naissance avait tellement déçu son père que, de dépit, il s’était exilé à Constantinople pour n’en revenir que sept ans plus tard, ce qui aura pour conséquences la naissance du petit Jean-Jacques, mais aussi la mort en couches de sa mère.
Dans le Livre premier des Confessions, Jean-Jacques Rousseau évoque brièvement ce frère pour mieux l’évacuer en le traitant de raté et déclarer qu’il se considère désormais comme fils unique...
Stéphane Audeguy a donc décidé de rétablir l’équilibre en donnant la parole à ce grand méconnu, François Rousseau, dont nous découvrons la longue existence. Initié à la libre-pensée et au libertinage par le marquis de Saint-Fonds, Provençal huguenot réfugié à Genève, puis apprenti horloger à Dijon, il deviendra ensuite le bras droit de la tenancière du bordel le plus huppé de Paris, dont les habitués apprécient les automates érotiques que Rousseau ne cesse d’inventer et de perfectionner. Après un séjour à la Bastille, où il rencontre Sade, il participera à la destruction du monument. Enfin, nonagénaire, il se forgera une solide réputation de philanthrope en tentant de sauver de la misère les prostituées parisiennes...
" "On n'a plus eu de ses nouvelles depuis ce temps-là, et voilà comment je suis demeuré fils unique », écrit dans ses Confessions Jean-Jacques Rousseau en évoquant son frère aîné, ce François Rousseau contraint de quitter Genève où les choses pour lui avaient mal tourné.
Jean-Jacques tenait François pour un polisson et un libertin. Ce dernier apparemment ne l'a jamais démenti, qui n'a pas jugé nécessaire de nous laisser récit de sa vie.
Il m'a semblé intéressant de remédier à cette négligence."
Stéphane Audeguy


- Les falsificateurs de Antoine Bello

C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale, le CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui falsifie la réalité mais dont personne ne connaît les motivations.
C'est l'histoire de quelques-unes des plus grandes supercheries de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace, qui n'a jamais existé ; de Christophe Colomb qui n'a pas découvert l'Amérique, des fausses archives de la Stasi.
C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR, qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille.
C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie, sans trop savoir ce que cela veut dire.
C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle.


- Un Roman russe de Emmanuel Carrère

Un exorcisme autobiographique d'une rare violence psychique noyé de chagrin, d'amour et de vodka...
"La folie et l’horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j’ai écrits ne parlent de rien d’autre. Après L’Adversaire, je n’en pouvais plus. J’ai voulu y échapper. J’ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L’enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l’automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C’est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j’ai suivi des chemins hasardeux. Ils m’ont entraîné jusqu’à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu’il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l’horreur me rattrapaient. Elles m’ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J’ai écrit pour la femme que j’aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour. C’est de cela qu’il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s’y prend pour nous répondre."
Emmanuel Carrère


- La Disparition de Richard Taylor de Arnaud Cathrine

Qui est Richard Taylor ? Un fils et frère modèle, l'époux ordinaire d'une vie trop commune, un jeune père sans relief, un banal employé de la BBC ? Un peu tout cela à la fois.
Pourquoi vient-il de fuir sa propre existence ? La réponse ne sera jamais donnée qu'en creux, par ouï-dire, au gré des témoignages d'une dizaine de femmes l'ayant côtoyé avant ou après sa disparition. Parmi elles : l'épouse, la mère, la voisine de palier, la collègue de bureau, l'amie transsexuelle, l'amante sans lendemain, l'attentionnée psychiatre, ou encore la dramaturge suicidée Sarah Kane...


- Hommes entre eux de Jean-Paul Dubois

Paul Hasselbank, divorcé, malade, n'attend plus grand-chose de la vie, sauf, peut-être, une ultime rencontre avec la femme qui l'a quitté, Anna. Il entreprend alors un long périple qui le mène jusqu'à North Bay, une petite bourgade au bord du lac Nipissing (Ontario).
Floyd Paterson vit non loin de là. Célibataire, cet homme n'a pas toujours été solitaire : il y a peu encore, il vivait avec Anna. Grand chasseur de wapitis, il manie à la perfection l'arc à poulies. Tout le roman converge vers la rencontre des deux hommes.


- L’Amant en culottes courtes de Alain Fleischer

Dans ce roman autobiographique, Alain Fleischer revient sur une période cardinale de sa vie : le mois de juillet 1957 où, à l’âge de treize ans, il vit sa première aventure amoureuse et expérience sexuelle avec Barbara, une très belle jeune femme de vingt ans, qui est logée dans la même famille d’accueil que lui pour son stage linguistique. Cela se passe à Londres. Un quartier plutôt chic. Maison assez spacieuse, avec le deuxième étage qui est celui des filles. Le narrateur, lui, a sa chambre au rez-de-chaussée. Cela jouera un rôle…
Longtemps, j’ai porté des culottes courtes – ici s’arrête toute imitation d’une œuvre inimitable entre toutes… –, et longtemps j’ai regretté de n’avoir pu les porter plus longtemps. Aujourd’hui encore, quand vient juillet et que j’enfile ce qu’on appelle un short, ce n’est pas le vêtement pour les jours de chaleur que je retrouve, délaissé depuis l’été précédent, mais la tenue d’une saison beaucoup plus lointaine, à l’époque où les gamins allaient jambes nues, et le souvenir d’un mois de juillet dans un autre temps.
Alain Fleischer


- Le dernier monde de Céline Minard

Cosmonaute, Jaume Roiq Stevens accomplit diverses missions dans une station spatiale en orbite autour de la Terre, quand soudain l'évacuation est ordonnée depuis la base en raison d'un incendie. Refusant d'obéir, il demeure seul à bord pendant quelques mois, le temps d'observer une série d'étranges phénomènes terrestres, mais le silence radio persistant le force à rentrer. De retour à la base, bien des surprises l'attendent la Floride apparaît désertée de tous ses habitants, dont les vêtements gisent abandonnés, comme après une inexplicable catastrophe. Les animaux, eux, semblent avoir retrouvé leur liberté. Stevens doit se rendre à l'évidence : l'espèce humaine a disparu. Fou de désespoir et comme possédé par une sorte d'ivresse schizophrénique, il entreprend alors, des plaines d'Asie centrale à la Chine, en passant par l'Inde, l'Alto Parana et l'Afrique, un voyage hallucinant dans l'espace mais aussi le temps et la culture de tous ces mondes disparus...


- L’Explosion de la durite de Jean Rolin

L'idée, c'était de se procurer à Paris une vieille voiture en état de rouler, et de l'expédier au Congo où elle deviendrait un taxi. Celui-ci assurerait des ressources régulières à la famille du colonel, restée au pays quand lui-même avait été contraint de s'expatrier. Tel que le colonel et le narrateur l'avaient conçu, dans un café de la porte de Clichy, le projet était simple et brillant.
Chemin faisant, tant sur mer que par la route, selon un itinéraire qui recoupe parfois ceux de Joseph Conrad, de Patrice Lumumba, de Che Guevara et d'autre fantôme moins illustres, il va se heurter à un grand nombre de difficultés, imputables aussi bien à l'état de la voiture qu'à celui du pays lui-même. Parmi toutes ces difficultés, finalement, il n'est pas avéré que la pire soit l'explosion de la durite.

- Ouest de François Vallejo

Un soir, dans un château aux tréfonds des terres de l'ouest, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de l'Aubépine est mort, un fils le remplace. Lambert, le garde-chasse, était un serviteur à l'âme trop près de ses bois, au caractère trop probe, à la meute de chiens trop sauvage et à la fille trop belle pour s'entendre avec ce nouveau baron, si plein de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie rentrée. Non, entre lui et le jeune L'Aubépine, l'entente n'était pas pensable, c'était sensible, l'affaire aurait dû en rester là. L’affaire n’en restera pas là. Elle va durer dix années, et s’achèvera en carnages.


- Jeune Fille de Anne Wiazemsky

1965. Anne, la narratrice, a dix-huit ans quand elle rencontre le cinéaste Robert Bresson, puis auditionne pour le prochain film du maître, Au hasard Balthazar. La présence d'Anne, son attitude, sa voix convainquent Robert Bresson. Mais Anne est mineure, et il s'agit de faire accepter le projet à son grand-père, François Mauriac.
Anne fait ensuite l'expérience d'un plateau de cinéma. Robert Bresson, lui, instaure un jeu ambigu, entre séduction et domination. Bien que repoussant ses avances, Anne subit son emprise psychologique et le magnétisme de son génie artistique. L'actrice sent qu'une métamorphose s'opère en elle, suscitée par des désirs puissants mais confus.
« À mesure que le bac se rapprochait de La Rochelle, j'oubliais maman et la semaine auprès d'elle : c'était déjà du passé, cela ne comptait plus. Une nouvelle existence m'attendait, dont j'ignorais tout, mais qui allait modifier profondément le cours de ma vie, je le savais, je le voulais. Autour de moi, des vacanciers insouciants parlaient plages, météo, sorties en mer. En les regardant, en écoutant leurs propos, j'avais maintenant l'impression d'appartenir à un autre monde. Dans mon sac, il y avait une carte de Robert Bresson datée du 10 juillet : "Je vous attends. Je suis sûr que tout ira merveilleusement bien. À jeudi."
Anne Wiazemsky


à vos choix, messieurs dames...


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23 mai 2007

rideau !

je ne pensais pas y arriver, j'en avais parlé avec Christophe Miraucourt, auteur jeunsse, et j'y ai mis toute la passion nécessaire mais j'y suis arrivée.

voilà donc une pièce de théâtre écrite et imaginée avec des élèves de CE2, sur la fondation de la ville d'Aix-en-Provence.

la mise en forme et le chœur sont de moi, les dialogues, les noms inventés et les bonnes idées viennent des élèves.

alors si vous avez le courage de tout lire :


Scène I :
Il y a longtemps, à Rome, par une belle journée, les frères Sextius travaillent dans l’écurie…

Julius : Hé ! toi, petit Caïus, viens nous aider, monsieur le chouchou à sa maman…

Caïus : Oui mais je suis trop fatigué.

Julius
et Pétrus : Tu es paresseux ! Tu te reposes tout le temps ! Si papa était là, ça ne se passerait pas comme ça !

Caïus : Oui, mais moi je fais beaucoup d’affaires avec le voisinage.

Julius
et Pétrus : Bien sûr…. Et puis quoi encore ?

Caïus : Bon, je vous laisse.

Julius
et Pétrus : Maudit soit Caïus ! Cette nuit, nous le bâillonnerons et nous le ficellerons pour le vendre à un marchand d’esclaves.


Chœur : Ô Mars, grand dieu de la guerre, vas-tu laisser faire cela ? Toi, dont les pas sont plus souples qu’un danseur de Priape, regarde-les ! Pique-les de ta lance, ils en trébucheront…


Scène II :
La nuit venue, le complot se prépare…


Julïus : Pétrus, on va bâillonner et ficeler Caïus. Tu es d’accord ?

Pétrus : D’accord ! A trois, on l’assomme. Un, deux, trois !

Julius prend son élan et tombe en arrière, déséquilibré. Caïus se réveille à cause du bruit. Pétrus se précipite, s’empare de la massue de son frère restée au sol et assomme Caïus.

Caïus : Mmm mmm mmm…

Les deux frères ficellent Caïus et l’attachent à la queue du cheval puis ils partent au galop… clopclopclop
Ils arrivent enfin chez le marchand d’esclaves…


Caïus,
surpris : Où suis-je ? Et qu’est-ce que je fais ici ?


Chœur : Certes, le guerrier frémissant sentira en lui la colère quand il verra ses rivaux, ceux qu’il croyait ses frères, le traiter ainsi qu’un esclave…


le premier
marchand : Allez, pas de temps à perdre pour des explications… s’adressant aux deux frères : Que voulez-vous ?

Julius : On veut vous vendre un esclave contre cinq cents pièces d’or.

le premier
marchand : Marché conclu ! Voilà ! Au revoir.

Les deux frères Sextius repartent au galop.
Durant la nuit…


le premier
marchand : Hum… Ce jeune homme ferait bien l’affaire pour mon ami, le marchand de gladiateurs.

Il se rend au matin chez son ami. Arrivé chez lui, il sonne : ding ! dong !

le second
marchand : Salut l’ami ! Que me vaut le plaisir de ta visite ?

le premier
marchand : Je viens te vendre cet esclave pour mille pièces d’or.

le second
marchand : Tâtant les bras de Caïus, ses cuisses et jugeant sa taille… Il a l’air costaud, j’en ferai un grand champion. C’est d’accord.

Le marchand d’esclaves s’en retourne chez lui.



Scène III :
Une journée d’entraînement...

L’entraîneur : Bonjour élèves !

Caïus : Bonjour maître ! Vous êtes notre entraîneur ?

L’entraîneur : Oui ! Venez, on va s’entraîner. Leçon numéro un : apprendre à manier le filet et le trident.

Caïus hésite. Il n’a pas l’habitude de s’activer autant.

L’entraîneur : Allez ! File à l’entraînement !

Caïus ne semble pas décidé.

L’entraîneur : Bouge un peu ou tu auras affaire à moi !

Caïus : Courage ! Allons à l’entraînement ! Ca me permettra de devenir fort. Ainsi je pourrai lutter contre mes frères…
Se tournant vers l’entraîneur Bon donnez-moi un trident et un filet, je suis prêt à m’entraîner.


Chœur : Ô, filles de Zeus, chastes muses, vous qui voyez les âmes subtiles et ingénieuses des forgeurs de gladiateurs, lorsqu’ils sont armés de leurs artifices les plus déliés, venez contempler la puissance de Mars…

L’entraîneur : Caïus, prends le filet dans la main droite et le trident dans la gauche et lance le filet sur Cassius. Essaie de l’envelopper complètement.

Caïus : Attention ! J’attaque avec le trident par le flanc gauche !

Cassius : Aoua, ouille ! Je suis blessé, je saigne !

Caïus : Pardon Cassius, je ne voulais pas te faire mal…devenons amis, veux-tu ?

Gladius : qui a surpris la conversation entre Caïus et Cassius Acceptez-moi comme ami, je veux m’entraîner avec vous !


Scène IV :
Pendant ce temps, à Rome, chez la mère de Caïus…

Sylvia : Maria ! Julius et Pétrus se sont engagés dans l’armée sans m’en avertir ! Je m’inquiète pour eux… Et Caïus a disparu ! Si ça se trouve, il est en danger…

Maria : Ne vous inquiétez pas , maîtresse ! Caïus sera bientôt de retour et Julius et Pétrus reviendront de l’armée un jour.

Maria sort de la pièce, l’air soucieux. Sylvia tombe à genoux en implorant Mars…

Sylvia : Pitié, Ô toi Mars, grand parmi les dieux ! Viens à mon secours ! Dis-moi si Caïus va bien, je t’en supplie !

Mars apparaît alors dans un nuage de fumée…


Chœur : Heureux l’homme d’une sagesse accomplie. Elle a donné l’amour, il a donné la vie. Celui-ci, parce qu’il a été intelligent, reverra son enfant, ce demi-dieu , et il accomplira son destin.

Mars : Ne t’inquiète pas, noble Sylvia ! Caïus va devenir un grand soldat ! Les épreuves qu’il subit vont l’aider à devenir plus fort et plus courageux. Une destinée hors du commun l’attend… Quant à tes autres fils, ils font la guerre à Entremont…


Scène V :
De leur côté, Caïus, Cassius et Gladius ont imaginé une évasion de chez le marchand de gladiateurs…

Caïus : Je n’arrive pas à dormir, je vais réveiller les autres.

Gladius
Et Cassius : Pourquoi nous réveilles-tu à cette heure de la nuit ?

Caïus : Allez chercher les autres et faites-leur la proposition de s’enfuir avec nous à Rome !

Chœur : Les habiles sont inventifs, car voici une idée singulière, neuve et pleine d’étrangeté et quel autre l’eut imaginée ? Réellement, moi, si l’on m’eut dit quelque chose de ce qui arrive, je ne l’aurais pas cru, car j’aurais pensé que c’était une plaisanterie…

Gladius
Et Cassius : D’accord. Se dirigeant vers les autres soldats endormis Les amis levez-vous ! Suivez-nous jusqu’à Rome, vous aurez la belle vie.

D’autres
gladiateurs : Attendez-nous, on vient aussi !

Caïus : Venez ! Mais méfions-nous des gardes ! Dépêchez-vous ! On va dans l’armurerie ! Toi Gladius, prends ce filet ! Vous, prenez ces glaives et ces boucliers ! Et toi Cassius, prends des épées ! Maintenant les amis, partons à travers champs…



Scène VI :

Un gladiateur : Il fait noir comme en un four ! Caïus, es-tu sûr de ton chemin…

Caïus : Suivez-moi, n’ayez pas peur !

Au détour d’un chemin se dresse soudain un monstre ressemblant à un dragon, aux yeux cruels, possédant des crochets disposés autour de la bouche, à la peau transpercée d’épines et de couleur turquoise.

Une voix : Rebroussez chemin ou vous mourrez !


Chœur : Comment l’affaire va-t-elle aller ? Je suis inquiet de voir quel chemin ces hommes ont emprunté. Cela me semble sérieux et de vie, il y a ici à faire sacrifice...

Caïus : Montre-toi ! Qui es-tu ? Ô l’affreuse chose ! Les amis, préparez-vous à l’attaquer par la gauche. Cassius, Gladius, avec moi sur le flanc droit !

Les autres
gladiateurs : On…on avance, chef ?

Caïus : Courage les amis ! A l’assaut !

Le monstre : RRRrrrrrrr…

Le monstre approche. Trois gladiateurs tombent morts, Caïus tue le monstre.

Les autres
gladiateurs : On fait quoi, chef ?

Une voix : Relevez vos frères morts ! Marchez vers Entremont, de l’autre côté des Alpes. Rendez-les à leur patrie !

Caïus : En route ! Serrez-vous près de moi ! Formons un blonc invincible !

Caïus tranche la tête du monstre et l’emporte avec lui au bout de son épée.


Scène VII :
Les soldats menés par Caïus arrivent à Entremont…

Caïus : Oh ! regardez, les murailles d’Entremont ! Il semble qu’il y ait la guerre…

Cassius : Vite, cachons-nous ! Baisse le tête et enfoncez-vous dans les buissons !

Caïus : Mais… Regardez là-bas ! Je les reconnais ces deux-là : ce sont mes frères ! Ils s’échappent ! Il faut les en empêcher !


Chœur : Sérieuse est l’affaire, grand débat, lutte rudement engagée. Voulez-vous qu’ensemble nous punissions ces traites qui combattent contre les leurs ? J’apprends que ces romains font partie des Celto-ligures !


Gladius : Vite, faisons un plan ! … Bon, écoutez : toi, Caïus tu vas faire peur aux gens avec ta tête de monstre pendant que nous, nous allons nous battre contre les Celto-ligures qui tomberont au pied de la muraille, paralysés de peur…

Caïus : Brandissant la tête du monstre Ououououuuuu !

Les Celto-ligures tombent paralysés au bas de la muraille…

Les gladiateurs : Tiens ! Prends ça ! Et voilà pour toi ! Han !

Gladius
Et Cassius : Caïus, voilà tes frères ! Capturons-les ! Dépêchons-nous, ils s’échappent, vite !
S’adressant à Julius et Pétrus Arrêtez-vous, jetez vos armes !

Julius
et Pétrus : En chœur Pitié ! Ne nous tuez pas ! Nous connaissons un grand secret…

Scène VIII :
Mars apparaît devant Caïus et pose une main paternelle sur son épaule…

Mars : Ecoute-moi Caïus, en vérité, je suis ton père. Ce qui fait de toi un demi-dieu ! Il faut que tu sois clément et que tu libères tes frères car ils connaissent le secret de l’eau. C4est ce secret qui te permettra de fonder une ville nouvelle à qui tu donneras ton nom : « Aquae Sextiae ».

Caïus : Bien père… je vais les libérer !

Mars : Merci mon fils ! Maintenant va et fais ce que tu dois !

Caïus : Se tournant vers ses frères, implorants Alors comme ça, on détient le secret de l’eau ?

Julius
et Pétrus : Tremblants Oui ! Si tu nous libères, nous te le dévoilerons…


Chœur : A toi, maintenant, puisque te voilà devenu un homme fort et respecté, de pardonner en souvenir du Dieu que tu représentes.
N’oublie jamais qui tu es et ce qu’on attend de toi.


Caïus défait les liens qui emprisonnent ses deux frères…

Julius
et Pétrus : Voilà l’eau, là, au creux des collines, au pied d’Entremont.

Caïus : Merci mes frères ! Je vous pardonne car grâce à vous, je vais fonder une ville nouvelle.

A ce moment, Sylvia apparaît conduite par un char…

Caïus : Mère ! Regardez, voilà ma future ville, je vais l’appeler Aquae Sextiae !

Sylvia : Quel emplacement idéal ! Je veux en faire la renommée ! Voyons, une idée… ah voilà ! « Venez à Aquae Sextiae, vous y serez bien lavés ! »

Caïus : Julius, je te nomme chef de la défense de ma ville ! Quant à toi, Pétrus, tu seras le chef des sources et des thermes.


si vous êtes arrivés jusque-là sans craquer, je vous invite à me donner vos impressions...

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22 mai 2007

chic ! les princesses...

évidemment après les loups... les princesses.
rien que du très classique dans la littérature enfantine...

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quand Hemma m'a demandé d'écrire des histoires de princesses pour leurs recueils, je n'étais pas très emballée.
les jolies filles parfaites en tout point, ce n'est pas mon genre.
je suis plus spécialisée dans les bêtises à gogo.

alors j'ai lu des histoires de princesses et je me suis laissée aller à les imaginer comme chaque fois que j'écris : atypiques. pas parfaites. pas du tout comme on attend qu'elles soient. et ça je le revendique : on a le droit d'être tout à fait différente de ce qu'on attend de nous. ainsi Touloupé ma petite sorcière catastrophe ne saura jamais jeter un sort correctement et ne sera jamais une vilaine monstrueuse comme ses consoeurs attendent d'elle...

je n'ai pas la prétention d'être la seule à avoir fait ce choix.
ainsi : La petite princesse nulle de Nadja a bien des défauts. voire tous les défauts. et pourtant, elle sera aimée telle qu'elle est.

parce que quand même, quelle qu'elle soit, le grand souci de ces "chéries" c'est de trouver le prince charmant, l'homme idéal, celui qu'on attend toujours et qu'on désespère de voir un jour arriver.

pourtant La princesse élastique de Bernard Friot botte le derrière de ses prétendants ou La rincesse Finemouche de Babette Cole qui ne veut pas se marier et impose des épreuves à ses prétendants.
ou La princesse et le chevalier hardi de Florence Langlois où Henri, chevalier sans peur, doit apporter un morceau de ciel à sa princesse pour mériter son amour. et Mademoiselle Princesse Culotte de Marie Bataille qui s'attife si bizarrement que les prétendants pourraient s'en détourner...

mais comme on ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraîche, il y a La princesse qui détestait les légumes de Yann Queffelec, La princesse et les insectes de Jennifer Dalrymple, La Princesse au petit pois de Hans Christian Andersen (oui, je sais, elle ne le mange pas le petit pois, elle dort dessus...) que mon ami Giorda a repris dans La princesse au sommeil léger.

et puis, comme je suis une accro à l'univers de Hayao Miyazaki, je ne peux passer sous silence la merveilleuse princesse Monoké, guerrère et sanguinaire, prête à sacrifier sa vie (et son amour) pour combattre ces humains avides de pouvoir et d'avoir qui détruisent sans respect aucun la nature qui a tant à nous donner.
Hayao Miyazaki signe là une fable épique où il reconnaît les influences conjuguées de Akira Kurosawa (La Forteresse cachée) et de Kenji Mizoguchi (Les Contes de la lune vague après la pluie).

d'où vient cette force dans les films de Miyazaki ? cette émotion qui réveille en nous des valeurs auxquelles on croit ? comme une boule chaude au creux du ventre, une pelote de fils mêlés de respect, tendresse, passion, bonheur, d'envie...
il semble que cela tienne à son enfance (nous y revoilà...) puisque contrainte de fuir Tokyo, sa ville natale, sous les bombardements de l'armée américaine, la famille de Miyazaki s'installe à quelques kilomètres de la capitale. et que cette expérience laissera une empreinte profonde chez le cinéaste, avec beaucoup des thèmes (pêle-mêle : l'aviation, le deuil, l'enfance, l'attachement à la nature) explorés au travers de son œuvre, provenant de cette période.

alors, Monoké, découvrez-la, c'est une vraie princesse...

maintenant, je le sais, je l'espère, vous allez réagir et me parler de votre princesse, celle qui comble votre vie, celle dont vous rêvez...

allez les filles, promis, la prochaine fois, je m'attarde sur les princes...


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21 mai 2007

les loups

ne me demandez pas pourquoi mais j'ai toujours pensé que j'aurai dû être la compagne de Serge Reggiani...
d'accord, j'aime sa voix grave et ses yeux tristes mais il n'est pas le seul à me faire vibrer quand il chante.
lui, c'est différent.
nous avons 45 ans de différence.
je l'ai adoré dans Casque d'or au côté de Simone Signoret...

et aujourd'hui je voulais mettre les paroles de cette chanson ci-dessous, peut-être parce que le loup est un personnage-clé dans les histoires pour enfants.

on peut y trouver :
- un loup effrayant (les classiques Le petit chaperon rouge de Charles Perrault ou Pierre et le loup de Sergueï Serguéïevitch Prokofiev) ;
- un loup charmeur et croqueur d'enfants dont il aime les bisous (Garavou le loup de Lionel Le Néouanic) ou un loup végétarien (Un loup dans le potager de Claire Bouiller) ;
- un loup gentil dans un rôle un peu inhabituel (Loulou de Grégoire Solotareff ou Le Loup sentimental de Geoffroy de Pennart) ;
- un loup complice et drôle (Le loup magicien en tournée de Laurence Bourguignon) ;
- un loup en rimes (Au bon petit loup de José Augustin Goytisolo) ;
- un loup ignorant (Loup ne sait pas compter de Nadine Brun-Cosme) ;
- un loup surprenant (Loup noir d'Antoine Guilloppé) ;
- un loup "sorcier" (L'œil du loup de Daniel Pennac) ;
- un loup bête (Plouf ! de Philippe Corentin)....
et combien d'autres encore...

mais voilà la chanson :

Les loups sont entrés dans Paris

Paroles: A. Vidalie. Musique: L. Bessières
© Ricordi BMG Music
autres interprètes: Les Croquants (2004)


Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux c'était qu'du cinéma
Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l'paysage... alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups étaient loin de Paris
En Croatie, en Germanie
Les loups étaient loin de Paris
J'aimais ton rire, charmante Elvire
Les loups étaient loin de Paris.

Mais ça fait cinquante lieues
Dans une nuit à queue leu leu
Dès que ça flaire une ripaille
De morts sur un champ de bataille
Dès que la peur hante les rues
Les loups s'en viennent la nuit venue... alors

Les loups, ououh! ououououh!
Les loups ont regardé vers Paris
De Croatie, de Germanie
Les loups ont regardé vers Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups regardent vers Paris.

Et v'là qu'il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n'osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards... alors

Des loups ououh! ououououh!
Des loups sont entrés dans Paris
L'un par Issy, l'autre par Ivry
Deux loups sont entrés dans Paris
Ah tu peux rire, charmante Elvire
Deux loups sont entrés dans Paris.

Le premier n'avait plus qu'un œil
C'était un vieux mâle de Krivoï
Il installa ses dix femelles
Dans le maigre square de Grenelle
Et nourrit ses deux cents petits
Avec les enfants de Passy... alors

Cent loups, ououh! ououououh!
Cent loups sont entrés dans Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Cent loups sont entrés dans Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Cent loups sont entrés dans Paris.

Le deuxième n'avait que trois pattes
C'était un loup gris des Carpates
Qu'on appelait Carêm'-Prenant
Il fit faire gras à ses enfants
Et leur offrit six ministères
Et tous les gardiens des fourrières... alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups ont envahi Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups ont envahi Paris
Cessez de rire, charmante Elvire
Les loups ont envahi Paris.

Attirés par l'odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss', liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé
L'amour et la fraternité.... alors

Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris
Soit par Issy, soit par Ivry
Les loups sont sortis de Paris
Tu peux sourire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
J'aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris...



et si vous connaissez d'autres loups intéressants, n'hésitez pas à nous en parler...

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