04 novembre 2007
couleur Tahiti
voilà le premier roman de Aethilla éditions, écrit par Roxane Marie Galliez : couleur Tahiti
j'ai de la chance, la vraie, celle qui caracole en perles d'or, et j'ai lu ce magnifique texte.
si vous voulez le commander, il faut se rendre sur son site.
j'ai tout dit ?
non... voyez vous-mêmes...
23:48 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (5)
laine de verre
ne me demandez pas pourquoi (moi même ne le sais pas) mais ce soir, je voulais parler poésie.
et j'ai choisi Paul.
Verlaine.
à cause de Paul (prénom que j'aime beaucoup).
à cause du vert, des verres, de l'envers...
et de la laine...
que toujours je tricote.
maille en mousse.
maille envers.
en Ver...laine
Paul Verlaine
et ce poème que je glisse doucement si doucement dans la nuit qui s'avance, ce poème pour partager du beau du chaud du précieux.. :
Clair de Lune
Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur,
L'amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur,
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au clair calme de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.
et vous, quel poète aimez-vous ?
23:05 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (8)
03 novembre 2007
lettres et mots
et voilà le concours du week-end ! hourra ! j'entends déjà les cris de joie et les morceaux de tarte qui volent...
bon, allons-y posément...
je vous propose d'utiliser des lettres pour faire des mots, des phrases.
normal me direz-vous, c'est toujours ainsi qu'on procède...
que nenni !
ce que je vous demande c'est d'écrire avec des lettres qui remplacent des syllabes.
exemple : L.F.H.É. = elle est fâchée
(exemple emprûnté à Yak Rivais qui est un pro de ce genre de jeux littéraires...)
c'est bon, c'est compris ?
alors, à vous !
résultat : mercredi matin, comme d'habitude.

21:00 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (37)
Guitry
à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Sacha Guitry (1885-1957), la Cinémathèque à Paris fait revivre cette figure singulière de la vie artistique et intellectuelle française, du 17 octobre au 18 février...
l’idée de cette exposition est née de l’exploration du fonds Lucien et Sacha Guitry, conservé par le département des arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France.
alors que les collections de l’avenue Elisée-Reclus étaient dispersées, le secrétaire de Guitry Henri Jadoux a préservé un ensemble important d’archives, acquis par la BNF en 1995. cette masse de documents, pour la plupart inédits, éclaire d’un jour nouveau la pratique artistique de Guitry (trop souvent réduite à une virtuosité superficielle), en approfondissant l’étude de ses méthodes de travail. Surtout, elle révèle l’un des moteurs essentiels de sa création : l’admiration.
Sacha Guitry aura été, de son vivant, adulé et admiré, puis jalousé et décrié, calomnié. il connut une traversée du désert, avant d'être réhabilité au milieu des années 50 par un jeune critique, François Truffaut.
avec la Bibliothèque nationale de France, la Cinémathèque organise une grande exposition consacrée à Guitry, dont Noëlle Giret et Noël Herpe sont les commissaires.
écrivain, auteur de pièces et d'opérettes, comédien, photographe et dessinateur, publicitaire de talent, cinéaste bien sûr, collectionneur, admirateur, Guitry sera revisité, de part en part, sous les facettes multiples de son personnage.
cette exposition - « Sacha Guitry, Une vie d'artiste » - fera revivre une des figures artistiques parmi les plus singulières du XXe siècle.
et en cadeau cette citation de lui : "Les mots qui font fortune appauvrissent la langue."
et ce petit film où sa voix traînante, paresseuse et si pleine nous revient en pleines oreilles... :
10:30 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (13)
02 novembre 2007
ma plus belle histoire
j'ai beaucoup hésité... et puis plus.
ce soir, je voulais partager un peu d'elle, alors c'est devenu une évidence...
ce soir...
23:20 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (5)
prix Renaudot
le jury a publié lundi la dernière sélection pour son prix qui doit être attribué le 5 novembre.
romans :
- Christophe Donner : Un roi sans lendemain (Grasset)
- Stéphanie Janicot : Le privilège des rêveurs (Albin Michel)
- Venus Khoury-Ghata : Sept pierres pour la femme adultère (Mercure de France)
- Gilles Leroy : Alabama song (Mercure de France)
- Christophe On-dit-Biot : Birmanie (Plon)
essais :
- Thomas Clerc : Paris musée du XXIe siècle (Gallimard)
- Olivier Germain-Thomas : Le Bénarès-Kyoto (Le Rocher)
- Simone Veil : Une vie (Stock)
il ne reste plus qu'à attendre le 5 pour savoir qui sera l'élu... encore une fois, je ne suis pas dans la sélection... encore quarante ans à patienter...
23:00 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1)
01 novembre 2007
tchin !
13:25 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (31)
allo ? oui...
hier, c'était l'incontournable fête d'Halloween.
déguisements macabres, citrouilles creusées et illuminées, araignées suspendues, bonbons à gogo et village rassemblé...
c'est une drôle de fête et voilà des titres de livres enfants sur ce sujet :
- moi, j'aime pas Halloween de Christine Fêret-Fleury
- une histoire d'Halloween de Pierre Tressos
- joyeux Halloween, petit Père Noël de Lewis Trondheim et Alexis Robin
- dans la nuit d'Halloween de Martine Bourre
- sombres citrouilles de Malika Ferdjoukh
mais dites-moi, est-ce aussi une "tradition" par chez vous ?
10:15 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (2)
Elle...
c'est pas beau de copier, je sais...
mais je n'ai pas pu m'empêcher...
trouvé ça sur un blog :
" Je suis une fille maladrOite .. Je suis une fille catastrOphique . Je suis une fille cOmpliquée . Je suis une fille sensible ...Je suis une fille facilement ecOrchable ... Je suis une fille qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense ... Je suis une fille perdue ... Je suis une fille qui a fait beaucOup d'erreur ... Je suis une fille qui ne les a parfOis pas réparées... Je suis une fille qui fait semblant d'aller bien ... Je suis une fille paranoîaque.. . Je suis une fille bOurrée d'impressiOn ... Je suis une fille qui veut s'en aller ... Je suis une fille qui rêve de partir très lOin.. . Je suis une fille qui vOudrait réussir dans la vie ... Je suis une fille qui y arrivera ... Je suis une fille qui doute toujours d'elle ... Je suis une fille qui n'a pas cOnfiance en elle.. . Je suis une fille jalOuse... Je suis une fille qui aime les chOses simples ...Je suis une fille qui cOmprend rien en math ... Je suis une fille qui radOte ... Je suis une fille qui veut devenir quelqu'un ... je suis une fille qui a rencontrée des personne extra..."
et excepté ce qu'"elle" dit pour les maths, si ce n'était pas "elle" ce pourrait être "moi"... ou vous.
c'est vrai, il y a de chacun de nous toutes (je parle pour les filles surtout...) en "elle"...
mais "elle", certainement, on l'aime aussi pour ça. et "elle" ne le sait même pas...
10:05 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (4)
31 octobre 2007
happy day !
Mary Poppins - Supercalifragilisticexpialidocious
pour une belle journée... et allez hop !!
le premier qui arrive à le dire d'un seul trait sans se mélanger les papilles est invité à boire un coup...
si si !
06:40 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (10)
ma qué cadavre !!
voilà donc ce que donne notre travail collectif : un beau cadavre exquis (normalement dans la définition, on ne doit pas tenir compte des participations précédentes, alors on retentera quelque chose de plus léger sans lien aucun entre les écrits...) :
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- Alors, mon enfant, vous en pensez quoi ?
Il est là avec ses boucles blondes entourant son visage poupin et, derrière, qui dépassent de ses épaules enrobées, deux ailes d’une blancheur immaculée et d’un soyeux si fragile.
Je ne l’aurai pas rêvé autrement. Il me dévisage, sent mon embarras et se voudrait rassurant. Mais déjà les larmes glissent sur mes joues. Encore. Et toujours cette impression de suffocation. Chercher vite de l’air pour pouvoir à nouveau respirer.
Qu’arrivera-t-il cette fois si je ne respire plus ? Je ne peux plus mourir, c’est certain. Allons, je dois me reprendre. L’air ne manquera plus ici.
- Il m’avait dit qu’il viendrait me kidnapper pour une éternité de bonheur avec lui. Je hoquète et je balbutie. Il m’avait dit ça, oui, mais quand ?
- Vous ne vous êtes pas trompée d’endroit, au moins ?
Je lève les yeux embués de larmes vers la lourde plaque dorée, posée sur la porte d’entrée. « Deuxièmes vies ».
- Non, c’est bien ici qu’on s’était donné rendez-vous. Pour une deuxième vie comme une promesse d’un bonheur enfin accessible. Lui et moi, et rien d’autre. Aucune entrave, aucun autre lien. Pas d’impossible.
- Je comprends... Il y est peut-être, il suffit de le chercher à l’intérieur.
- Mais il m’avait assuré qu’il serait devant la porte, sur un banc, à m’attendre. Eternellement.
- Désolé.
Peut-être suis-je arrivée trop tôt ? Peut-être n’était-il pas encore prêt ?
Peu importe. Désormais, je suis là et j’attendrai qu’il arrive. J’attendrai cette deuxième vie tant souhaitée. C’est mon seul désir, mon seul horizon.
L'ange semble lire dans mes pensées, ce qui somme toute doit être un jeu d'enfant pour un ange. Et de sa voix cristalline il déclare doucement :
- Vous ne pouvez attendre ici mon enfant ! D'autres prétendants à une seconde vie vont arriver. La liste est si longue ! Vous ne pouvez obstruer l'entrée !
- Je vous en prie ! Je me ferai toute petite. Je resterai là, sur ce banc. Je ne bougerai pas. Je ne dirai pas un mot. Je veux juste qu'il me voit quand il arrivera, qu'il sache que je suis allée au bout de ce que nous avions décidé ensemble. Même s'il ne vient que dans dix ans, vingt ou plus...
Les ailes de l'ange se mettent à frémir. Il me regarde avec tendresse. Me sourit.
- Il n'y a pas de banc mon enfant. Il n'y a rien. Que cette porte à franchir et des promesses à retrouver, à tenir.
Et le temps, ah le temps... dix ans, vingt ans, cela ne veut plus rien dire.
Ici, tout n'est qu'un souffle d'étoile...
Même l'amour... Surtout l'amour...
Je regarde l'ange à nouveau, je lui fais le coup de l'oeil mouillé, celui qui marchait si bien sur terre avec mes soupirants :
- s'il vous plait, juste une petite heure. S'il n'arrive pas dans 60 minutes, je passerai la porte, c'est promis mais je l'aurai perdu à tout jamais, je le sais.Je vous en prie, vous pouvez bien me donner ce tout petit délai vous qui avez l'éternité, non ?
Il fronce ces sourcils dorés, Aie ! je redoute sa réaction... mais un doux sourire éclaire son visage (ben mince ici aussi ça marcherait? Je rêve ! )
- Bon juste une heure alors! et ne restez pas plantée là, tenez asseyez-vous sur ce bout de nuage et surtout pas un mot aux arrivants, vous gâcheriez tout !
Je le remercie sans oser lui demander ce que je pourrai bien gâcher et je m'assoie sur le siège céleste en croisant les doigts pour qu'Il arrive vite , très vite !... Je vois déjà une silhouette qui avance, trop petite..., ce n'est pas lui !
La silhouette masculine progresse résolument vers l’ange et même l’interpelle d’une voix nette :
- Puis-je entrer ?
- Soyez le bienvenu.. .Mais d’où venez-vous donc ainsi ?
- Du village. Je me suis un peu attardé et…
Dans l’émotion que lui cause la vue de l’ange, le nouvel arrivant s’interrompt .Troublé et joyeux d’accéder à un nouveau départ, il a tellement hâte maintenant, qu’il a oublié de saluer.
- Montez …dit simplement l’ange, avec une bonne grâce si douce et si accueillante que l’homme était touché.
- Vous allez ouvrir la porte de la seconde vie.
L’homme s’est arrêté un moment. Une sorte d’affolement passe dans son cerveau surexité et je le vois pâlir. Emporté par un besoin de sincérité, il balbutie :
- J’espère que je vais réussir… J’ai compris …mais malgré tout…
- L’inquiétude au fond de votre cœur est naturelle. L’ange lui prit la main et la porta à ses lèvres.
- Vous vous habituerez vite à un autre genre de vie, et vous vous demanderez bientôt comment vous avez pu supporter.
- Alors…le moment est venu pour moi de m’avancer.
- Oui, si cela vous plaît
- Je suis prêt
Tandis que l’homme reprenait sa marche d’un pas ferme et souple sur le tapis de perles d’eau, il ne m’avait pas aperçue, je me suis avancée jusqu’au bord de l’embrasure du nuage. Autour de lui, l’ange le guidait pour manœuvrer la lourde porte dorée. Un moment encore … un nuage passait devant mes yeux et il me semblait que des milliers de pétales de lumière formaient un rideau… Et, soudainement j’aperçois la porte entrouverte. Le hall se prolonge par une sorte de galerie merveilleusement décorée et garnie de livres rares. Des ouvertures immenses donnent sur un jardin au delà duquel s’étend un lac… Quand tout à coup une voix chaleureuse m’appelle.
Je n'en crois pas mes oreilles! C'est donc lui qui s'approche? Absorbée par le spectacle de ce corridor ouvert vers une "deuxième vie", je ne l'avais pas vu arriver. Pourtant c'est bien lui, exact au rendez-vous. Avec juste quelques minutes de retard. Il était de coutume de dire dans le monde des vivants que c'étaient toujours les femmes qui se faisaient attendre. Et là, mon empressement semblait avoir fait mentir l'adage. Il est vrai qu'à l'approche de cette porte, nous n'appartenions plus à ce monde des vivants. Nous étions dans une espèce de "No man's land" indéfinissable. Il était là! C'était lui. Jamais dans notre première vie nous n'avions pu ensemble partager le mot "Bonheur". Trop d'obstacles, trop d'interdits, trop de tout... Mais là il était là. Nous n'avions pas encore franchi la porte ni même échangé un seul mot. Mais déjà nous étions réunis. Et pour moi l'expression "Etre sur un petit nuage" prenait soudain tout son sens!
Il me regarde, je le regarde. Cela me rappelle notre rencontre, ces longs échanges de regards muets qui faisaient tout disparaitre autour de nous. Il n'y avait plus que lui et moi. Son regard me rendait belle, si belle. J'avais l'impression d'être unique. Il est confiant, souriant, et là ! Surtout il est là. Ses promesses sont de vraies promesses. Il est au rendez-vous plus beau que jamais, plus tendre et plus doux que je n'aurais oser l'imaginé. Il me tend la main, pour la première fois nos doigts vont se toucher, et nous sommes au paradis, mais nos doigts ne se touchent pas, ne s'effleurent même pas... Pas le temps ! Une main venue de nulle part fait barrage à notre élan. La main d'une autre femme, qui me dévisage avec curiosité.
- Mais... qui êtes-vous ? me demande la belle inconnue.
Qui je suis ? En voilà une question ! D'où sort-elle cette ingénue aux ailes transparentes et aux cheveux si longs ? Et quel toupet de venir ainsi troubler nos émois !
C'est alors qu'il intervient, presque gêné et s'adresse à la femme qui continue à me dévisager :
- Toi ? Toi ici mon ange ? Mais... comment est-ce possible ? Je te croyais morte depuis toutes ces années !
- Mais je l'étais ! répond la femme. Depuis je t'attends ici ! Tu m'avais promis une deuxième vie, un bonheur sans faille, un paradis... Tu en a mis du temps à arriver !...
Le saisissement de mon ami était tel qu’il s’arrêta involontairement. La jeune femme, remarquablement jolie, portait une somptueuse robe encore constellée de joyaux et semblait fort prévenue contre lui.
-J’attends donc de renouer avec notre passion, notre bonheur ancien et nos plaisirs.
Ces mots s’étaient échappés impétueusement de ses lèvres, avec une force qu’elle ne se connaissait pas. Il l’examinait avec une attention discrète, sachant ne rien laisser paraître de ses sentiments. Si belle se disait- il, les descriptions de mes souvenirs restaient au –dessous de la vérité…
Mais les contrastes déconcertants de sa nature étaient bien faits pour désemparer nos âmes, même ici …Je cherchais à saisir un mot qui m’éclaira dans mon inquiétude et l’ange capta mon désarroi. Une lueur joyeuse vint éclairer les prunelles de ses yeux.
- Mes amis, vous ne parvenez jusqu'ici qu'après avoir su traiter vos affaires antérieures avec justice. Ce qui s’est passé hier, il est évident que la question se trouve enterrée. Dans votre seconde vie, vous n’allez pas reprendre le même chemin.
Cette nouvelle produisit chez nous tous une impression complexe. Certes, nous arrivions sans valise, mais il restait pénible de réveiller certains souvenirs, et les allusions ne nous procuraient plus qu’une gêne profonde. Mon cœur serré se dilata un peu à la pensée de la tâche nouvelle qui m’attendait, et qui attendait chacun de nous.
- Tant mieux ! Je serais au regret de vous causer une désillusion, dit-il de ce ton mi-sérieux, mi-railleur qui laissait toujours ses interlocuteurs perplexes. Et un sourire exquis éclaira son visage.
Peu à peu l’embarras de tout à l’heure s’atténuait, disparaissait.
Cet aparté pénible mit mon esprit en alerte. Un élan irrépressible me poussa à avancer la main vers la jeune femme pour la toucher. Dès que mes doigts eurent effleuré son poignet, un nuage de fumée s'éleva et tout disparut autour de nous. Je me retrouvais face à mon amour devant la grande porte fermée. L'ange souriait béatement comme seuls savent sourire les séraphins joufflus. Je l'interrogeais du regard. Tout n'était qu'illusion, me dit-il en guise de réponse. Je commençais à me demander si j'avais eu raison d'avaler la petite pilule rose qui m'avait transportée pour cet improbable rendez-vous. Mais une troupe joyeuse de nouveaux arrivants me tira de mes reflexions : Des baladins aux hardes colorées s'avançaient au sons des tambourins. Qu'ils étaient beaux, gais et habiles : acrobates, montreurs d'ours, magiciens, danseuses gitanes faisaient mille pirouettes et arabesques légères. La porte se mit à grincer et s'entrouvrit.
Le ciel prenait des allures de cour des miracles…Les femmes suivaient avec des corbeilles en osier tressé. Des fleurs et des pétales y avaient été préparés. Des poètes, saltimbanques entre les nuages, ont entonnés des chants. Alors des notes joyeuses éclataient et se propageaient dans la splendeur de notre ciel. Les nuages y brodaient de grandes fleurs délicates sur les soieries tendues, bleues et azurées.
Pendant quelques secondes, ses yeux sombres, ensorcelants et dominateurs se tinrent fixés sur moi. Il avait certainement toute conscience de son pouvoir…En étendant la main, il se saisit délicatement d’une rose rubi magnifique et……
- S’il te plaît, elle est pour toi...
- Merci, merci beaucoup répondis-je. Comme je m’en voulais de ne pas trouver les mots…
Etait-il possible que mon ami me révèle ici des horizons insoupçonnés !
- Eh oui, reprit-il, comme devinant ma pensée. Je deviens lyrique et …sentimental ! mais pas trop !
- Ah, vraiment…Je n’en reviens pas ..
- Et moi non plus, du reste. Voyons, soyons sérieux.
Et nous parlions… Non plus d‘une fleur, mais de musique à présent. Le silence ne tombait plus entre nous. Nous étions sur le seuil de la porte.
- Comme cette musique est entraînante…
- Puis-je te réserver une danse demande-t-il d’une apparence timide ?
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pour le podium, je vous mets tous en 1re place : Marie Zim, Capucine (quel plaisir cette nouvelle recrue !), Gérard, Jill.
parce que l'histoire finale est très belle même si assez drôle, parce que c'est le dernier jour du mois (record de visites sur mon blog bien battu - 2340 -), que c'est le jour d'Halloween et que voilà...
pour une fois, tous ensemble, tous... sur la plus haute marche.
merci encore.
05:40 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (5)
30 octobre 2007
cadeau
17:22 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (12)
à qui la faute ?
C'est la faute à Voltaire est une association marseillaise qui réalise les activités suivantes :
- recueil de livre sous forme de don
- création d'espaces lecture avec animations au sein de structures à caractère social
- vente d'une partie des ouvrages (Espace Librairie)
- organisation de lectures, rencontres et débats de manière aléatoire, thèmes variés
- ateliers hebdomadaires d'écriture, de reliure et de lecture tous publics
- accueil, orientation et accompagnement de publics en difficultés vers le réseau des bibliothèques publiques
- livre : ateliers hebdomadaires d'écriture, de reliure et de lecture tous publics
- accueil, orientation et accompagnement de publics en difficultés vers le réseau des bibliothèques publiques
depuis maintenant 10 années, à Marseille, “C'est la faute à Voltaire” agit au service de personnes en situation de difficulté sociale et pour ce faire, se place sous le signe de la lutte contre l'exclusion culturelle par l'approche de l'univers des mots.
humilité, générosité et persévérance : peu de bruit et beaucoup d'actions.
au-delà du livre, certes très présent dans les différentes initiatives menées par l'association, le mot – en ce qu'il ouvre de possibles, le mot donné, échangé, rêvé, inventé, détourné, inspiré… – représente le vecteur principal de ce pacifique combat.
dix ans que “C'est la faute à...” reçoit des livres sous forme de don – de particuliers essentiellement –, leur offrant un nouvel avenir ainsi qu'à tous ceux qui y ont accès. 26 000 ouvrages ont ainsi été collectés l'année dernière.
les livres sont classés, répertoriés, puis répartis entre d'une part la librairie où ils seront vendus à prix modique, et d'autre part plusieurs espaces lecture créés dans des structures à caractère social. ici, deux animateurs se chargent du choix des titres, régulièrement réassortis, et de leur accompagnement auprès des publics. Point d'ancrage de l'association, l'espace librairie – 7 000 titres en rayon – permet quant à lui, dans le cadre d'emplois aidés, d'accueillir des personnes inscrites dans une démarche de reconstruction de parcours professionnel, et de dégager une partie des financements nécessaires à la poursuite de la tâche.
dix ans que, en parallèle, “C'est la faute à…” propose des ateliers d'expression écrite et de reliure, soit comme complément des livres mis à disposition ici ou là, soit comme rendez-vous régulier à “l'annexe”, un peu plus bas dans la rue. rendez-vous avec soi-même, rendez-vous avec le regard bienveillant de l'autre. les “Ateliers Voltaire”, d'écriture, se tiennent ainsi chaque mardi. autant de lieux qui démontrent “la nécessité d'espaces d'accueil, d'expression et d'échange ; une nécessité qui s'accroît au fur et à mesure que se complexifient les rapports sociaux, les milieux professionnels, les modes de communication…”
dix ans encore que l'association conçoit des opérations “Coup de plumes”, animations ponctuelles qui s'appuient sur des manifestations publiques comme Lire en Fête, d'envergure nationale, un festival local, une fête de quartier… les dispositifs mis en place aspirent à favoriser la mixité des publics par le biais d'invitations à la démarche d'écriture.
“C'est la faute à Voltaire” compte à son actif une dizaine de “Coup de plumes” aux noms évocateurs tels que Tissu de mensonges, Se donner le mot, La vente aux enchères de mots…, axés sur le détournement de sens, la mise en éveil des idées, le jeu, le rêve, la créativité.
aux côtés de Natacha Clary, douze personnes animent avec détermination ces trois grandes lignes directrices. pour la moitié d'entre eux cette activité est synonyme d’un nouveau départ. Ils vont bénéficier ici d’un soutien, d’un respect et d’un regard propres à les aider à retrouver une image positive d’eux-mêmes, postulat essentiel à la construction d’un projet professionnel.
une grande équipe. mieux que les citer tous, se rendre sur place et les rencontrer, guetter leurs fameux “Coup de plumes” et s'y laisser donner et recevoir, serait le meilleur hommage à leur témoigner.
justement, je voulais leur rendre hommage...
[...] Je ne suis pas notaire, C'est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau, C'est la faute à Rousseau.
Joie est mon caractère, C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau, C'est la faute à Rousseau. [...]
extrait de La chanson de Gavroche dans Les Misérables de Victor Hugo
16:00 Publié dans littérature | Lien permanent | Commentaires (1)
29 octobre 2007
arrête ton Char...
René Char est un poète français né le 14 juin 1907 à L'Isle-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse, donc par ici.
enfin, par là où je vis.
il est décédé à Paris le 19 février 1988.
cette année, c'est l'année René Char.
alors je ne peux résister à vous glisser un extrait de ses écrits :
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?
Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?
extrait de "Eloge d'une soupçonnée", collection Poésie - éditions Gallimard.
18:17 Publié dans c'est la vie | Lien permanent | Commentaires (2)




































































