Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24 novembre 2014

requiem

la musique s'installe, virevolte

déjà, les corps chavirent

leur sourire au milieu des notes

une émotion qui transpire

1010947_696934866994675_1534515503_n.jpg

16 novembre 2014

Thomas

Ils sont trois garçons, il y a le Russe, le blond, fils du médecin et le petit aux cheveux foncés.

Elle, celui qu'elle aime c'est le petit brun. Il a un air revêche, engoncé dans son blouson matelassé, avec son sac US en bandoulière.

Ils ne sont pas du même monde, lui c'est un type plein de fric et de classe et de conventions, elle elle n'a rien, même pas à manger les fins de mois.

Elle l'a suivi, elle connaît son nom et son prénom, son adresse, ils ne sont pas du même monde, il habite une maison grande et chic et chère, dans le haut de la ville. Elle habite un appartement trop petit dans une résidence populaire, dans le bas de la ville.

Rien ne peut l'empêcher de l'aimer secrètement. Parfois, elle s'entraine à signer avec son nom à lui. Elle le suit dans la rue, elle le surveille dans la cour, elle ne se cache pas, au contraire elle voudrait qu'il la remarque.

Elle fait des rimes avec son nom à lui, elle les chante, elle sait que jamais elle n'oubliera tout cela. Ni son nom, ni ses yeux sombres, ni son air revêche...

Et plus de trente ans après, elle s'en souvient encore.

Tellement.

Les cheveux foncés sont parsemés de sel, et l'arrogance a fait place à autre chose, mais c'est bien lui.

Thomas.

 

09 novembre 2014

lui

je voudrais juste qu'il revienne...

03 novembre 2014

mère et fille

on se dit qu'il est trop tôt, que ces années ont passé si vite, que le temps nous a pris par surprise parce que la vie a fait pousser des bouts d'êtres, des petites jambes et des esprits libres, des rides au coin des yeux aussi et des larmes qui y coulent quand les bouts d'êtres montent dans un train.

on se dit que c'est trop tôt mais que c'est bien ainsi, la douleur du départ, le bonheur, si grand, du retour.

on voudrait avoir appris ça, la fin des choses sans peine, comme une évidence, rendant précieux chaque instant.

on voudrait pouvoir revenir en arrière, inlassablement, même si on n'ignore pas le chemin parcouru.

alors, on essuie les larmes, on laisse le coeur dégonflé et on attend le prochain jour des retrouvailles. car il y en a toujours un.

31 octobre 2014

love-story X

Olivier regardait cette belle famille qui reprenait vie. Victoire, Lucie et Marie, les jumelles, toutes les trois l'avaient totalement adoptées.

Anne n'avait pas raconté dans quelle circonstance leur papa avait décidé d'aller vivre "au ciel" mais elle savait qu'elle n'oublierait jamais cette vision du corps de Marc pendu dans le garage, alors qu'à ses pieds, étaient étalées des centaines de photos sur lesquelles on voyait les filles plus jeunes, les filles et lui, les filles et leur mère, Anne et lui.

des photos souvenirs d'une époque où il pensait qu'enfin il pourrait créé un cocon qui le protégerait de cette solitude cruelle qui avait été son lot quotidien dans son enfance et bien après.

avant de se donner la mort, Marc avait replongé dans ces moments, tentant de se rappeler si effectivement chacune de ces journées où l'on avait pris un cliché, avait été aussi partagée que ne le montraient les personnages sur le papier glacé.

il avait essayé de comprendre ce qu'il avait fait, ou pas fait justement pour qu'Anne décide de l'abandonner elle aussi, décide de briser le foyer familial, décide de le priver de ses filles, ses filles à lui, et pas à l'autre connard qui débarquait soudain avec ses épaules musclées et son sourire de premier de cinéma, qui débarquait et ensorcelait sa femme, lui promettait une vie de bonheur et lui en donnait le goût.

Marc savait que jamais il ne supporterait de voir ses filles élevées par un autre homme, ses filles préférer un autre "papa" que lui..

il avait préféré faire place nette.

de façon définitive. irréversible.

il s'était pendu.

et même si Olivier avait, de suite, trouvé une place au sein de ces quatre "filles", il avait entendu les doutes de sa soeur qui trouvait tellement bizarre que Marc ait été rayé si vite des tripes de chacune.

est-ce ainsi donc que la vie se déroulait ? aussitôt disparu, on était oublié ? totalement ?

il aurait le temps d'y réfléchir plus tard. là, il y avait l'anniversaire de Victoire à fêter et la joie réganit dans la maison. tant mieux !

24 octobre 2014

love story IX

Anne avait fait quelques pas à l'intérieur du garage mais un étrange pressentiment l'avait envahi.

que cherchait-il à faire ?

elle imaginait une scène de ménage terrible, un scénario digne des plus grands films dont il était fan, car Marc était un grand amateur de cinéma, à croire qu'il préférait vivre sa vie sur écran que dans un quotidien à deux. elle sentait qu'il ne l'avait pas épargné pour ce dernier adieu, elle pensait soudain à une grande banderole où il aurait écrit en grand qu'il aimait, elle s'attendait à voir sa voiture vandalisée, elle divaguait sur l'excès de violence dont Marc aurait pu faire preuve.

le souvenir des baisers d'Olivier lui donna soudain un relent de courage, elle se sentait portée par ce nouvel amour, par cet homme qui le vouait un amour inconditionnel, avec qui elle se sentait si bien, si femme, si vivante...

elle soupira grandement, libérant le surplus d'oxygène qui asphyxiait ses poumons, et s'enfonça un peu plus dans le garage.

elle avait tout imaginé mais pas ça.

elle stoppa, totalement tétanisée par le spectacle qui s'offrait à elle. là, vraiment, il lui avait fait un bel adieu.

13 octobre 2014

love-story VIII

la voiture de Marc était toujours là. or, il avait promis qu'il passerait lorsque les filles étaient à l'école, car voir son père prendre ses affaires et repartir penaud, n'était pas souhaitable pour ces gamines encore fragiles.

avait-il changé d'avis ?

avait-il eu envie finalement d'un coup d'éclat, lui qui avait promis de ne pas faire d'esclandre, de laisser Anne vivre sa vie comme elle l'entendait ? lui qui avait admis ne pas avoir été à la hauteur des attentes de sa femme, même s'il était certain d'avoir été tellement attentionné, tellement amoureux toutes ces années ?

mais on ne se refait pas et quand on n'a pas connu la tendresse d'un foyer on ne peut, peut-être, pas inventer l'harmonie dans le sien ?

il avait tant espéré enfin construire une vraie cellule familiale, enfin s'épanouir en tant qu'adulte là où la vie avait bousillé son enfance. une vraie tribu : le même sang, le même nom, le même sourire et la même envie de voir l'avenir...

dix ans plus tard, il découvrait, avec tant d'amertume qu'il s'était trompé. lui qui avait abandonné par son père, retiré de sa mère pour maltraitance, qui avait vu son frère mourir d'une méningite dans le foyer où ils avaient été placés.

dix ans après, il comprenait qu'il n'avait pas donné suffisamment à celle qu'il aimait, lui qui avait tant besoin qu'on l'aime aussi, qu'on le réchauffe enfin, qu'on croit en lui et qu'on ait envie de rester à ses côtés.

l'abandon, il connaissait, la trahison, les coups bas, il en savait la couleur, la saveur, la violence...

mais que c'était difficile d'accepter revivre cela à nouveau...

et ses filles, alors ?

09 octobre 2014

love-story VII

quand Anne était entrée dans le garage, elle avait senti de suite senti que quelque chose n'allait pas.

Marc avait dit qu'il viendrait prendre ses affaires cet après-midi alors qu'elle était à l'école, les filles aussi, afin de leur épargner le spectacle désoeuvré de son départ, des cartons qu'il bouclait, de ses valises dans le couloir qui s'entassaient, malheureuses et gonflées de cette peine d'un échec enfin avoué.

Marc n'avait pas fait de scène quand elle lui avait appris son désir de mettre un terme à leurs années de couple qui s'était étiolé, de couple qui faisait semblant d'en être un mais qui se cachait derrière le masque de la bienséance.

Anne avait expliqué son envie de vivre, de vibrer, d'être à nouveau heureuse pleinement.

d'ailleurs, non, elle n'avait pas dit "heureuse à nouveau", elle avait lancé, provocante "heureuse, enfin !".

Marc ne s'était jamais senti doué pour ces choses de l'amour, lui qui avait vécu de foyer en foyer, abandonné par une mère qui ne s'en sortait pas et un père lâche qu'il n'avait jamais vu.

Marc avait connu le manque, l'absence, l'attente, l'espoir d'un peu de chaleur pour lui gonfler le coeur...Il ne voulait pas revivre ça. Mais il n'avait pas fait de scènes. Il s'était juste effondré dans ses bras, sanglotant comme un enfant pendant de longues minutes et il avait ajouté :

- eh bien, soit, si c'est ce que tu veux, je ne peux rien y faire.

puis, il s'était levé, chancelant et avait rejoint la porte, comme un homme ivre l'aurait fait, hésitant à chaque pas, manquant tomber et se rattrapant aux meubles qui se trouvaient sur son chemin.

- laisse-moi juste le temps de trouver un appart et je reviendrai prendre mes affaires.

il avait fini la journée à l'hôtel, incapable de manger, de penser, de respirer normalement.

il n'était plus qu'un zombi.

06 octobre 2014

love-story VI

- écoute Olivier, tu dois redescendre sur Terre... ce que tu vis n'est pas normal...

- pas normal, pas normal... mais qu'est-ce qui est normal dans cette société ? de rester marié avec une femme qu'on n'aime pas juste pour être en phase avec la société ? de se retrouver à quarante ans seul et démuni ? de dormir dans la rue ? de...

- arrête, tu dis n'importe quoi ! ce n'est pas de choses communes dont on parle. c'est grave ce qui s'est passé Olivier, extrêmement grave !

Emilie observait son frère. Elle était terriblement inquiète car il semblait dans un autre monde. elle se disait que lorsqu'il allait atterrir de son voyage lunaire, il se ferait très mal.

- elles ne t'en parlent jamais ?

- de quoi ?

- de leur père ?

- si... parfois... tiens, l'autre soir, Victoire a dit quand je leur lisais une histoire que c'était l'histoire que son père préférait lui lire. et qu'elle adorait la façon dont il le faisait.

- ah, tu vois... ça va revenir sur le tapis un jour. elle avait l'air triste ?

- non, je t'assure, elle disait cela avec beaucoup de douceur dans la voix mais aucune tristesse.

Emilie soupira.

elle se rendait compte que son frère ne voulait pas entendre raison.

- tu sais, Anne m'a souvent dit que Marc était un excellent père.

- justement... tout cela n'est pas normal, je t'assure...

30 septembre 2014

love-story V

Lucie, une des jumelles, lui donnait la main joyeusement.

de l'autre côté Marie, la plus petite des trois soeurs, avait accaparé son autre main. ils s'amusaient en riant à faire une sorte de balancier et Victoire, l'autre jumelle rythmait le convoi de chansons absurdes mais entrainantes.

Olivier se demandait ce qu'il allait leur cuisiner à toutes ces filles, leur mère comprise, à leur retour. ce soir, il était prévu une partie de Monopoly géante et pour l'occasion, Olivier avait acheté un bac de glace à la framboise, la préférée des gourmandes.

il n'en revenait pas de tout ce bonheur. il en parlait régulièrement à Emilie sa soeur. il avait juste la sensation de planer. il avait hérité soudain d'une femme merveilleuse, une amante divine et de trois fillettes qui l'adoraient déjà. il avait si peur, pourtant.

il planait, c'était le mot, et tout ce bonheur lui donnait une énergie incroyable. il ne trouvait pas les disputes des filles pénibles, il savait déjouer leurs embrouilles, il ne trouvait pas l'emploi du temps trop chargé, lui qui avait passé des années dans le désert du silence de la maison. il était heureux de préparer ces repas pour cinq, rien n'était pénible. 

rien.

il planait.

et si Emilie était heureuse pour lui, elle s'inquiétait malgré tout.

que son frère ait trouvé si rapidement une place dans cette famille était une belle chose, vraiment, mais ce qui la chagrinait, c'était Marc, le père des filles.

elle n'arrivait pas à accepter.

26 septembre 2014

love-story IV

Olivier allait la retrouver une fois encore. cette fois, c'était officiel, leurs conjoints n'avaient plus le choix : Marc avait de suite proposé d'aller s'installer ailleurs, mais comme d'ailleurs il n'avait pas, il s'était pris pour quelques nuits assurait-il une chambre d'hôtel, pas très loin du domicile quand même pour pouvoir lesfilles, les emmener ou aller les chercher à l'école.

son seul bonheur c'était elles désormais, il n'avait pas l'intention de s'en priver.

Olivier allait retrouver Anne et c'était le coeur léger qu'il chantait dans sa voiture.

il se sentait tellement différent, tellement vivant.

quand il entendit sonner son téléphone portable, son coeur s'emballa : c'était Anne.

il adorait ses appels surprise durant lesquels elle lui murmurait des doux mots, des mots épicés aussi, des mots sensuels, torrides, excitants, heureux.

il décrocha avec un sourire joyeux :

- Olivier ? je ne viendrai pas mon amour.

- qu'est-ce qu'il se passe ?

- je t'expliquerai, on se voit demain, mais là, ce n'est juste pas possible. c'est Marc !

Marc ? qu'avait-il Marc ? il lui avait fait une crise de jalousie, il ne voulait pas la laisser partir finalement ?

il pensa l'instant d'un instant qu'Anne allait se rétracter, qu'elle allait choisir la sécurité, revenir dans son ancienne vie insipide.

Olivier était furieux. il en voulait soudain au monde entier. les gens ne sont que des égoïstes, incapables de laisser filer l'amour quand il est mort...

Olivier était furieux. Il appela sa soeur, il avait besoin de parler...

 

24 septembre 2014

love-story III

Olivier avait aimé la douceur de sa peau, la fougue de ses baisers, la candeur de ses envies, lui qui n'avait partagé avec Catherine que du conventionnel. avec Anne, il vivait le vrai, le fort, le pulsionnel.

cette femme était un bienfait pour lui et désormais il n'avait plus aucune culpabilité.

Catherine avait bien essayé l'apitoiement, les menaces, les larmes, puis les insultes.

mais elle n'était pas morte.

Olivier aimait Anne, plus que quiconque au monde, il venait de mettre un pied dans un royaume enchanté et rien ni personne ne le ferait revenir en arrière.

Marc avait quitté le domicile, la tête basse, emportant le strict minimum, se réfugiant dans une chambre d'hôtel les premiers temps.

Anne le savait fragile mais elle ne s'inquiétait pas. comme Catherine, il saurait rebondir. il était un père merveilleux, elle ne doutait pas qu'une autre femme lui donnerait sa chance.

elle, elle n'avait pas réussi à sortir cet homme au passé douloureux de son abîme, elle n'avait pas eu les épaules assez larges pour le porter encore, l'encourager, écouter ses jérémiades, affronter ses yeux de chien battu tous les jours en face d'elle.

Olivier était un homme vivant, pétillant, c'était un sportif, issu de bonne famille, c'était un homme cultivé, un homme de bien, un homme tout simplement.

et Anne pensait qu'elle méritait bien, à cette heure-là de sa vie de partager sa vie avec quelqu'un qui, enfin, prendrait soin d'elle.

elle avait été là pour Marc durant toutes ces années, puis quand les filles étaient arrivées, elle était restée vigilante au confort et au bonheur de tous les quatre. mais elle ? qui avait pris soin d'elle ? qui avait veillé à son bonheur ?

Heureusement, Olivier avait croisé sa route, elle n'avait nulle intention de le laisser filer, quel que soit le prix à payer.

23 septembre 2014

love-story II

sa mère l'avait avertie, les yeux gonflés de larmes, elle qui venait de perdre son mari, l'homme de sa vie, le seul, l'unique : ne lui fait pas de mal, une femme on doit en prendre soin.

mais Olivier n'avait pas tenu longtemps.

il avait fini par tout dire à Catherine qui s'était effondrée, l'interrogeant bruyamment entre deux sanglots : qu'allait-elle devenir, elle, sans lui ?

si c'était de l'argent qu'elle voulait, il lui en donnerait, mais enfin quoi, ils n'avaient pas eu d'enfants ensemble, preuve évidente du désert qui avait été celui de leur vie partagée, et elle venait d'une excellente famille, avait un bon job, n'était nullement en difficulté financière.

- je te parle de ma solitude, ma détresse, la fin de notre amour ! avait-elle hurlé, pas de fric ! tu ne te rends pas compte qu'un mariage n'est pas juste une histoire de compte en banque commun ?

non, il ne s'en rendait pas compte en effet, lui qui rêvait déjà de sa liberté pour épouser Anne, même si tout cela était déraisonnable.

Olivier était, au collège, le prof de sport des jumelles d'Anne et de Marc, la troisième fillette allait faire son entrée dans l'antre collégienne dans une année.

oui, Anne avait trois filles, trois adorables princesses qu'Olivier adorait déjà.

là encore, sa famille l'avait mis en garde : pas question de prendre la place d'un père qui était très présent, très attentionné envers ses gamines.

Olivier ne le voulait pas, mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer cette nouvelle vie de famille lui qui n'avait vécu que le duo, silencieux et aride avec Catherine.

Anne avait parlé à Marc, ils étaient désormais libres de s'aimer vraiment,  de s'aimer physiquement, de s'aimer passionnément.

et justement, ce soir, Olivier avait rendez-vous avec la directrice de l'école qui faisait face au collège, celle qu'il avait rencontrée lors de réunions professionnelles, et aussi parce qu'il était le prof de ses filles : Anne.

21 septembre 2014

love-story I

il lui a dit "je t'aime" la première fois où elle est restée lovée contre lui plus longtemps que d'ordinaire, alors que leurs lèvres s'étaient enroulées tant et tant, alors que leurs mains avaient exploré chaque parcelle de leur corps, alors qu'ils avaient résisté à se donner l'un à l'autre mais à quel prix.

elle avait levé les yeux, éperdue d'amour et de reconnaissance de cette déclaration passionnée.

elle était prête à assumer, à le dire à son mari, à en finir avec un mariage en naufrage, elle avait bu ce "je t'aime" avec une ivresse non feinte et en était repartie grisée d'une force jusqu'alors insoupçonnée.

il n'était pas question qu'elle reste une minute de plus avec Marc. celui qu'elle aimait c'était Olivier et maintenant qu'elle était certaine de la réciprocité des sentiments, elle n'avait pas l'intention de faire semblant, de tenir plus longtemps.

elle allait quitter Marc, immédiatement.

Olivier, quant à lui, réalisait qu'il venait de d'impulser avec cet aveu amoureux, un nouveau tournant à cet "adultère", pas consommé physiquement mais bien enraciné émotionnellement. il n'aimait plus Catherine, il se demandait même s'il l'avait déjà aimée, tant la magie de ce qu'il vivait avec Anne le faisait voler dans des hauteurs encore inconnues.

il aimait, enfin, et il ne comptait pas s'en priver.

mais Catherine était fragile, il se devait de la ménager. il imaginait déjà la scène, les menaces de suicide, le chantage exposé, les cris, les insultes peut-être même.

il imaginait et le redoutait tout autant, il détestait les conflits...

 

18 septembre 2014

c'est plus chez moi

une chanson presque de circonstance (!!) que j'ai écrite pour Léa, jeune chanson pétillante et qui vient de remporter le concours de l'émission  "c'est ma chance" aujourd'hui à 19h30 sur France Bleu National : C'est plus chez moi

"C'est ma chance" c'est quoi ? une découverte d'e jeune stalents locaux qui sont gagnatns si on vote pour eux.

 

alors bravo à Léa, et bravo à ma chanson !

rendez-vous demain pour la finale. (même heure !).. alors votez !!!

c'est le début de la gloire !!

Photo : ** Mobilisation sur France Bleu NATIONAL!!! 

Le titre " C'est plus chez moi ", que certains ont déjà pu entendre lorsque vous êtes venu me voir sur scène ou encore via mon site internet (http://leapresenteversatile.wix.com/lea#!home/mainPage) à été sélectionné pour faire parti de l'émission " c'est ma chance ", le jeudi 18 septembre à 19h30, en direct sur la radio FRANCE BLEU… NATIONAL!

" C'est ma chance " C'est quoi ?
Tous les soirs découvrez de jeunes talents locaux et faites les gagner en votant pour eux. Les gagnants du lundi au jeudi reviennent pour s'affronter dans la finale du vendredi et peut être accédé au tremplin France Bleu ! Dans "C'est ma chance", le jury c'est vous !

Comme dirait Coluche " On compte sur vous ! " pour que " C'est plus chez moi " explose les votes !! Une autre façon de démontrer votre soutien auprès des professionnels ! Pour cela deux possibilités pour voter : http://www.francebleu.fr/emissions/c-est-ma-chance-sur-france-bleu

- A partir de 17h00 sur 
- Et pendant mon passage à l'antenne par téléphone au 0810055056

12 septembre 2014

penchée

penchée, bancale, tombée sur le côté, retenue on ne sait comment grâce à quoi ou à qui, retenue parce qu'il le faut, parce qu'équilibrée ça ressemble à vivante, parce qu'en équilibre, aussi mensonger soit-il, on peut avancer

alors, penchée d'un côté et puis de l'autre, rééquilibrée et puis bancale, à nouveau, encore, parce que penchée c'est comme une vérité, comme un destin, une façon d'être qu'on n'a pas choisie.

penchée, bancale, presque tombée, mais quand même dans le lointain, là bas, l'arrivée.

photo de Mercuro B Cotto

06 août 2014

dernier train

il est des voyages qu'il faut entreprendre, des trains dans lesquels il faut savoir monter, seule, pour mieux tirer une révérence à ce qui a été, sans craindre que tout s'efface brutalement, sans avoir peur du vide du lendemain, des ailes qui vont s'ouvrir et du nouvel air que l'on va respirer.

il est des trains à ne pas manquer, des voyages à réaliser. sans regrets. aucun.

même s'il n'y a personne sur le quai pour nous dire au revoir.

10574322_686375541432009_1811484267573775992_n.jpg

27 juillet 2014

Verstaile

j'ai écrit des chansons pour une jeune artiste qui les chante régulièrement en spectacles et pour l'une d'entre elles, fait pleurer ses proches lorsqu'elle la met en musique...

un album reprendra son répertoire avec trois des ces chansons.

je suis bigrement fière, vraiment..

et j'espère pouvoir retravailler avec elle, à l'avenir...

elle s'appelle Léa Crevon et son album s'intitule : "Versatile"

Photo : apprend, toute fiérotte, que l'album "Versatile" de Léa Chanteuse Personnage Comique dans lequel elle a écrit trois chansons, sortira en octobre 2014 !
à suivre....

28 juin 2014

trois petits tours et puis... s'en vont...

elle aperçoit sa dégaine de loin, elle ne pensait pas à lui, mais forcément il est là. forcément.

cette dégaine de cowboy qui lui plaisait, elle la fuit. 

elle le fuit.

elle évite d'aller aux mêmes endroits que lui, se concentre sur ceux avec qui elle parle quand elle le sait tout près, sourit presque trop, pétille et s'éloigne, pour l'éviter.

elle ne sait plus pourquoi il la débecte tant, ce n'est pas une affaire personnelle, et pourtant si.

politique aussi.

la malhonnêteté, l'hypocrisie, cette course vers le pouvoir. elle trouvait son assurance charmante, là elle le trouve pitoyable. n'exister que par cette image qu'on renvoit publiquement, n'exister que pour être au pouvoir, n'en avoir jamais assez, plaire, séduire, parvenir au sommet.

elle ne trouve plus cela charmant, son assurance a quelque chose du manque du mal être du cul-de-jatte qui cherche un équilibre dans une béquille extérieure.

pathétique.

elle le sait, il la regarde, elle sent son regard lourd sur elle, même si elle se concentre sur ses interlocuteurs, c'est trop pesant, ça la gène, elle salue s'en va, espérant partir à temps, avant qu'il ne s'approche, elle tourne le dos, fais vite quelques pas se noie dans la foule mais il est là. 

il l'a rattrapée.

là, en face d'elle.

"salut, madame l'écrivaine".

il a les yeux fatigués, un brin tristes.

elle le trouve vieilli, las, plus aussi cowboy.

il dit qu'il suit son parcours, qu'elle l'étonne, que vraiment ça marche bien pour elle... il n'a plus l'attitude du playboy en chasse. elle sent même qu'il tremble un peu. comme chaque fois qu'ils se retrouvent face à face.

il propose des choses professionnelles. elle refuse.

il dit : je suis sérieux.

et puis : appelle-moi lundi. 

elle hoche la tête. sait qu'elle ne le fera pas.

juste avant qu'il ne reparte, elle dit : et toi ? ça va ?

il se retourne, sourire fatigué : ben, tu vois...

elle ne porte pas de robe sexy, ni de talons, elle est là seule ou presque parmi le foule, anodine, recroquevillée au-dedans, insensible à ces autres qui l'entourent, avec une seule envie : partir vivre ailleurs, s'éloigner de tous ces gens qu'elle connaît depuis trop longtemps, une seule envie : le silence et la solitude. l'inconnu.

10 juin 2014

prêt, feu, sautez !

c'était à Aubervilliers.

un samedi soir.

ils étaient deux.

deux frères.

douze et dix ans. deux frères.

ils sont passés devant le local à poussette. les poussettes de bébés, c'est vraiment trop nazes, ça encombre et puis franchement c'est moche, c'est nul, ça sert à rien. c'est naze.

ça les faisait rire de craquer une allumette pour brûler le plastique du siège de la poussette.

comme ça pour rien.

rien que pour imaginer la tête de la femme le lendemain en voyant la poussette cramée.

ça les faisait rire de faire des conneries juste comme ça, pour montrer qu'ils n'étaient pas sages, pas obéissants, qu'ils ne craignaient rien. ni les adultes, ni la police.

ils ont craqué l'allumette et ont brulé le plastique du siège.

mais le feu s'est emballé.

et là-haut à l'étage, prise de panique une femme a sauté pour ne pas cramer dans les flammes, pour ne pas sentir l'embryon qu'elle porte en elle se ratatinée comme une entrecôte au barbecue.

parce qu'elle a eu peur.

parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait.

parce que le feu ça terrorise.

elle a sauté.

emportant son embryon qui grossissait en elle, avec elle.

elle a sauté.

et en est morte.

elle. et le futur bébé.