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11 janvier 2008

le vieux et le mange-mil

il était une fois, dans un village un vieux qui cultivait du mil, maïs et du sorgho. auparavant, il avait abattu les arbres, les avait fait sêcher et les avait brûlés pour planter ses céréales.

 

mais il se rendit compte rapidement qu'un mange-mil venait picorer ses cultures. il se décida à faire quelque chose pour chasser l'oiseau qui lui volait son travail. ce jour-là, il plaça dans le fromager qui se tenait au bout du champ, une calebasse avec du mil dedans. lorsque le mange-mil s'approcha de la calebasse, gourmand, une autre calebasse lui tomba dessus et l'enferma. le vieux était content : son piège avait fonctionné.

 

il prit le mange-mil et l'emporta chez lui. un autre oiseau vint taper à sa case et lui dit :

- Vieux, ce mange-mil est mon frère. pourquoi veux-tu le manger ?

- il vole le mil dans mon champ, je l'ai attrapé, je vais le manger.

- tu ne devrais pas faire ça... menaça l'oiseau.

mais le vieux n'écouta pas, il pluma l'oiseau et le mangea.

 

dès qu'il eut fini la dernière bouchée, il se transforma alors lui-même en mange-mil.

désormais, il n'eut plus d'autre solution pour se nourrir que d'aller lui même voler le mil dans les champs...

10 janvier 2008

concret

eh bien je suis contente de partager mes aventures avec vous.

vous voulez du concret (n'est-ce pas Gervase ?), alors je vous glisse quelques photos que mon envoyé spécial a prises sur place.

mes photos, vous les aurez à mon retour...

 

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je vais à l'école de 8h à 13h, puis nous reprenons de 16h à 18h. c'est dire si je ne chôme pas.

le mercredi école aussi jusqu'à 13h. ouf !!

je travaille avec 4 classes différentes et chaque classe va produire 7 à 8 contes. fabuleux non ?

du coup, hier après-midi, j'ai fait le tour de l'île en pirogue avec un chouette guide durant trois heures et nous avons marché longtemps sur la plage aux mouettes.

c'était très agréable. j'ai trouvé de beaux coquillages.

ce soir, je suis invitée à boire le thé à la menthe avec des joueurs de damier. et ce week-end, je pars à Loulsessène, village à côté voir un tournoi de lutteurs et découvrir de bien jolies traditions...

 

alors à bien vite pour la suite.

bisous colorés à tous...

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30 novembre 2007

sport en salon

je vous en avais parlé... la voilà terminée : l'histoire inventée par les athlètes du club de Pertuis et mise en photos et en pages par mes soins (merci Nicolas...), et qui sera présentée au cours de la manifestation sportive que nous ferons tous ensemble ce soir dans la cadre du salon du livre de Pertuis : "aventures autour du sport dans la littérature", organisée par l'association "Expressions Croisées".

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au programme : ateliers dans les classes, relais d'écrits avec le club d'athlétisme (organisé par moi-même), salon littéraire (avec René Frégni...), exposition artistique permanente, animation permanente, rencontres avec les auteurs jeunesse (Agnès Martin-Berton, Jean-Luc Lucciani, Anne Noisier, ...), un match de foot amical (avec Paul Belmondo...), des démonstrations d'arts martiaux, de Hip Hop...

bref, de quoi passer 3 jours très... sportifs !
n'hésitez pas et passez vous défouler un peu...

19 novembre 2007

sport

je réalise de drôles d'ateliers avec le club sportif d'athlétisme de Pertuis.
je les prends en photos lors de séances et nous écrivons une petite histoire, genre roman photos.
un brin décalé...

en voilà un échantillon :

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Ce jour-là, sur la place du marché, tous les villageois étaient réunis.



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Les cancans allaient bon train...



c'est très amusant.
je vous parlerai du résultat si cela vous intéresse...

27 octobre 2007

tchou tchou

en me rendant au salon de Mouans-Sartoux un de ces précédents week-end, j'ai vécu la désagréable surprise de voir le train stoppé sur les rails durant plus d'une heure et demie en pleine nuit avec obligation de laisser les portes fermées sans que nous sachions comben de temps tout cela durerait.

j'ai souhaité exploiter cette mésaventure lors des ateliers-rencontres que je devais mener avec des classes le lendemain matin.
en utilisant la méthode "de Christophe Miraucourt" (même si elle ne vient pas de lui, j'aime lui en imputer la paternité...) les élèves ont inventé de drôles d'histoires.

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en voilà une que le CE2 de l'école Pra d'Estang de Grasse a imaginée :

"Une nuit pas amusante

Chaque jour, le Pôle Express traverse le Pôle Nord. Cette nuit-là, le train tombe en panne. Lukas, le réparateur sort pour essayer de le remettre en marche. Alors qu'il est en plein travail, il entend des pas. Il se retourne. Un loup approche. Effrayé, il crie : « Au secours Sissilime ! »
Le loup lui saute dessus et le dévore.
Au commande du train, le gros monsieur au long nez pointu, alarmé par les cris de son ami voit le loup avaler le réparateur d’une seule bouchée. En se redressant, la bête sauvage aperçoit Sissilime dans la salle des machines. Elle entre dans le train, pousse les portes jusqu’à le rejoindre. L’homme est très en colère. Ils se disputent. Sissilime le menace : « Recule, tu ne me fais pas peur ! Je suis un sorcier ! »
A ce moment là , il voit son ami dans la gueule du loup.
Profitant de sa surprise, l‘animal le pousse dans le charbon. Sissilime agite sa baguette magique en direction d’une casserole. Celle-ci se met à tourner rapidement sur elle–même et un gros mouton dodu apparaît. Le loup très gourmand, bondit sur lui sans réfléchir et le dévore. Tout d’un coup, le loup devient tout rouge puis jaune puis vert puis passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Sisilime se tord de rire : « Ah, ah, ah ! Je t’avais prévenu que j’avais des pouvoirs ! Ce mouton était empoisonné ! »
Le loup fait un bond au plafond et retombe mort. Le sorcier s’approche de lui et prononce une formule :
« Sorcier cuit, je n'ai pas peur de la nuit, que mon ami revienne à la vie ! »
Et dans un nuage de poussière, Lukas réapparaît souriant."

(un grand merci à Carine la maîtresse)

18 octobre 2007

quartier Nord

voilà où j'étais durant deux jours...

et ça valait le détour car ces enfants étaient une mine de bonheur et de partages...

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c'était dans la cadre de Lire en fête

11 octobre 2007

à cheval

hier, j'ai conclu des séances de lecture-écriture, avec un centre social de Pertuis, dont la thématique était : les aventures autour du sport dans la littérature et dans les arts.

après avoir lu "à bride abattue" histoire parue chez Averbode, nous avons projeté d'écrire une chanson sur le cheval et le rêve qui découle de cet animal...

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le refrain était chanté, les couplets étaient plutôt parlés style rapp. chaque enfant avait son couplet, un seul répétait le refrain.
et certains dansaient... si si...

refrain :
si j'avais un cheval
il m'emmenerait au carnaval
au cirque à Marseille
au pays des merveilles


dans ma ferme au Maroc
mon cheval vivrait avec le coq
les poules et les lapins
les moutons et mon chien

je voudrais un cheval blanc
ou bien une jument
qui resterait dans mon jardin
avec mon vélo et mes patins

sur mon cheval j'emporte maman
voir sa soeur et ses enfants
puis je joue aux Indiens
avec tous mes copains

j'irai vivre en Espagne là-bas
à Barcelone ou Port Aventura
au manège j'emmenerai mon cheval
pour qu'ensemble on cavale

une fois en Italie
je visiterai le pays
je deviendrai joueur de polo palio
aussi fort que Ronaldhino


et franchement, on a bien rigolé.

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22 septembre 2007

mots perdus

puisque nous parlons d'illettrisme...
puisque j'ai pu constater votre engouement pour les concours...
je vous propose un jeu où vous devrez composer un poème avec les mots
fabliau
et
jouvenceau
mots aujourd'hui inusités.

évidemment il vaut mieux savoir ce que chacun d'entre eux signifie et ensuite lancez-vous... écrivez un petit poème (pas trop long hein Marie ???) où ces deux mots seraient en rimes finales.

euh... c'est clair ?

alors à vos claviers.
résultats mercredi matin, comme d'habitude !

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21 septembre 2007

une deux... une deux...

le sport est à l'honneur en ce moment avec le rubgy...
le sport est souvent à l'honneur dans notre société.
tant mieux.
surtout si c'est sain...

on m'a demandé, en qualité d'auteur jeunesse et d'ex-entraîneur sportif (ben si quoi...), de réaliser un projet avec des jeunes sportifs pour le salon du livre de Pertuis dont la thématique est : "les aventures autour du sport dans la littérature (jeunesse)".

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donc, en plus des excercices d'assouplissement auxquels je risque de devoir me plier, je vais faire des flexions de stylo pour rédiger un chouette "album" avec des jeunes athlètes...

rendez-vous début décembre pour le salon prévu...

en attendant je vous glisse l'éditorial de cette manifestation écrit par Guy Laget (journaliste à l’Equipe, lauréat du Grand Prix de littérature sportive en 1982) :

« Notre époque n'a pas son langage. On n'ose pas l'avouer ». Quand Paul Valéry fait en 1920 faire cette terrible constatation à M.Teste son héros, il ne peut pas ne pas se douter qu'il se trompe, puisque ailleurs il se demande, lui le cycliste qui regrette le temps des ballades à bicyclette émaillées de crevaisons, si la portée du phénomène sportif n'a pas été sous estimée. C'est d'autant plus curieux, qu'un poète esthète comme lui, aurait dû, comme Cocteau, être sensible à l'évidente et essentielle parenté de "style" existant entre les univers sportifs et littéraires. Peut-être eut-il fallu que la route du prix Nobel croise, comme celle de Cocteau, un magicien du ring du calibre du pugiliste Panama Al Brown, "ce poème à l'encre noire". Alors peut-être eut-il basculé et compris comme Maupassant, Montherlant, Morand et Mac Orlan, les Mousquetaires du muscle, que le sport était assurément ce nouveau langage vivant et imagé, dont il déplorait l'absence.

Ce n'était pas le cas de Paul Morand, « l'homme pressé », pour qui « aussi nécessaire que le boire et le manger, le sport est le grand plaisir de la vie ». Moyennant quoi, il nagea, pilota auto et moto, monta à cheval, admira course à pied, lutte, natation, vélo et boxe, « disciplines, les meilleures, les plus belles et les plus simples ». Et les raconta surtout comme personne.

Sans être aussi optimiste que l'écrivain M. Huet qui, emporté par sa fièvre sportive, écrivait en 1924 : « Il n'y aura plus de guerre, il n'y aura plus de profiteurs. Il n'y aura que des recordmen », il faut bien admettre que le sport est devenu la grande affaire du XX e siècle. Un sixième de l'humanité, un milliard d'individus trouve du bonheur en courant après un ballon rond, et en audience cumulée, ils seront trente sept milliards de téléspectateurs à suivre la XVI e Coupe du monde de football, qu'organise la France. Dans le lot, combien rejoindront Albert Camus, gardien de but du Racing Universitaire Algérois, qui proclamait haut et fort que ce qu'il savait «de plus sur la morale et les obligations des hommes, c'est au sport et au RUA » qu'il le devait.

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si vous avez des idées à me proposer je passe le relais...

24 août 2007

corsaire

corsaire ou pirate ?

quelle différence entre les deux termes ?
un corsaire est un membre de l'équipage d'un navire corsaire, navire civil armé, généralement marchand, autorisé par une lettre de course (ou lettre de marque) à attaquer tout navire battant pavillon d'États ennemis, et particulièrement son trafic marchand.
les corsaires, à tort confondus avec les pirates, sont en quelque sorte des marins mercenaires. à ce titre, ils utilisaient des navires généralement de petite taille, rapides, manœuvrants et discrets pour exécuter des abordages en mer plus par surprise que par force. lorsque la « fortune » leur souriait, ils pouvaient enlever des bateaux de fort tonnage (l'emblématique capture du Kent par la flûte la Confiance de Robert Surcouf le 31 août 1800) mais souvent marchands, peu propices à leur activité et qu'ils revendaient souvent.

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voilà la couverture que mon illustrateur m'a proposée pour le tome 2 des aventures de Prune, Benoît et Agathe.

en attendant de savoir si ce sera celle-ci que vous trouverez en librairie, je vous glisse un travail réalisé avec une classe de CM1 autour du livre "L'ïle au trésor" de Robert Louis Stevenson.
une chanson imaginée avec les 2 phrases qui reviennent régulièrement dans le roman et que nous avons débutée ensemble. les élèves et leur enseignante l'ont continuée par la suite seuls.
un vrai régal...

La chanson des pirates

Ils étaient quinze sur le coffre du mort
Oh hisse et une bouteille de rhum
La boisson et le diable avaient réglé leur compte aux autres
Oh hisse et une bouteille de rhum

C’est à l’auberge qu’ils cherchaient tous la carte
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et vraiment c’était pas de la tarte
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils espéraient trouver un trésor
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils n’ont trouvé qu’un vieux corps
Oh hisse et une bouteille de rhum

C’était Billy Jones ce vieux pirate
Oh hisse et une bouteille de rhum
Celui qui dévalisait les frégates
Oh hisse et une bouteille de rhum

L’affreux Maître Pew l’a tué en un instant
Oh hisse et une bouteille de rhum
La tâche noire c’était un avertissement
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils ne savaient pas que Jim ce sale marmot
Oh hisse et une bouteille de rhum
Avait déjà trouvé la carte cachée dans un rouleau
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils s’étaient fait engager par le capitaine Smollett
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils souhaitaient atteindre l’îlot du Squelette
Oh hisse et une bouteille de rhum

Jim écoutait caché dans un baril
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils arrivaient en vue de l’île
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils avaient un perroquet Capitaine Flint
Oh hisse et une bouteille de rhum
Qui ne cessait de répéter « pièces huit »
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils avaient mis au point un complot
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils comptaient bien se partager le magot
Oh hisse et une bouteille de rhum

A terre pendant que Jim se cachait
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils commençaient à s’entre-tuer
Oh hisse et une bouteille de rhum

Silver a tué ce traître de Tom
Oh hisse et une bouteille de rhum
Jim était horrifié de voir à terre cet homme
Oh hisse et une bouteille de rhum

Jim s’est évanoui puis s’est enfui
Oh hisse et une bouteille de rhum
Devant lui un sauvage a surgi
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ben Gunn le vieux boucanier
Oh hisse et une bouteille de rhum
Errait sur l’île depuis des années
Oh hisse et une bouteille de rhum

Il avait été marronné
Oh hisse et une bouteille de rhum
Depuis il rêvait de fromage grillé
Oh hisse et une bouteille de rhum

Les mutins ont pris la goélette
Oh hisse et une bouteille de rhum
Les amis de Jim la poudre d’escampette
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ce sale docteur Livesey
Oh hisse et une bouteille de rhum
Le fortin de Flint avait trouvé
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ben Gunn est retourné dans son coin
Oh hisse et une bouteille de rhum
Jim a rejoint le fortin
Oh hisse et une bouteille de rhum

Les pirates attaquent
Oh hisse et une bouteille de rhum
Le fortin contre-attaque
Oh hisse et une bouteille de rhum

Les mutins ont décampé
Oh hisse et une bouteille de rhum
Mais Smollett était blessé
Oh hisse et une bouteille de rhum

Jim a traversé les marécages
Oh hisse et une bouteille de rhum
Pour aller couper les cordages
Oh hisse et une bouteille de rhum

Mais une vague a détruit son coracle
Oh hisse et une bouteille de rhum
Il est sur l’Hispaniola c’est un miracle
Oh hisse et une bouteille de rhum

En faisant tomber ses pistolets
Oh hisse et une bouteille de rhum
Jim a tué le dernier boucanier
Oh hisse et une bouteille de rhum

Après la bagarre ils comptent les morts
Oh hisse et une bouteille de rhum
Du bateau des pirates, il devient maître à bord
Oh hisse et une bouteille de rhum

Il met la goélette en lieu sûr
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et retourne au fortin à toute allure
Oh hisse et une bouteille de rhum

Mais le perroquet de Silver il est accueilli
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et par les pirates il est recueilli
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils ne croient plus au butin
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et se révoltent contre le nouveau chef du fortin
Oh hisse et une bouteille de rhum

Mais Silver leur montre la carte du trésor
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils avouent qu’ils ont peut-être eu tort
Oh hisse et une bouteille de rhum

Sur la route de la richesse
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils partent à toute vitesse
Oh hisse et une bouteille de rhum

Sur le chemin ils trouvent un squelette
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et entendent une voix qui les inquiète
Oh hisse et une bouteille de rhum

Courageux jusqu’au bout
Oh hisse et une bouteille de rhum
Ils restent pétrifiés au bord d’un grand trou
Oh hisse et une bouteille de rhum

La cachette du trésor est trouvée
Oh hisse et une bouteille de rhum
Mais vide qu’elle était !
Oh hisse et une bouteille de rhum

Soudain des coups de feu sont tirés
Oh hisse et une bouteille de rhum
Les amis de Jim sortent des fourrés
Oh hisse et une bouteille de rhum

Des pirates il reste Silver
Oh hisse et une bouteille de rhum
De dire la vérité il est l’heure
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ben Gunn avait depuis longtemps trouvé le magot
Oh hisse et une bouteille de rhum
Mais de les voir chercher c’était rigolo
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils vont maintenant reprendre le bateau
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et à Bristol se partager les lingots
Oh hisse et une bouteille de rhum

En route Silver leur fausse compagnie
Oh hisse et une bouteille de rhum
De peur d’être jugé pour piraterie
Oh hisse et une bouteille de rhum

Ils étaient quinze sur le coffre du mort
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et c’est un marmot qui a été le plus fort !
Oh hisse et une bouteille de rhum

Cette chanson a été commencée par Calouan
Oh hisse et une bouteille de rhum
Et terminée par tous les enfants
Oh hisse et une bouteille de rhum



Classe de CM1 Sandra Pastourely
Six-Fours les plages
2006

10 juillet 2007

plic ploc !

dans une école du Tholonet, j'ai travaillé avec deux classes sur des histoires d'eau car ce village joue, depuis des siècles, un rôle capital dans l'alimentation en eau de la région, de par ses installations et ses ouvrages : aqueducs, barrages, société du canal de Provence.

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une des deux classes est partie au Loubatas et l'autre en Camargue.

les histoires sont nées de ces périples.
mais pour mieux "partager" nous avons choisi d'intégrer une des histoires dans l'autre. une écriture en escalier... ce fut un challenge amusant, que nous avons réussi.

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"le voyage de Flocon blanc" s'est donc glissé dans "les aventures d'un petit flocon"...
quel voyage palpitant !

06 juillet 2007

blasons

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je vous ai déjà parlé de ce projet réalisé avec le concours de Delphine Bodet, pour les illustrations : "Gabriel au fil d'Eguilles".
lundi, avait lieu la remise du livre, regroupant dix histoires en un seul recueil, à tous les enfants et aux partenaires du projet.
Delphine et moi avons pu dédicacer le recueil aux enfants que nous étions contentes de revoir.

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parmi les dix histoires, je voulais vous présenter "Les cinq blasons" :
C'est en ce mardi 30 mars 1645 que début cette histoire, jour de grande foire sur la place d'un village nommé autrefois Châmoulaino (célèbre pour son château, ses moutons, sa laine épaisse et ses fameux oliviers) mais plus connu sous le nom d'Eguilles. Nos cinq héros vont bientôt s'y rencontrer, mais cela ils ne le savent pas encore...

donc Hubert Dagobert, Richard Doriano, Casimir de Faucon, Arlicar d'Arlequin et Bloontoon of Deep vont se rencontrer, sympathiser et repartir chacun vers leur destinée. mais ils se promettent de se tenir informés de leur péripétie.
d'où cinq extraits du journal intime de chacun d'entre eux, expliquant les armoiries que l'on trouve sur leur blason.

les enfants ont fait vivre à ces 5 héros de bien belles aventures. et ont débordé d'imagination.
et on s'est bien amusés.

je vous expose en dessous les 5 blasons en question qu'ils ont eux-mêmes créés.
sympa, non ?

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05 juillet 2007

la cantine ensorcelée

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voilà une nouvelle histoire inventée dans une classe de Peypin d'Aigues.

pour l'explication, cette classe avait travaillé sur "Sortilèges à la bibliothèque" un de mes livres et souhaitait écrire un texte sur l'univers des sorcières.
mais, comme un petit conflit avait eu lieu à la cantine, nous avons décidé de "dédramatiser" l'affaire en écrivant une histoire "diabolique" qui se passerait à la cantine.

pour "corser" la chose, chaque enfant de la classe intervient... en rimes.

avec les dessins des enfants, j'ai ensuite eu carte blanche pour la mise en page et je me suis régalée.

une belle aventure...ensorcelante.

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01 juillet 2007

ping pong

voilà une écriture avec des élèves qui s'est construite différemment de mes autres ateliers.

j'avais rencontré la classe de CM1 avec leur enseignante Yolande Peyrot, au salon de Six-Fours. intéressés par mon travail, ils m'ont proposé un travail d'écriture en "ping pong" via Internet : ils écrivaient le début d'une histoire, je continuais un peu, ils reprenaient... et ainsi de suite.
à chaque fois, il y avait le plaisir de la découverte surprise du nouvel épisode imaginé par l'une ou par les autres.

puis je suis venue dans leur classe conclure l'histoire et finaliser le travail (dernières corrections, mise en cohérence du déroulement, choix des illustrations...).

c'est comme cela qu'est née l'aventure de Mathieu et de son cheval Pistache, un joli petit conte où la magie est encore une fois au rendez-vous.


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vous est-il déjà arrivé de travailler de cette façon avec des élèves ?

30 juin 2007

Caïus Sextius

j'ai eu la grande joie d'assister hier à la représentation donnée par les enfants de l'école des Fenouillières à Aix-en-Provence, réalisée à partir de la pièce qui nous avions écrite ensemble (le texte est en intégralité dans le post "rideau !" de ce blog).

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je fais un clin d'œil à Christophe Miraucourt, qui avait du mal à imaginer une telle aventure.

le spectacle basé sur une mise en scène rotative (à chaque changement de scène les comédiens (les élèves) tournaient autour de nous (les spectateurs état placés au centre), était très réussi. les enfants avaient, suite à notre écriture collective, fabriqué des masques, d'une grande beauté, avec la plasticienne Maly Cachia .


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mais d'où est né ce projet ?
c'est la mise à jour du théâtre de la Seds et son réensevelissement "mystérieux" qui a fait naître l'envie de mieux connaître l'origine d'Aix et de son monument.
la classe a donc découvert tout au long de l'année les traces antiques de la ville d'Aix-en-Provnce.
Nadine Benoliel, historienne d'art, leur a dévoilé les particularités du théâtre grec et romain et Nuria Nin, conservateur en chef du patrimoine, responsable de la mission archéologique d'Aix-en-Provence, leur ont présenté les recherches en cours faites in situ.

les élèves ont lu et écouté des pièces de théâtre d'Aristophane : Les Grenouilles, de Plaute : La Marmite, mises en voix par Agnès Pétreau.
ensuite, je suis intervenue et nous avons écrit cette tragicomédie, inventant la destinée de Caïus Sextius, fondateur d'Aquae Sextiae.
et lorsque les masques furent créés, Agnès Pétreau a mis en spectacle leur travail.

beau travail d'équipe, puisque nous avions tous besoin les uns des autres pour que les enfants s'amusent autant et réalisent une si merveilleuse prestation.


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psittt : je fais partie des spectacteurs, assis par terre...

28 juin 2007

ABCDaire

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inspirée par "Mon ABC en relief", Cécile Farez a travaillé avec des enfants de petite et moyenne sections maternelle d'une école de Montargis dans le Loiret.

elle m'a régulièrement tenue informée de l'évolution de son travail :
- avec les enfants, ils ont décidé de créer un abécédaire original ! les enfants ont imaginé des phrases (chacun une) avec la répétition d'une lettre de référence sortie de leur prénom :
par exemple : L pour Amélia - C pour Célia

- Cécile a conçu un dessin avec des clipard ou autres pour illustrer la phrase. et a rajouté leur tête dedans ! elle a sorti ce dessin en format "coloriage" et les enfants se sont coloriés !!!!
apparemment, c'était très sympathique et ils ont adoré !

- ils ont eux-mêmes tapé leur phrase à l'ordinateur (en police crayon l) que Cécile a transformé et rajouté au livre.

- puis ils ont mis leur photo au-dessus de leur prénom et fait un petit reportage photos des étapes du livre (coupage, coloriage, ordinateur).

voilà ce que m'a écrit Cécile :

Les enfants ont été extraordinaires, car ils ont adhéré tout de suite au projet. Ils se sont investis dans leur livre, les grands ont aidé les petits et chacun connaît sa phrase et sait reconnaître les lettres de l'alphabet - Je voulais leur donner le goût de l'écriture et de la lecture et leur faire comprendre qu'avec des lettres, on fabrique des mots qui racontent des histoires. Donner aux enfants, dès la maternelle, le plaisir des lettres pour qu'ils aiment ensuite lire, écrire, imaginer et peut-être qu'ils prennent conscience de l'importance de leur langue si difficile mais si riche !

je vous offre en-dessous un échantillon de l'ouvrage finalisé, dont je vais rédiger la préface.

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si vous saviez comme je suis honorée de ce nouveau partage.

allez, promis l'an prochain, j'irai les rencontrer...

22 juin 2007

eh oh du bateau !

hier, je suis allée apprécier le spectacle qu'une classe de La Roque d'Anthéron a réalisé à partir du texte que nous avions écrit ensemble.
une comédienne Agnès Pétreau, est venue durant plusieurs séances les aider à travailler cette mise en voix, mise en scène et la motivation et la belle énergie de l'enseignante ont fait le reste.



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Delphine Bodet a également travaillé avec cette classe afin de créer les illustrations de notre histoire et un livre a été offert à chaque enfant.

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je vous offre en dessous le début de l'histoire... et vous laisse découvrir les images de tout ce partage...

André Etienne se trouve sur un bateau à poulie. Il traverse la Durance pour se rendre à la Roque d’Anthéron. Ce tambour qui a aidé l’armée napoléonienne contre les Autrichiens sur le pont d’Arcole est de retour dans sa région.
C’est un jour de foire et le bateau est chargé. A bord du bateau, se trouvent des poules deux ânes et des chevaux, des cagettes de légumes, des barriques d’huile, de sel, de vin et des sacs de blé. Plusieurs marchands espèrent vendre leurs marchandises à La Roque d’Anthéron. Et comme chaque jour, le bateau permet de traverser la Durance, dans des conditions quelques fois périlleuses.
Il fait un soleil radieux en ce samedi midi de mars 1796.
Mais avant que le bateau n’arrive sur les rives de la Durance un mauvais geste du passeur fait basculer l’embarcation. Il a coincé sa perche dans un rocher et ne peut la retirer. André se retrouve à l’eau et doit nager quelques brasses pour arriver sur le bord. Mais l’eau est fraîche et il a quelques difficultés à contrer le fort courant de la Durance.
Déjà des passants inquiets se rapprochent pour l’aider. André les trouve étranges. Visiblement ils sont différents de lui. Ils sont habillés d’une drôle de manière. Mais qui sont-ils ?




n'hésitez pas à laisser vos impressions sur ce vrai travail d'ensemble...


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20 juin 2007

tricot et Eguilles

dans le beau village d'Eguilles, j'ai travaillé avec les dix classes d'une école.

chacune d'entre elles souhaitait réaliser un écrit sous une forme différente : plaquette descriptive devenu parchemin, journal intime, retour dans le passé, voyage dans le futur, petite histoire traversant les âges, conte...

et Delphine Bodet a poursuivi l'aventure en les faisant illustrer ce qui va devenir un ouvrage complet rassemblant les dix travaux.
travaux d'Hercule, je peux vous le dire tant il n'a pas été aisé de motiver tout le monde avec le même sourire aux lèvres et d'assembler de façon cohérente ces différents écrits.

heureusement, j'ai eu un chef d'orchestre... et la musique a pris... enchanteresse.

le résultat, vous le verrez bientôt, puisque je me ferai un plaisir de vous le présenter, c'est un livre qui s'intitulera "Gabriel au fil d'Eguilles".

mais en attendant je vous glisse la couverture réalisée avec le talentueux concours de Delphine.
et vous propose de lire le tout début de l'histoire :

Il était une fois, en l’an 2007 de notre ère, un garçon qui s’appelait Gabriel. Il avait huit ans et habitait Eguilles avec son papa, sa maman et ses trois sœurs. Un jour, à l’école, pendant la leçon d’histoire, la maîtresse demanda à Gabriel de faire un exposé sur les métiers du passé. Alors, il alla à la bibliothèque du village, au coin « Histoire » et trouva un livre ancien enfoui sous la poussière, dont le sujet était la vie des gens au moment de la construction du château d’Eguilles au XVIIe siècle. Il l’emprunta et repartit chez lui le déposer dans sa chambre. Ce n’est qu’une quinzaine de jours plus tard, alors que la période d’emprunt du livre arrivait à son terme, qu’il se décida à feuilleter le livre à la couverture de cuir. Il l’ouvrit et après une bonne demi-heure de lecture, il découvrit au hasard d’une page une illustration qui représentait le château au moment de sa construction au XVIIe siècle. Il décoda alors la drôle de légende située sous l’image : « Hirondelle, hirondelle, amène-moi dans le passé. » C’était une formule magique. Gabriel fut immédiatement aspiré, il tomba dans l’image.

et que croyez-vous qu'il arriva ?

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12 juin 2007

l'olivier

j'avais promis la fin de l'histoire écrite à 6 mains un beau samedi ensoleillé.
la voilà.
avec en prime l'illustration qu'a réalisée en même temps que nous écrivions Elsa Huet, dont la douceur, l'humour et le talent me touchent beaucoup...

je vous l'avais dit : magie et tendresse au programme.
bonne lecture !

Jusqu’à…


Fernand n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Marc, l’agent municipal, s’approchait de lui à grands pas.
- Fernand, tu ne peux pas rester là… Tu piétines les fleurs. Lève-toi de sous l’olivier, et fissa…
Le vieux cycliste ronchonna et se redressa douloureusement, sentant craquer ses articulations enkylosées.
Il se dirigea vers la boulangerie enfin ouverte, poussant son vélo cabossé et, laissant celui-ci contre le mur de la boutique, il entra acheter une demi-baguette « pas trop cuite, mais croustillante quand même », la même demi-baguette qu’il prenait chaque jour depuis des années.
Quand il ressortit, il retrouva la place déserte et, après avoir vérifié que personne ne venait, il se replaça sous l’olivier. Il coinça son dos courbatu contre le tronc et replongea dans son récit.
Il farfouillait dans sa mémoire et tous ses souvenirs étaient intacts. Il revoyait celle qu’il avait tant aimée, son visage souriant, son pas élancé.
- Toutes nos années partagées n’ont été que bonheur, je te le dis, l’arbre ! Pas une dispute, pas un malentendu ! Pas un seul nuage à ce beau tableau… Et pourtant la vie n’était pas toujours facile…

Le poids de son passé lui faisait courber le dos plus encore.
- Et c’est dix ans après que je reçus cette fameuse lettre.
Il fit une pause. Un long soupir sortit de sa bouche à peine entrouverte. Que tout cela était loin… Mais comment aurait-il pu oublier ?
Il y pensait encore si souvent. Joséphine…
- Dix ans qu’elle n’était plus là et voilà que le facteur, il posait cette lettre sur la table de la cuisine ! Bon dieu de bon dieu ! La lettre, tu entends, l’olivier ?…

Le vieux cycliste se cala le dos un peu plus contre l’écorce noueuse de l’arbre, le cul écrasant un peu plus le bégonia du massif… Il n’avait jamais parlé de ça à personne et l’émotion lui serrait la gorge.
- La lettre, eh bien, elle était écrite de sa main… Oui, comme je te le dis ! Elle m’écrivait à moi tous les mots qu’elle avait envie de me dire de là où elle était. Tu te rends compte, un peu, l’olivier ?

La main du vieux Fernand caressait lentement la peau rêche de l’arbre. Sa joue maintenant plaquée contre l’écorce, ses doigts exploraient doucement la courbure de ses branches basses.
Il parlait sans même plus en avoir conscience, les mots glissaient seuls hors de sa bouche.

- Alors, moi aussi, j’ai voulu lui parler, même si j’ai du mal à trouver les mots, d’ordinaire… Tu sais, elle savait tellement bien dire, elle, tellement mieux que moi… Moi je ne disais pas trop… Et puis, elle est partie et je n’ai plus pu rien dire.

Peu à peu sa peau marbrée par l’écorce se confondait presque avec elle. Quelques feuilles vert-bronze dépassaient de sa barbe râpeuse du matin…
- J’ai voulu lui dire mes mots, mes mots pour elle, l’olivier… Mais je ne savais pas où les dire, à qui les envoyer, à quelle oreille les chuchoter…
De tout leur poids, les jambes de Fernand creusaient le massif de bégonias, coulaient lentement dans la terre épaisse.
- Je cherche Joséphine à travers les arbres depuis ce temps-là, l’olivier. Eux ils m’écoutent, ils se taisent, ils me laissent parler, ils comprennent mes mots, ils les gardent en eux comme un secret jamais enfoui… Ces mots… ces mots que j’ai gardés depuis tout ce temps… Joséphine…

L’écorce rugueuse l’enveloppa lentement, lui, le vieux Fernand et ses mots pour Joséphine. Lentement. Si lentement.

Quand Marc, le garde municipal, passa sur le soir, il s’arrêta d’abord en grommelant contre ce vieux fadoli qui avait bousillé le massif de fleurs communal. Et puis, il cessa de rouspéter et même de respirer un instant quand il aperçut le visage et le corps du vieux Fernand sculptés dans le tronc du petit olivier.



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09 juin 2007

Fernand

par un samedi ensoleillé où nous attendions que des lecteurs passionnés viennent nous faire la causette, Christine Féret-Fleury, Anne Noisier et moi avons eu envie de nous lancer dans l’écriture d’un texte à 6 mains ( euh…3 x 2 bien sûr !) qui aurait pour titre : « Sous l’olivier… sans piétiner les fleurs ».
ce fût très amusant et le résultat fût surprenant.
je vous livre ici le début. et si vous êtes bien gentils, je vous livrerai la fin une prochaine fois. encore une fois magie et tendresse sont au programme…

Sur la place presque déserte du petit village de Provence, un petit olivier s’ennuyait.
Personne pour lui faire la conversation ! Les anémones et les pensées, tout occupées de lisser leurs corolles, ne levaient jamais la tête vers lui. Le vieux chat du boulanger profitait de l’ombre du bel arbre pour dormir.
Les oiseaux volaient trop haut. Et même les joueurs de boules avaient déserté la placette, trop étroite, prétendaient-ils.

C’est alors que tout d’un coup, il débarqua sur son vieux vélo qui l’avait emmené vers tant de rendez-vous, un Cyrille Guimard s’il vous plait !, ébloui par le soleil de début d’après-midi.
- Laissez place, voilà le Fernand entendait-on les jours de foule. Car Fernand était une figure dans le village. Toujours alerte à quatre-vingt-trois ans bien sonnés, il circulait inlassablement en bicyclette, sa casquette vichy vissée sur son crâne dégarni.
Ce jour-là, aucun son ne se fit entendre et pour cause, il n’y avait personne. Fernand se laissa donc intriguer par une silhouette qui s’éloignait et il percuta de plein fouet l’olivier.
Malgré la force du choc, Fernand ne gardait qu’un mot en tête qui lui était subitement venu : Joséphine.
- Tu sais, dit-il à l’olivier (car sonné il ne considérait plus absurde de s’adresser à un arbre) je ne l’ai jamais oubliée.
Il se redressa, ôta les pinces qui maintenaient le bas de son pantalon et s’adossa confortablement contre le tronc rugueux à la recherche d’un peu d’ombre.
- C’était il y a soixante ans, continua-t-il. Tu ne peux pas t’en souvenir, tu n’étais à l’époque qu’un arbrisseau en pépinière ! Elle portait une robe jaune, de la couleur des boutons d’or. Et elle se tenait exactement là où on t’a planté plus tard. Je me suis approché d’elle et je lui ai dit :
- Vous êtes, Mademoiselle, aussi éblouissante qu’une jonquille à peine éclose : fraîche, élégante et tout en raffinement ! Si j’osais, je vous cueillerais.
Mais mon discours ne semblait pas la séduire.

Fernand frottait son genou endolori par la chute pendant que le chat du boulanger ronronnait à ses pieds, perdu dans la contemplation d’un papillon aux ailes multicolores.
Le vieux cycliste ferma les yeux quelques instants, cherchant un souvenir plus net de sa première rencontre avec celle qui avait bouleversé sa vie, il s’en rendait compte à présent.
Il reprit, en caressant délicatement les pétales d’une anémone :
- Elle allait s’éloigner, tu sais l’olivier, ignorant mes paroles mielleuses, disparaître de ma vue, de ma vie quand mademoiselle Duchemin, la mercière qui venait de passer au bleu des galons blancs un peu jaunis, ouvrit sa fenêtre et déversa un seau d’eau de rinçage sur la tête de ma bien-aimée.
Trempée, la belle robe jaune ! Défaites les boucles châtain qui dansaient si joliment sur le front de la jeune fille ! De jonquille, en deux secondes elle s’était muée en sirène…
Comme j’habitais tout près – la maison aux volets verts, là, en face – je lui proposai une serviette, un peignoir et un petit verre de prune pour la réchauffer. Elle accepta. Et crois-moi si tu veux, mais à partir de ce moment, nous ne nous sommes plus quittés. Jusqu’à…


maintenant, si vous voulez vous amuser à proposer une suite...

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