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02 avril 2009

non tropo

il caresse ses cheveux.

douceur.

tremblement infime dans les doigts.

"ne m'aime pas trop."

elle redresse son corps. assise sur ses genoux elle appuie son regard inquisiteur au bord de ses yeux.

"ça veut dire quoi ?"

il ne sait pas l'expliquer. douleur de l'aveu. mise à nu.

mais elle sait que derrière ces mots s'en cachent d'autres. plus profonds.

hier déjà, elle se disait que quelque chose s'était brisé.

et en partant tout à l'heure elle aura envie de glisser un petit mot dans sa boîte aux lettres : dommage, ça aurait pu être une belle histoire... restons amis.

mais elle ne le fera pas. elle se contentera de marcher longtemps sous la pluie et de sentir la paix l'envahir.

comme un bien-être revenu.

ne plus penser à cette histoire.

juste se souvenir qu'elle voulait avancer.

être fière d'elle.

se respecter.

elle marchera en pensant à ces gens qui l'aiment, parce qu'elle est elle et qu'elle a cette lumière rarement diffusée, qui l'entoure et la rend différente. forte.

elle marchera en laissant l'air rentrer dans ses poumons, si grandement, si pleinement.

elle se dira qu'elle vit et que rien ne peut être plus merveilleux.

là, pour l'instant, assise sur ses genoux, elle espère une explication qui ne vient pas...

elle se lève, enfile son blouson et prend son sac.

elle sourit.

tant pis.

elle n'a encore rien compris...

 


25 mars 2009

montée

elle rentre essoufflée dans la chambre.

monté les escaliers à allure vive.

le coeur palpitant.

"le retrouver".

idée fixe.

elle ne l'a quitté qu'une trentaine de minutes.

mais elle le sait là, qui l'attend.

"le retrouver".

idée fixe.

elle pousse la porte souriante et s'arrête.

net.

il est là, nu, le torse dépassant des couvertures.

son regard la transperce.

pourtant elle le connaît.

son regard.

lui.

elle connaît cet homme.

elle a dormi avec lui.

encore.

encore une nuit.

cadeau.

mais savoir qu'il est encore là, pour elle, qu'il l'attend, ça la boulerverse.

il tend une main.

elle reste immobile.

avec cette terrible envie de s'approcher.

de le laisser la caresser, l'aimer encore.

idée fixe.

dans quelques heures il sera parti et tout recommencera comme avant.

elle vivra, courra à droite à gauche, réglera quelques papiers, achètera à manger, sourira aux autres, coiffera ses cheveux et soulignera son regard d'un trait noir.

elle vivra.

sans lui.

 

L’homme nouveau, ça donne quoi au lit ?



 

20 février 2009

bêtises

photo de Benoît Page

 

les filles ont peur de dire des bêtises.
d’en dire trop. d’en faire trop.

de passer pour des oies.
d’en faire trop.

de passer pour des filles faciles.

les filles.
aiment quand les garçons en disent trop.

en font trop.
ou n’aiment pas.
si, elles aiment. mais elles ont peur.
alors elles reculent elles s’enferment.
dans leur coquille.
elles s’avancent. puis elles s’enferment.
elles ont peur de vouloir.
il paraît qu’elles n’ont pas le droit.

de vouloir.
elles doivent attendre.

qu’on les veuille. qu’on les désire.
les garçons bien sûr.

des fois, elles se logent dans leur coquille.
les filles.
elles ont peur.
elles attendent.

elles ont toujours peur.
toujours.
tout au fond.
mais quand elles oublient, elles osent.

les filles aiment les garçons qui aiment les filles qui osent.
un peu. puis beaucoup.
dans le noir. ou pas.

elles aiment les garçons. qui ne les regardent pas. quand elles osent.
mais qui osent avec elles.

02 février 2009

révélation (5)

Elle saisit son téléphone, rectangle vert au creux de sa main et vérifie le cadran : aucun message.
Elle s’apprête à appuyer sur les touches.
Se ravise, soupire, pose l’appareil sur le siège passager.
Elle roule sur le chemin de terre où ils se sont vus pour la dernière fois, il y a quinze jours mais elle commence à s’habituer à l’idée qu’il n’y aura personne.
Elle a cherché à la retrouver. N’a obtenu que de vagues informations à son sujet.
Juliette Lapierre.
Que faisait-elle là ? Etait-ce un hasard ? Habite-t-elle dans les environs ? Avait-elle un rendez-vous ce jour-là ? L’avait-elle reconnue ? Elle n’en sait strictement rien mais elle se prend à rêver que si la vie les a remises sur la même route, c’est qu’il y a une raison.
Elle.
S’il n’y avait eu son mari avec sa grosse voiture gris métallisé, elle lui aurait parlé cette fois-là.
Paul…
Depuis combien de temps sont-ils mariés ?
Si on compte cette année de « mise en disponibilité », cela fait vingt et un ans.
Vingt et un ans !
Elle avait vraiment cru trouver enfin son bonheur dans les bras de Paul. Mais elle doit avouer que depuis un an, tout part de travers.
Vingt et un ans.
Il y a eu des beaux moments dans leur existence et leurs enfants sont une belle réussite.
Mais depuis quinze jours, elle commence à réaliser qu’elle s’est peut-être leurrée. Et qu’il faut enfin arrêter de gâcher sa vie.
Elle a l’impression de l’entendre de rire. Son rire à elle. Cristallin. Enfantin.
Depuis quinze jours, elle refait les mêmes gestes, avance sur le chemin lentement, se gare et attend.
Espère.
Attend.
Vérifie l’heure.
Mais comprend que personne ne viendra.
Elle croit la voir penchée au-dessus de sa voiture. Mouvement souple des hanches.
Soulignées par un pantalon de viscose fluide. Noir.
Son visage qui se tourne vers lui.
Lumière dans son sourire, éclat dans ses yeux.
Quinze jours qu’il ne sait faire qu’attendre chercher espérer.
Quinze nuits que ses rêves sont troublés. Elle se revoit vingt et un ans plus tôt. Et la réalité la rattrape. Vingt et un ans, c’est si long. Et si court à la fois. Elle n’a guère vu les années passer.
Mais soudain pour elle, rien n’a changé.
Elle se sent redevenir la Martine de l’époque.
Elle retire la pince de ses cheveux parsemés de blanc, secoue la tête. Corrige le rouge à lèvres qui bave un peu sur ses lèvres.
Soupire encore
Se replace correctement derrière le volant et tourne les clés dans le contact.
Quand elle roule à nouveau, elle se demande si elle va la revoir un jour. Elle en a tellement envie. Tellement…

 

 

26 janvier 2009

révélation (4)

Il saisit son téléphone, rectangle noir au creux de sa main et s’apprête à appuyer sur les touches.

Se ravise, soupire, pose l’appareil sur le siège passager.

Il roule sur le chemin de terre qui le conduit à son petit logement. Comme chaque jour.

La grosse voiture gris métallisé stoppe.

Se gare mais aucune petite voiture « de femme » ne lui fait face.

Il allonge le dossier de son siège. Ferme les yeux. Il se sent fatigué.

Juliette Lapierre.

Il a cherché à en savoir plus sur elle. N’a obtenu que de vagues informations à son sujet. Personne ne semble bien connaître cette adjointe à la culture.

Qui est-elle ?

Le mystère sur cette presque inconnue harcèle son esprit à longueur de journée depuis qu’ils se sont croisés sur son chemin de terre.

Que faisait-elle là ? Avait-elle un rendez-vous dans les parages ? Quelqu’un qu’elle connaissait ? Il n’en savait strictement rien mais il se prenait à rêver qu’elle l’attendait ce jour-là.

Lui.

S’il n’y avait eu sa femme apparue soudainement au bout du chemin, ils auraient eu le temps de faire plus ample connaissance.

Mais Martine avait déboulé.

Martine…

« Paul ?… Paul ! »

Pourquoi avait-elle toujours ce chic de gâcher les beaux moments de son existence ?

A croire que sa femme, pardon sa future « ex » femme n’avait su faire que ça toute sa vie.

Gâcher ce qui pouvait lui arriver de merveilleux.

Il a l’impression de l’entendre de rire. Son rire à elle. Cristallin. Enfantin.

Depuis huit jours, il refait les mêmes gestes, avance sur le chemin lentement, se gare et attend.

Espère.

Attend.

Vérifie l’heure.

Juste à temps.

Comme il y a huit jours.

Il croit la voir faisant son étrange danse dans l’espoir de l’arrêter. Mouvement souple des hanches.

Soulignées par un pantalon de viscose fluide. Noir.

Lumière dans son sourire, éclat dans ses yeux.

Il a gardé ses câbles à portée de mains.

Huit jours qu’il ne sait faire qu’attendre le soir venu pour rentrer enfin le ventre noué, battements de cœur affolés, priant, espérant, priant.

Huit nuits qu’elle vient hanter ses rêves. Il imagine toutes sortes de scénarios. Jamais les mêmes.

Elle lui retire les câbles des mains et installe elle-même les pinces sur les deux bornes de la batterie. Il s’approche et se penche derrière elle pour l’aider. Elle l’embrasse pour le remercier.

Ou ils se retrouvent à un cocktail chez les Legrand. Elle s'avance vers lui, lui sourit, lui tend une main courtoise. Qu'il saisit. Et ne lâche plus.

Il ouvre es yeux.

Soupire encore

Se replace correctement derrière le volant et tourne les clés dans le contact.

Quand il roule à nouveau, il se demande s’il va la revoir un jour. Il en a tellement envie. Tellement…

 

23 janvier 2009

pressées

Les filles pressées ont oublié
D’aimer de regarder de respirer
Ont oublié de s’aimer
Se regarder se respirer
Elles courent courent courent
Jamais assez vite
Jamais assez bien
Elles font ci et ça et ci et ça
Tout à la fois
Elles poussent elles disent pardon pardon
Elles marchent sur les pieds sur les vies
Elles marchent sur leurs envies
Les filles pressées sont essoufflées fatiguées débordées
Elles ne s’arrêtent pas
Ne peuvent pas
Ou elles s’écroulent
Elles envoient un baiser du bout des doigts
Montent dans leur voiture
Repartent sont déjà reparties
Les filles pressées fument beaucoup
ou pas
mangent vite
Dorment peu vivent mal
Elles aiment un peu beaucoup passionnément
Les filles pressées mentent pleurent espèrent
Elles soufflent : Oh que je suis fatiguée
Je veux une heure un jour une semaine
Pour me reposer
Mais elles ne se reposent jamais
Jamais
Elles sont pressées

 

photo prise sur le site de Benoît Page

21 janvier 2009

révélation (3)

Elle saisit son téléphone, rectangle vert au creux de sa main et s’apprête à appuyer sur les touches.

Se ravise, empoche l’appareil dans sa veste grise. Se dirige vers sa chambre, échange son pantalon trop classique contre une jupe droite, tout aussi classique mais plus seyante.

Se regarde dans le grand psyché : voyons un peu… quelle tête j’ai ?

Un an qu’il a pris ce logement au cœur de la campagne dijonnaise. Pour respirer. Pour que les choses changent aussi dans son couple. Il ne l’aimait plus c’est ce qu’il lui a affirmé mais elle n’a jamais voulu accepter la situation et lui a promis que tout allait s’arranger, qu’elle allait faire un travail sur elle, qu’elle allait le reconquérir.

Il a préféré prendre le large.

« Je resterai présent pour les enfants, pour toi… » avait-il juré.

Et il a tenu promesse. Il fait les allers-retours jusqu’au lycée pour Delphine, dépose Romain chaque matin à la gare pour qu’il prenne son train qui l’emmène à la fac. Il part en vacances avec eux, quelques jours au bord de la mer, ou dans un endroit perdu en Bretagne…

Mais elle n’a pas réussi à le séduire à nouveau.

Elle a essayé le dynamisme, la gaieté (lui qui la disait si insipide), la sensualité, le charme, la tendresse. Puis en vain la culpabilité, l’apitoiement.

Dernièrement elle s’est laissée aller aux reproches, à l’amertume.

Mais elle a compris que ça non plus ça ne marcherait pas. Au contraire.

Fausse route.

Elle saisit son léger foulard de soie et introduit les clés dans la serrure.

S’installe au volant et introduit les clés dans le contact.

Vérifie l’heure.

Juste à temps.

Dans une quinzaine de minutes, il s’engagera sur le chemin de terre qui le conduit à son petit logement. Comme chaque jour.

La belle berline roule un peu trop vite. Tourne à gauche. S’engage.

Battements au milieu du ventre.

Elle veut en avoir le cœur net : s’il reste encore une chance, elle ne veut pas la manquer.

Soudain elle voit. La grosse voiture gris métallisé est immobilisée sur le chemin. Garée devant une petite voiture « de femme ».

Elle le distingue. Avec une femme. Qui bouge au ralenti. Mouvement souple des hanches.

Soulignées par un pantalon de viscose fluide. Noir.

Lumière dans son sourire, éclat dans ses yeux.

Elle soupire. Profondément.

Et roule en silence. Lentement.

Elle la voit retirer les câbles de ses mains à lui et les installer les pinces sur les deux bornes de la batterie.

Elle entend rire. Son rire à elle. Cristallin. Enfantin.

Elle sent la crampe au milieu du ventre.

Elle laisse son pied s’enfoncer sur la pédale, accélère.

Arrive à leur hauteur.

Vitre qui descend.

Visage inquiet : « Paul ?… Paul ! »

Martine…

Quand il se tourne vers elle, il se demande ce qu’elle fait là. Il a soudain tellement envie de la voir partir. Tellement…

 

 

19 janvier 2009

révélation (2)

Il saisit son téléphone, rectangle noir au creux de sa main et s’apprête à appuyer sur les touches.

Finalement se ravise, pose l’appareil sur son bureau. Ouvre la pile d’enveloppes entassées devant lui et commence une lecture évasive.

Combien de temps ça va durer encore ce jeu du chat et de la souris ?

Un an qu’il a pris ce logement au cœur de la campagne dijonnaise. Pour respirer. Pour que les choses changent aussi dans son couple. Il ne l’aimait plus c’est sûr mais sa femme n’a jamais voulu accepter la situation et lui a promis que tout allait s’arranger, qu’elle allait faire un travail sur elle, qu’elle allait le reconquérir.

Il a préféré prendre le large.

« Je resterai présent pour les enfants, pour toi… » avait-il juré.

Et il a tenu promesse. Il fait les allers-retours jusqu’au lycée pour Delphine, dépose Romain chaque matin à la gare pour qu’il prenne son train qui l’emmène à la fac. Il part en vacances avec eux, quelques jours au bord de la mer, ou dans un endroit perdu en Bretagne…

Mais il se rend compte qu’elle le mène en bateau.

Il doit lui faire entendre que plus rien n’est possible entre eux.

Il pose le courrier bien en évidence. Il lira ça demain. Le nouveau produit que son entreprise est en train de breuveter est presque au point. Et ce soir, il a réunion au conseil général.

Dépend sa parka et introduit les clés dans la serrure.

Descend au parking.

S’installe au volant et introduit les clés dans le contact.

Vérifie l’heure.

Juste à temps. Delphine doit l’attendre.

Quand une heure plus tard, il quitte sa fille il ne sait toujours pas comment il va pouvoir imposer son choix.

Il roule sur le chemin de terre qui le conduit à son petit logement. Comme chaque jour.

La grosse voiture gris métallisé avance vers une femme qui simule une étrange danse.

La grosse voiture gris métallisé stoppe.

Vitre qui descend.

Visage inquiet : « vous avez un souci  ? »

Lumière dans le sourire, éclat dans les yeux. Qu’il reçoit direct dans son regard à lui.

- Oui. Je pense que c’est ma batterie. Ce n’est pas la première qu’elle me lâche mais je n’ai pas encore eu le temps de la changer…

Il ne répond pas. Regard scotché. Illuminé.

- Si vous avez des câbles, je devrais m’en sortir cette fois encore.

Elle se tourne avant même qu’il n’ait dit quoi que ce soit. Mouvement souple des hanches.

Soulignées par la viscose fluide.

Il soupire. Profondément.

Se gare devant sa petite voiture « de femme », ne la quitte pas des yeux, absorbé par son sourire lumineux.

- On se connaît, non ?

- A vrai dire, je n’osais vous le demander, mais je le crois également… On ne s’est pas déjà croisés ? Récemment ?

Alors qu’il trébuche sur une pierre en se dirigeant vers son coffre où sont rangés les câbles, elle rit.

Ce rire. Cristallin. Enfantin.

Il la fixe à nouveau. La détaille.

- Chez les Jacob il y a un mois ?

- Non… Désolée, je ne connais pas les Jacob…

- Vous faites du badminton ?

- Non…

- C’est sûr pourtant… On s’est déjà vus… Votre rire… Vos yeux…

- Je peux ?

Elle lui retire les câbles des mains et installe elle-même les pinces sur les deux bornes de la batterie.

- Au cocktail chez les Legrand ?

- Non. A l’inauguration de la nouvelle galerie de peinture ?

- Non… Je n’ai pas pu venir ce jour-là…

Il s’entête, cherche, réfléchit….

- Vous auriez du y être ?

- Je suis chargée de la culture au sein de l’équipe municipale. Alors de fait…

- Communauté de communes. Mardi dernier.

C’est ça ! Je me disais bien…

- Exact ! Juliette Lapierre.

- Paul Frémin. Ainsi… vous…

Il n’en revient pas. Ce sourire… Cette lumière dans ces yeux… Il se dit qu’il ne peut pas ne pas l’avoir remarqué avant.

- Vous démarrez ?

- Comment ?

- Ma batterie… Vous m’aidez ?

Elle bouge au ralenti, il savoure chaque seconde qui les réunit. Quand elle se tourne à nouveau vers lui, il se demande comment il va faire pour la laisser partir. Il n’en a soudain pas envie. Mais alors pas du tout…

 

 

18 janvier 2009

révélation

Elle saisit son téléphone, petit rectangle rose au creux de sa main et s’apprête à appuyer sur les touches.

Finalement se ravise, jette l’appareil sur son lit. Ouvre son armoire et choisit un pantalon en viscose souple qui souligne délicieusement les courbes de ses hanches, de ses fesses, de ses cuisses musclées.

Noir.souple. viscose.

Puis elle enfile un pull léger de soie couleur aubergine dont elle noue le fin cordon autour de sa taille. La dentelle de son caraco, couleur aubergine aussi, dépasse légèrement à la naissance de sa poitrine.

Elle se glisse dans des escarpins noirs et remonte ses cheveux dans un chignon de fortune.

Elle sait que quelques mèches tombent sur sa nuque apportant une note imparfaite à sa coiffure. Un coup de crayon violet sur ses paupières.

Deux gouttes de son parfum gel derrière les oreilles.

Odeur forte.

Enivrante.

Elle dépend son long manteau et introduit les clés dans la serrure.

S’installe au volant et introduit les clés dans le contact.

Vérifie l’heure.

Juste à temps.

Se gare sur le chemin de terre où il va passer dans une poignée de minutes. Comme chaque jour.

Elle retire son manteau, le frais de la fin de journée lui donne quelques frissons qui durcissent le bout de ses seins.

Ouvre le capot de l’auto.

Et lorsque le bruit d’un moteur approchant se fait entendre, elle se place au milieu du chemin. La grosse voiture gris métallisé apparaît alors qu’elle commence une étrange danse.

La grosse voiture gris métallisé stoppe. Elle défait à la hâte le premier bouton du pull aubergine, cambrure féline au bas des reins.

Vitre qui descend.

Visage inquiet : « vous avez un souci  ? »

Elle sent la force du coup reçu dans son ventre mais elle ne faillit pas. Lumière dans le sourire, éclat dans les yeux. Direct dans son regard à lui.

- Oui. Je pense que c’est ma batterie. Ce n’est pas la première qu’elle me lâche mais je n’ai pas encore eu le temps de la changer…

Il ne répond pas. Regard scotché. Illuminé.

- Si vous avez des câbles, je devrais m’en sortir cette fois encore.

Elle se tourne avant même qu’il n’ait dit quoi que ce soit. Mouvement souple des hanches.

Soulignées par la viscose fluide.

Il soupire. Profondément.

Se gare devant sa petite voiture « de femme », ne la quitte pas des yeux, absorbé par son sourire lumineux.

- On se connaît, non ?

- A vrai dire, je n’osais vous le demander, mais je le crois également… On ne s’est pas déjà croisés ? Récemment ?

Alors qu’il trébuche sur une pierre en se dirigeant vers son coffre où sont rangés les câbles, elle rit.

Ce rire. Cristallin. Enfantin.

Il la fixe à nouveau. La détaille.

- Chez les Jacob il y a un mois ?

- Non… Désolée, je ne connais pas les Jacob…

- Vous faites du badminton ?

- Non…

- C’est sûr pourtant… On s’est déjà vus… Votre rire… Vos yeux…

- Je peux ?

Elle lui retire les câbles des mains et installe elle-même les pinces sur les deux bornes de la batterie.

- Au cocktail chez les Legrand ?

- Non.

- A l’inauguration de la nouvelle galerie de peinture ?

- Non… Je n’ai pas pu venir ce jour-là…

Il s’entête, cherche, réfléchit….

- Vous auriez du y être ?

- Je suis chargée de la culture au sein de l’équipe municipale. Alors de fait…

- Communauté de communes. Mardi dernier.

Ah enfin ! Elle commençait à désespérer. Il en a mis du temps à se souvenir de moi…

- Exact ! Juliette Lapierre.

- Paul Frémin. Ainsi… vous…

Il n’en revient pas. Ce sourire… Cette lumière dans ces yeux… Il se dit qu’il ne peut pas ne pas l’avoir remarqué avant.

- Vous démarrez ?

- Comment ?

- Ma batterie… Vous m’aidez ?

Au creux de son ventre, c’est un doux tam-tam qui se met en marche. Elle savait.

Aujourd’hui, elle sentait que ce serait le jour idéal.

Elle sent son regard chaud qui ne la lâche pas. Elle bouge au ralenti, savoure chaque seconde qui les réunit. Quand elle se tourne à nouveau vers lui, il se demande comment il va faire pour la laisser partir. Il n’en a soudain pas envie. Mais alors pas du tout…

 

14 janvier 2009

Vénus

je me suis réveillée ce matin avec cette désagréable sensation de froid.

quelque chose, ou quelqu'un, manquait à ma peau. 

j'ai relevé la couverture sur mes reins, chassé les chats qui dormaient au bout de mes pieds, apparemment peu pressés d'aller vaquer ailleurs, lourdement avachis et j'ai allongé une main incertaine, mais emplie de désir et d'espoir, à côté de moi.

vide.

vide.

avec un soupir découragé, je me suis tournée, pour constater, qu'effectivement, la place à mes côtés était vide. il n'était plus temps de dormir. je me suis levée, pressé mes mains sur mes seins ronds et senti la force du combat monter en moi.

j'étais prête.

j'ai glissé mon épée dans son fourreau, bouclé le ceinturon à ma taille et j'ai avancé.

un pas après un pas.

dans l'immense étendue qui me faisait face.

mer inconnue.

mystérieuse.

attirante.

 

illustration réalisée par Yannick Drillet

09 janvier 2009

jeux d'enfant

- Tu viens, on va jouer à la corde ?

Violette hésite.

sur le banc, là-bas, Vanille a sorti son jeu de cartes magiques.

enfin... cartes magiques... si on veut.

des cartes où sont dessinés de drôles de personnages à qui Vanille prête de drôle de vie.

 

l'autre jour dans le bus, Violette s'est assise à côté de Vanille

hasard.

les fillettes ont sympathisé de suite. et Vanille a montré son jeu à Violette.

Violette n'avait jamais autant ri.

il faut dire que Vanille a un sacré tempérament.

et beaucoup d'imagination.

depuis, Violette essaie de sortir rapidement de l'école. espérant que la place à côté de Vanille ne sera pas prise.

et quelque fois ça marche.

le voyage jusqu'à l'arrêt "boulevard des Demains" est toujours une vraie fête alors.

moment de bonheur partagé

 

mais Laurine n'aime pas Vanille.

l n'y a pas longtemps que Vanille habite par ici.

et les nouvelles, à l'école, Laurine ne les aime pas.

sauf si elles font tout ce qu'elle veut.

immédiatement.

sans discuter.

Laurine est la meilleure amie de violette.

depuis la maternelle.

 

- Alors, tu viens ou quoi ?

Laurine insiste.

il manque quelqu'un pour tourner la corde.

et Violette fait ça si bien.

 

Violette soupire.

rejoint le groupe. traînant les pieds.

elle tourne la tête vers Vanille une dernière fois. déjà d'autres filles se sont rapprochées du banc.

Vanille sourit.

Violette aurait tant aimé aller écouter les histoires que Vanille invente pour ses cartes magiques.

Violette avait tellement envie de rire aujourd'hui.

 

- Ah ! Enfin ! Dépêche-toi, allez, on t'attend !

Violette prend la poignée en plastique multicolore.

et s'installe.

elle déteste jouer à la corde à sauter.

surtout quand elle doit être celle qui tourne.

mais elle fait ça si bien.

et Laurine est sa meilleure amie.

depuis la maternelle.

 

 

08 janvier 2009

abajo

il soupire.
d'aise.
de trop de travail partagé.
frissons dans le dos.
frôlements de lèvres.
elle est là. l'embrasse du bout de la bouche.
son cou, derrière son oreille, son menton.
frissons dans le dos.
elle enfile une robe légère sans rien en dessous avec trois pulls au-dessus, ses chaussettes en laine dans des bottes qui montent.
elle lui prend la main :
- viens !

elle pose un doigt sur ses lèvres - chut ! - et le tire.
l'attire.
légère
l'emmène dans ce restaurant.
petite ruelle mal éclairée.
flocons dans les cheveux dans les yeux.
le froid sous sa robe.
le rose sur leurs joues.
ils se serrent, heureux.

juste quand le serveur apporte les deux verres de blanc doucereux, elle l'entraîne vers l'escalier.
abajo.
elle le plaque tendrement contre un mur, colle sa jambe contre sa cuisse musclée d'homme épanoui et prend sa main pour la laisser aller sous sa robe entre ses jambes.
l'invite à se promener dans la fente humide qui s'ouvre comme une fleur qui éclôt pendant qu'elle laisse sa langue explorer l'onctuosité de sa bouche qu'elle sait si accueillante.
et puis lui dit : vite, on doit être servis en haut.
et remonte l'escalier en courant après lui avoir claqué un énorme baiser.
paysage de neige derrière la fenêtre.

07 janvier 2009

cap !

elle se lève de la tiédeur du lit, s'extrait de ses bras forts et chauds. nue.

elle enfile de grosses chaussettes de laine à cause du froid sur le carrelage.

elle regarde la neige tomber au-dehors.

elle prépare du café chaud et des tartines de miel, nue dans la cuisine avec ses grosses chaussettes de laine.
à cause du froid sur le carrelage.

elle ramène le tout dans la chambre.

elle ouvre la fenêtre pour laisser rentrer l'air froid.
pour qu'il ait froid.
et qu'il la serre contre lui.

ils regardent entrer les flocons dans la chambre, enroulés l'un contre l'autre.
font l'amour.
grelottent au début. transpirent ensuite.

ferment la fenêtre.

boivent un peu de café, les yeux brillants.
de fièvre.
d'amour.

 

16 décembre 2008

finalité d'une carrure

clémence devant un ciel orageux

comme un souffle en suspens

fragilité nébuleuse

qui renforce la certitude d'une mer sans fin

clarté opaque

pour que toujours dure l'envie d'un absolu

être à quai.

arrivée.

débarquée.

définitivement ancrée.

parce que l'horizon est si près qu'on pourrait l'effleurer.

 

photographienoir et blans d femme en pleine contemplation fac à la mer - photo noir et blanc - black and white photography, black and white photo

 

13 décembre 2008

allumettes

 

j'ai vu la Lune. ronde et pleine.

immense.

dans le petit matin glacé.

elle me fixait.

immense.

je me disais que j'avais bien de la chance de pouvoir la contempler. moi seule. dans le petit matin glacé.

j'ai compris les messages qu'elle écrivait dans le ciel : que la fragilité des nuits d'aujourd'hui préparait la beauté de celles que je vivrai demain, que la lumière qu'elle diffusait rayonnait en moi, que ma force était mon absolu, qu'un seul instant de douce quiétude ne valait pas une certitude....

j'ai voulu répondre que j'avais trouvé ma certitude et que je n'avais pas peur mais elle ne voulait pas m'entendre.

c'était son jour. à elle.

pleine et ronde.

immense.

alors j'ai pris ses mots et je les ai enfouis en moi. tout au fond. comme des trésors. que je ne devais jamais oublier. jamais négliger.

et soudain dans le petit matin glacé, j'ai eu chaud.

20 août 2008

11

voilà la fin. dernier épisode. la saison est close.

j'en ouvrirai une autre.

de saison.

--------------

- Je ne vous laisserai pas rentrer seule. Je veille sur vous. Ne vous inquiétez pas, ça va aller.

Qui va me fourrer comme tu le faisais Vita ? Qui vais-je griffer jusqu’au sang, lacérer, faire mouiller comme toi ? Vita… Qu’est-ce que j’ai fait ?… Pourquoi t’es retournée vers lui ?

Le corps de Lupa tremblait désormais.

- Je suis là… Lupa… Vous la connaissiez ?

- N…Non.

- Lupa, on va s’occuper du salaud qui a fait ça. On va sauver son bébé. Je vous le promets. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir.

Un faible sourire illumina enfin le visage de Lupa Beckett.

- C’est idiot, je sais… Mais je trouve les hommes tellement… dangereux quelques fois…

- Je comprends… Mais maintenant, je suis là, il ne vous arrivera rien.

 

Lupa laissa l’homme grand, hirsute et déjà voûté glisser sa main sous son bras.

Je sais ce que tu veux. Ils veulent tous pareils. Ils se croient les plus forts mais ils tiennent jamais la distance.

- Je ne me suis même pas présenté : inspecteur Paul Desmarets.

Lupa allait tendre sa main droite quand elle sentit l’ongle cassé accrocher le tissu de sa poche. Elle referma le poing sur ses griffes qui pointaient et se jura de couper tous ses ongles à ras. Elle devait être prudente. Elle passa sa langue sur ses dents acérées et respira un grand coup avant de prendre un sourire angélique. Elle se détendit. Les griffes se rétractèrent.

- Enchantée !

Elle semblait plus fragile que jamais. L’homme qui lui faisait face sut qu’il était définitivement amoureux d’elle. Eperdument.

Jubile, Paul Desmarets, tu vas payer… je vais te faire crever à petit feu pour tous ces salauds qui engrossent les jolies chiennes…tu vas en baver… je le jure…foi de Lupa…foi de louve.

 

 

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17 août 2008

épisode 10

- Je m’en doutais. Vous êtes trop sensible, Lupa, vous ne devriez pas assister à tout ça. Et puis, je ne suis pas certain… Mais il faut que les secours arrivent vite maintenant. Je les appelle…

Lupa s’éloigna un peu. Elle se tenait courbée, comme si une douleur au ventre l’empêchait de se redresser.

- Attendez, ne partez pas, s’il vous plaît. J’appelle et je vous raccompagne.

 

Paul s’était rapproché d’elle. Il souleva une mèche de ses cheveux grisonnantes entre ses doigts carrés et les repoussa derrière l’oreille si fine de la jeune femme.

Elle acquiessa, lèvres pincées.

Vita, je me souviens de notre rencontre. Un soir, dans l’ascenseur de chez moi. Tu venais voir ce couple au cinquième. C’était la première fois que tu faisais ça avec un couple. Tu ne savais pas trop. Mais tu n’avais pas peur. Au contraire, ça t’amusait… Tu me l’as dit après. Quand la porte de l’ascenseur s’est fermée, on était face à face. Tu as souri. Je voyais tes lèvres gourmandes, tes yeux qui brillaient. Quand la porte s’est rouverte au cinquième, j’ai appuyé sur le rez-de-chaussée et tu t’es approchée de moi. « Tu veux jouer ? » tu m’as demandé. Tu te frottais contre moi. Je t’ai répondu « lève ta jupe » et tu l’as fait. Tu portais rien en dessous. T’as jamais rien mis sous tes jupes. J’adorais ça. J’ai glissé ma main là entre tes cuisses que tu gardais serrées… juste exprès pour m’exciter. Quand mon doigt est entré en toi, c’était chaud, humide. Alors t’as léché mes lèvres, t’as ouvert ma bouche avec ta langue et tu l’as fourrée toute à l’intérieur. Putain, ce que j’ai aimé ça…

- Lupa ?… Lupa ?

 

La jeune femme sursauta. Elle semblait ailleurs et Paul devina qu’une certaine panique s’emparait d’elle.

 

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14 août 2008

9

Lupa s’agenouilla près de l’inspecteur. Son épaule frôla le bras de l’inspecteur et il sentit une vague de chaleur l’envahir. Il aurait bien le temps de repenser à cela par la suite. Là, il y avait urgence.

- Son ventre… J’ai touché son ventre en la retournant… J’ai senti un coup…

La jeune femme le dévisageait sans saisir. Paul n’était même pas surpris d’être là, penché sur un corps dévasté en compagnie d’une inconnue aux yeux de biche apeurée. Pas surpris non plus de lui faire part de ses découvertes comme si elle était son adjointe. Il ne savait rien d’elle excepté son identité. Et qu’il avait envie de la revoir. Intensément envie de la revoir.

- Dans son ventre… ça bouge… ça vit… Elle est…

- Enceinte ?

- Oui… Je crois bien. Pas de beaucoup. Quatre, cinq mois… Mais je suis prêt à parier qu’elle a un bébé dans son ventre et qu’il n’est pas mort, lui…

Lupa eut un hoquet de dégoût. Elle se releva précipitamment et respira un grand coup.

- Un… bé…bé ?

Putain, Vita, c’est pas possible, t’as pas fait ça… t’as pas pu me faire ça. Te faire engrosser… Par ce connard… C’est pour ça… Pour cette raison que tu voulais me quitter… Vita… On l’aurait gardé ce bébé… Ca aurait été notre bébé… Je t’aurais regardé lui donner le sein et puis je t’aurais tétée aussi un peu comme un louve, je t’aurais tartinée de salive partout, tu aurais mis de ton lait sur moi, tu aurais léché et j’aurais aimé ça… tes seins gonflés… tes gros seins plein de lait…Je me rappelle comme t’aimais ça quand je te mordillais le mamelon, ça te plaisait tellement… Un bébé…

- Mais… comment… est-ce possible ?

Des larmes coulaient sur ses joues à présent.

 

 

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12 août 2008

aide

il y avait longtemps que je ne vous ai parlé de Joal Fadiouth... mais si, rappelez-vous, "mon" île au Sénégal, "ma" terre entre mer et coquillages...

si j'en parle ce soir, c'est pour vous demander de l'aide...

éh éh...

quand je suis allée écrire avec les élèves de l'école Sainte-Thérèse, nous avons réalisé des ouvrages (3 en tout) regroupant les différents contes inventés avec (par) les élèves.

nous avons souhaité imprimer ces livrets mais il manque 200 euros aujourd'hui pour finaliser cela.

alors, j'en appelle à votre douce générosité pour que chaque enfant de l'école puisse avoir son exemplaire.

si vous êtes partant pour une aide financière, merci de me le faire savoir...

gracias...

 

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11 août 2008

épisode 8

La victime portait une jupe en jean’s, courte, qui était remontée au-dessus de la culotte lors de la chute. Sauf qu’il n’y avait aucune trace de culotte. De longues stries zébraient le haut des jambes. Le policier voulut rebaisser sa jupe et il remit de l’ordre dans ses vêtements. Il souleva légèrement un haut de son pull et découvrit d’autres traces. Sur tout le bas du dos. Des traits boursouflés sur une peau encore si jeune…

- Mais quel intérêt peut-on trouver à faire cela ?

Paul n’en revenait pas. Il avait rarement vu un corps aussi marqué. La victime était-elle consentante ?

Il se souvint… Une fois, il avait rencontré une femme qui avait voulu qu’il la frappe avant de lui faire l’amour. Ca l’excitait, disait-elle. Elle avait besoin de sentir un homme fort, dominant, dominateur, violent… pour avoir du plaisir.

Au début, il avait trouvé marrant de lui administrer des fessées avant de la pénétrer, de la sodomiser. Et puis, ça avait dégénéré. Paul faisait des cauchemars. Il se réveillait la nuit en sueur. Il se voyait en train de la tabasser. Il n’arrivait plus à se regarder dans le miroir le matin. Il avait rompu. Il s’était juré : plus jamais ça !

La chaleur de sa chatte humide. Hum… Son goût. J’ai jamais trouvé une chatte qui avait ce goût-là. Vita c’était une perle, un cadeau…Pourquoi est-ce qu’elle a préféré ce type ? Elle écartait ses cuisses de jouvencelle, elle faisait semblant d’hésiter, j’insistais un peu, je sortais ma langue, lui léchais le haut des jambes, le ventre. Elle ronronnait, je la griffais, elle…

 

- Merde !

- Qui a-t-il ?

 

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