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03 janvier 2008

loin

il l'appelait princesse.
elle se croyait dans un conte de fées.
avec un tendre chevalier.
mais le cheval a pris la route, ailleurs.
il a dit : je reviendrai. On se reverra.
et du conte, il reste la lumière de ses yeux qu’elle garde précieusement comme un cadeau.
la douceur de sa voix.
le souvenir d’un rien.
les filles ne sont pas des princesses.
au bois dormant.




06 décembre 2007

divine idylle 2

elle est revenue.
il était là.
il s’est approché.
ils ont accroché leurs regards, accrochés leurs sourires.
accrochés.
attirés.

- viens…
- oui.

des mots partagés.
des mots en suspens.
des mots au téléphone.
des mots écrits, murmurés, à peine osés.

un premier rendez-vous.
déjà un futur.
les pages du calendrier…

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05 décembre 2007

divine idylle

elle n'avait pas envie de venir.
il se demandait ce qu'il faisait là.
elle avec ces autres qu'elle connaissait.
lui seul.

elle errait d'une oeuvre d'art à l'autre, d'une photo à l'autre.
il restait mains dans les poches droit dans son jean's, écoutant les discours.
il n'a vu d'elle que son sourire.
elle l'a aperçu tout entier sobre, doux, élégant.
attiré.
attirée.

un clignement d'oeil, elle ne l'a plus vu.
un courant d'air, elle avait disparu.
partie.

pourtant un début...
la porte était restée ouverte...


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20 septembre 2007

matin

les arbres n’ont pas d’oreille et le bruissement de leurs feuilles est comme un avertissement à l’âme endormie.
ils signalent un danger. imminent.

les arbres se laissent chatouiller par le souffle de l’air laissent leurs feuilles frissonner et je sens cet appel sourd qui menace.

dans le lointain tu m’as aperçue. floue. irréelle.
les branches frappaient sur les carreaux glacés. tu as ouvert la fenêtre, le vent a poussé plus fort encore l’entrebâillement. l’émotion est rentrée.

tu as dit : un jour nous marcherons libres, main dans la main.
futur ou passé ?

je me suis envolée.

courant d’air. courant d’âme.


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11 septembre 2007

11 septembre

cela fait 6 ans aujourd'hui.
6.
mon chiffre fétiche.
comme quoi !

j'ai écrit une nouvelle sur ce jour qui a marqué notre génération et dont on ne cessera de parler encore durant des décennies.
11 septembre 2001.
cette nouvelle de filles fera partie du recueil je pense.
je vous en livre un bout.
ni un début ni une fin.
un bout.

elle s'appelle Attentat
(...) Elle fait rentrer un peu d’air en elle. Elle sait qu’elle vit encore. Mais pourquoi ? Pour qui ?

Je ne sais plus pendant combien de temps je me suis exclue de ce monde, depuis combien de temps j'ai fermé mes yeux, mes oreilles, mon cœur pour ne faire que divaguer sur ton ombre, échouer sur ton souvenir. Mais aujourd'hui, comme un ultime sursaut à tout ce naufrage, j'ai eu la sensation si forte, presque palpable, que si je mettais des mots sur tous ces jours, toutes ces douleurs, tout ce temps et ce qu'il comporte, toutes ces nuits sans toi et sans teint, tu allais m'entendre. Ou me lire. Me déchiffrer, tout au moins.

Comme si j'avais atteint un tel degré dans l'oubli de moi, dans l'annihilation de l'être pour la pensée (morbide, certes) que je t'avais rejoint.

Je ne me sens plus appartenir à cette vie si matérielle, si tactile, si obséquieuse et je me ressens plus dans cette bouée spirituelle dans laquelle je baigne et à laquelle je m'accroche.
De tous ces jours que je ne peux quantifier, je n'ai rien fait. Je me suis juste minéralisée pour mieux rejoindre ces pierres sur lesquelles tu t'es endormi et où peut-être il reste un peu de toi. Dispersé comme autant d'infimes morceaux de toi...


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22 août 2007

Afrique suite

je vous avais parlé de ce projet que je mets en place dans ce village du Sénégal : Joal-Fadiouth.

j'ai donc le financement nécessaire et je partirai durant l'année 2007-2008 là-bas travailler avec 6 classes de 40 enfants en ateliers d'écriture.

voilà l'école :

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et les élèves :

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l'enseignante, soeur Marie Jeanne a déjà pris connaissance de mes ouvrages et m'attend.

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mon objectif : 1) faire écrire les enfants et leur remettre par la suite un exemplaire de l'histoire inventée mise en livre et je l'espère illustrée.
2) me servir de ce que le voyage m'aura appris pour écrire moi-même des contes que je présenterai à un éditeur (un illustrateur s'est déjà manifesté). en espérant que l'ouvrage voit le jour, j'utiliserai les droits d'auteur pour la scolarité des enfants de l'école.

dans ce projet, je suis bien épaulée, bien soutenue, bien choyée...
mais si vous avez envie de participer d'une façon ou d'une autre...

20 août 2007

oh les filles !

j'ai écrit un recueil de nouvelles sur des femmes, des réflexions des poésies des choselettes légères ou graves, sucrées ou pimentées.
il se décline déjà en deux tomes : Oh les filles ! et Oh les filles ! (la suite). Un tome 3 est déjà en écriture : Oh les filles ! (ça continue) et un quatrième pourrait succéder : Oh les filles ! (encore et encore)…

elles sont médecins femmes au foyer avocates caissières institutrices. elles sont belles ou pas. elles sont jeunes seules tristes. ou pas. elles réfléchissent à leur vie, elles pleurent, elles rient...
elles représentent un patchwork des femmes d’aujourd’hui. des filles d’aujourd’hui.
elles vous emmènent dans leur univers, dans leur intérieur, vers leur âme. elles vous font toucher du doigt, des yeux leur petit monde.
elles s’appellent Anouk, Jade, Cassiopée, Marguerite ou Claire. elles vont attendent pour vous entraîner dans leur vie. un instant. un bref instant.

alors si un éditeur passe par là et qu'il (elle) veut faire la lumière sur elles, j'en serai ravie...

en attendant de le trouver un jour sur un étal de librairie, je vous livre une des nouvelles :

Talons hauts

Marguerite est en retard. Qu’est-ce qu’il lui a pris de foutre des talons hauts aujourd’hui ?
Elle sait bien ce qu’il lui a pris. C’est pour lui qu’elle fait ça.
Talons hauts guépière et bas jupe moulante et rouge à lèvres foncé sombre.
Il va dire : Oh Margot tu es surprenante ! Ce que tu es belle ! J’adore te voir ainsi…
Il va la prendre dans ses bras avec ses yeux brûlants de désir.
Marguerite se dit alors que ça vaut peut-être la peine qu’elle fasse tout cela. Pour lui. Ainsi elle lui plait. Il la désire.
Il ne l’appelle jamais Marguerite. Dès le début il a dit : Marguerite ça fait vieux. J’aime mieux Margot.
Et elle est devenue Margot.
Elle pense à Marguerite Yourcenar. Marguerite Duras. Elle aime son prénom.
Marguerite se dépêche. Il l’attend. Pour aller à cette soirée super importante pour une promotion dans son boulot.
Panoplie de femme.
Marguerite a enlevé le pantalon fluide d’homme et les baskets en toile.
Enlevé le pull échancré.
Elle a mis la tenue « poupée Barbie ».
Il aime ça.
Elle n’arrive pas à courir avec ses talons hauts. Elle se tord les chevilles sans arrêt. Elle est en retard elle se dépêche.
Elle pense : Merde où est-ce que j’ai mis mon portable ?
Elle cherche sur le meuble d’entrée à la cuisine dans son sac son blouson dans les poches de son pantalon fluide d’homme sous le canapé derrière les coussins.
Il est là sur la table basse. Ouf !
Marguerite se dit : Pourvu que je n’aie pas perdu mes clés aussi sinon il va être furax.
Non, elles sont dans son sac. Les clés de la maison. Il doit attendre en bas devant l’immeuble. Il va être furax c’est sûr.
Marguerite regarde sa montre elle est très en retard. Elle dit : Allez cette fois c’est bon j’y vais.
Un dernier coup d’œil au miroir dans l’entrée. C’est bien parfait pas de trace de rouge sur les dents pas de plis sur les fesses la jupe tombe impeccable. Elle secoue ses cheveux sur son cou.
Elle sent son parfum qui embaume.

Il dit : eh ben ça y est quand même !!
Il est agacé.
Elle demande : Alors ?
- Alors quoi ?
- Ben, tu me trouves comment ?
- Ah oui ! Eh bien ma zet ! C’est pas mal du tout.
Il s’est radouci. Il sourit maintenant. Elle a touché le point sensible.
Il la regarde plusieurs fois : C’est vrai dis donc t’es vraiment charmante.
Charmante, charmante. Elle a le bout des orteils en feu et cette cochonnerie de bas ça la gène aux cuisses. Elle voudrait défaire les crochets de son soutien-gorge. Elle soupire. Elle se dit : Ce soir quand on rentrera de sa « super soirée » je vais lui en donner du « charmante » moi !
Elle tend ses jambes en faisant attention à ne pas filer les bas. Il caresse le bas de la cuisse. Il remonte un peu plus haut. Plus haut. Elle adore ses mains sur elle. Il a de grandes mains puissantes, douces, fortes…
Durant la soirée il papillonne il lui présente untel et machin il serre des mains il rigole fort il parle fort il parle. Beaucoup. Il boit. Beaucoup aussi.
Elle boit aussi. Elle écoute d’une oreille distraite. Elle observe tous ces gens elle les trouve moches fades fats grossiers tous semblables tous importants. Ils jouent les importants.
Elle a mal aux pieds et sa jupe se colle sur ses fesses. Elle ne peut pas marcher sans avoir l’air d’une gourde. Elle pense à ses mains tout à l’heure sur sa cuisse. A ses mains ce soir sur ses seins son ventre ses fesses. Elle pense à sa langue qui va lécher son cou.
Au retour il dit : C’était chouette hein ? Tu étais formidable en tout cas. Ils t’ont tous adorée j’en suis sûr. Je l’aurai ma promotion c’est dans la poche.
Elle s’en fout de sa promotion. Elle voudrait qu’il arrête ce jeu d’homme important.
Quand il rentre dans la chambre il soupire : Je suis complètement crevé. Je me brosse les dents et au lit !
Elle croit qu’il plaisante. Mais quand elle se retourne il est déjà sous le drap. En train de dormir.
Elle enlève ses talons hauts et les balance à l’autre bout de la chambre. Il grogne mais ne se réveille pas.
Alors doucement si doucement elle retire ses bas en caressant ses jambes sa peau douce et chaude elle fait glisser sa jupe en ondulant des hanches. Elle joue. Elle fait comme s’il la regardait. La désirait.
Elle déboutonne sa chemise lentement langoureusement. Elle fredonne : Déshabillez-moi oui mais pas trop vite pas tout de suite sachez me désirer é é.
Elle reste devant le lit abasourdie. Elle dit en jetant son soutien-gorge en l’air : Ca, plus jamais !


et vous mets en prime une chanson de l'homme que j'aime entendre chanter, sans jamais me lasser...
une chanson de filles...

11 août 2007

Massalia

je travaille actuellement sur la suite des aventures de Prune, Benoît et Agathe, les trois héros de "Sortilèges à la bibliothèque". comme pour le 1er tome, la suite se passe à Marseille.

et pour continuer également dans le même style, les trois amis remonteront le temps.

mais qui connaît l'origine de Marseille ?

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vue générale de Massalia



selon la tradition, rapportée par Strabon et Justin, la fondation de Marseille remonte à l’an 600 AC.
des marins de Phocée, (Foca aujourd’hui), commandés par Protis, prêts au départ pour l’ouest de la Méditerranée, reçoivent un oracle : ils doivent emmener un guide venant du temple d’Artémis à Ephèse. c’est Aristarqué, « l'une des femmes les plus considérées ».
ils emportent également une statue en bois de la déesse Artémis. ils arrivent dans la calanque du Lacydon (actuel vieux port).
les rives sont occupées par une tribu Ligures dont le chef est Nannos. ce jour-là, les celtes organisent une fête à l’issue de laquelle Gyptis, la fille de Nannos doit choisir un époux. ils invitent les nouveaux arrivants en signe d’amitié. Gyptis choisit Protis. le roi Nannos accepte et donne aux Grecs toute la partie nord du Lacydon pour créer une ville.
les grecs construisent leur premier temple et Aristarqué en devint la prêtresse. selon Strabon, le temple d’Artémis se situe juste au-dessus du port, tout à côté de celui d’Apollon. sans doute sur la butte St-Laurent ou celle des moulins.

c'est une version. il en existe d'autres.

je ne dirai jamais assez à quel point j'aime cette ville où sont mes racines.
alors, si le coeur vous en dit, je vous entraîinerai sur les flots phocéens pour ce tome 2. avec de l'aventure et du mystère, une fois encore...

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la statue de la déesse Artemis. sa poitrine est recouverte de testicules de taureaux en sacrifice et le bas du corps est recouvert de sphinx et de lions : elle est ainsi la protectrice des animaux.

12 juin 2007

l'olivier

j'avais promis la fin de l'histoire écrite à 6 mains un beau samedi ensoleillé.
la voilà.
avec en prime l'illustration qu'a réalisée en même temps que nous écrivions Elsa Huet, dont la douceur, l'humour et le talent me touchent beaucoup...

je vous l'avais dit : magie et tendresse au programme.
bonne lecture !

Jusqu’à…


Fernand n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Marc, l’agent municipal, s’approchait de lui à grands pas.
- Fernand, tu ne peux pas rester là… Tu piétines les fleurs. Lève-toi de sous l’olivier, et fissa…
Le vieux cycliste ronchonna et se redressa douloureusement, sentant craquer ses articulations enkylosées.
Il se dirigea vers la boulangerie enfin ouverte, poussant son vélo cabossé et, laissant celui-ci contre le mur de la boutique, il entra acheter une demi-baguette « pas trop cuite, mais croustillante quand même », la même demi-baguette qu’il prenait chaque jour depuis des années.
Quand il ressortit, il retrouva la place déserte et, après avoir vérifié que personne ne venait, il se replaça sous l’olivier. Il coinça son dos courbatu contre le tronc et replongea dans son récit.
Il farfouillait dans sa mémoire et tous ses souvenirs étaient intacts. Il revoyait celle qu’il avait tant aimée, son visage souriant, son pas élancé.
- Toutes nos années partagées n’ont été que bonheur, je te le dis, l’arbre ! Pas une dispute, pas un malentendu ! Pas un seul nuage à ce beau tableau… Et pourtant la vie n’était pas toujours facile…

Le poids de son passé lui faisait courber le dos plus encore.
- Et c’est dix ans après que je reçus cette fameuse lettre.
Il fit une pause. Un long soupir sortit de sa bouche à peine entrouverte. Que tout cela était loin… Mais comment aurait-il pu oublier ?
Il y pensait encore si souvent. Joséphine…
- Dix ans qu’elle n’était plus là et voilà que le facteur, il posait cette lettre sur la table de la cuisine ! Bon dieu de bon dieu ! La lettre, tu entends, l’olivier ?…

Le vieux cycliste se cala le dos un peu plus contre l’écorce noueuse de l’arbre, le cul écrasant un peu plus le bégonia du massif… Il n’avait jamais parlé de ça à personne et l’émotion lui serrait la gorge.
- La lettre, eh bien, elle était écrite de sa main… Oui, comme je te le dis ! Elle m’écrivait à moi tous les mots qu’elle avait envie de me dire de là où elle était. Tu te rends compte, un peu, l’olivier ?

La main du vieux Fernand caressait lentement la peau rêche de l’arbre. Sa joue maintenant plaquée contre l’écorce, ses doigts exploraient doucement la courbure de ses branches basses.
Il parlait sans même plus en avoir conscience, les mots glissaient seuls hors de sa bouche.

- Alors, moi aussi, j’ai voulu lui parler, même si j’ai du mal à trouver les mots, d’ordinaire… Tu sais, elle savait tellement bien dire, elle, tellement mieux que moi… Moi je ne disais pas trop… Et puis, elle est partie et je n’ai plus pu rien dire.

Peu à peu sa peau marbrée par l’écorce se confondait presque avec elle. Quelques feuilles vert-bronze dépassaient de sa barbe râpeuse du matin…
- J’ai voulu lui dire mes mots, mes mots pour elle, l’olivier… Mais je ne savais pas où les dire, à qui les envoyer, à quelle oreille les chuchoter…
De tout leur poids, les jambes de Fernand creusaient le massif de bégonias, coulaient lentement dans la terre épaisse.
- Je cherche Joséphine à travers les arbres depuis ce temps-là, l’olivier. Eux ils m’écoutent, ils se taisent, ils me laissent parler, ils comprennent mes mots, ils les gardent en eux comme un secret jamais enfoui… Ces mots… ces mots que j’ai gardés depuis tout ce temps… Joséphine…

L’écorce rugueuse l’enveloppa lentement, lui, le vieux Fernand et ses mots pour Joséphine. Lentement. Si lentement.

Quand Marc, le garde municipal, passa sur le soir, il s’arrêta d’abord en grommelant contre ce vieux fadoli qui avait bousillé le massif de fleurs communal. Et puis, il cessa de rouspéter et même de respirer un instant quand il aperçut le visage et le corps du vieux Fernand sculptés dans le tronc du petit olivier.



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09 juin 2007

Fernand

par un samedi ensoleillé où nous attendions que des lecteurs passionnés viennent nous faire la causette, Christine Féret-Fleury, Anne Noisier et moi avons eu envie de nous lancer dans l’écriture d’un texte à 6 mains ( euh…3 x 2 bien sûr !) qui aurait pour titre : « Sous l’olivier… sans piétiner les fleurs ».
ce fût très amusant et le résultat fût surprenant.
je vous livre ici le début. et si vous êtes bien gentils, je vous livrerai la fin une prochaine fois. encore une fois magie et tendresse sont au programme…

Sur la place presque déserte du petit village de Provence, un petit olivier s’ennuyait.
Personne pour lui faire la conversation ! Les anémones et les pensées, tout occupées de lisser leurs corolles, ne levaient jamais la tête vers lui. Le vieux chat du boulanger profitait de l’ombre du bel arbre pour dormir.
Les oiseaux volaient trop haut. Et même les joueurs de boules avaient déserté la placette, trop étroite, prétendaient-ils.

C’est alors que tout d’un coup, il débarqua sur son vieux vélo qui l’avait emmené vers tant de rendez-vous, un Cyrille Guimard s’il vous plait !, ébloui par le soleil de début d’après-midi.
- Laissez place, voilà le Fernand entendait-on les jours de foule. Car Fernand était une figure dans le village. Toujours alerte à quatre-vingt-trois ans bien sonnés, il circulait inlassablement en bicyclette, sa casquette vichy vissée sur son crâne dégarni.
Ce jour-là, aucun son ne se fit entendre et pour cause, il n’y avait personne. Fernand se laissa donc intriguer par une silhouette qui s’éloignait et il percuta de plein fouet l’olivier.
Malgré la force du choc, Fernand ne gardait qu’un mot en tête qui lui était subitement venu : Joséphine.
- Tu sais, dit-il à l’olivier (car sonné il ne considérait plus absurde de s’adresser à un arbre) je ne l’ai jamais oubliée.
Il se redressa, ôta les pinces qui maintenaient le bas de son pantalon et s’adossa confortablement contre le tronc rugueux à la recherche d’un peu d’ombre.
- C’était il y a soixante ans, continua-t-il. Tu ne peux pas t’en souvenir, tu n’étais à l’époque qu’un arbrisseau en pépinière ! Elle portait une robe jaune, de la couleur des boutons d’or. Et elle se tenait exactement là où on t’a planté plus tard. Je me suis approché d’elle et je lui ai dit :
- Vous êtes, Mademoiselle, aussi éblouissante qu’une jonquille à peine éclose : fraîche, élégante et tout en raffinement ! Si j’osais, je vous cueillerais.
Mais mon discours ne semblait pas la séduire.

Fernand frottait son genou endolori par la chute pendant que le chat du boulanger ronronnait à ses pieds, perdu dans la contemplation d’un papillon aux ailes multicolores.
Le vieux cycliste ferma les yeux quelques instants, cherchant un souvenir plus net de sa première rencontre avec celle qui avait bouleversé sa vie, il s’en rendait compte à présent.
Il reprit, en caressant délicatement les pétales d’une anémone :
- Elle allait s’éloigner, tu sais l’olivier, ignorant mes paroles mielleuses, disparaître de ma vue, de ma vie quand mademoiselle Duchemin, la mercière qui venait de passer au bleu des galons blancs un peu jaunis, ouvrit sa fenêtre et déversa un seau d’eau de rinçage sur la tête de ma bien-aimée.
Trempée, la belle robe jaune ! Défaites les boucles châtain qui dansaient si joliment sur le front de la jeune fille ! De jonquille, en deux secondes elle s’était muée en sirène…
Comme j’habitais tout près – la maison aux volets verts, là, en face – je lui proposai une serviette, un peignoir et un petit verre de prune pour la réchauffer. Elle accepta. Et crois-moi si tu veux, mais à partir de ce moment, nous ne nous sommes plus quittés. Jusqu’à…


maintenant, si vous voulez vous amuser à proposer une suite...

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08 mai 2007

Afrique

il est, loin d’ici, un village : Joal-Fadiouth.

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en fait, il est composé de deux communes, situées dans la partie Nord du Sénégal.
située sur la petite côte du Sénégal, à 114 kilomètres de Dakar, 70 kilomètres de Thiès la capitale régionale et 32 kilomètres de Mbour le chef lieu départemental, la ville fait la jonction entre deux pôles touristiques très importants : la station balnéaire de Saly Portudal et Nianing au nord et les îles Saloum ou la « Polynésie du Sénégal » au sud-est.

Joal est une ville culturellement riche et le rayonnement laissé par Léopold Sédar Senghor (premier président du Sénégal, ancien ministre et académicien français) ne faillit pas.
cette localité est une des zones de pêche les plus importantes du pays et est habitée par des pêcheurs sérères, le plus souvent musulmans.

Fadiouth est une île que l’on dit créée à l’origine par une accumulation de déchets de coquillages.
aujourd’hui encore c’est une tradition qui est conservée et l’île est recouverte de coquillages séchés.
les touristes affluent régulièrement pour découvrir cette magnifique île qui s’est adaptée en conséquence.
le lien entre ces deux communes : Joal et Fadiouth, se fait par un pont réhabilité en 2005.

Joal-Fadiouth semble être la jonction entre le domaine sahélien au nord et la verte casamance par la Gambie au sud.
la commune de Joal-Fadiouth occupe un site côtier entre Ngazobil et Palmarin soit sur une longueur de 10 kilomètres.

au vu de ce fort patrimoine traditionnel culturel, faunistique, floristique, géographique et même économique à exploiter, j’ai le projet de faire écrire les enfants des écoles des deux communes de Joal et Fadiouth sur leur patrimoine afin de le découvrir ou le redécouvrir, l’apprécier et le valoriser.

un contact a été réalisé avec la sœur Marie Jeanne directrice de l'école Sainte-Thérèse de Joal-Fadiouth qui a donné son accord pour ce projet.
un illustrateur camerounais propose de continuer l’aventure afin de mettre en page ces histoires et d’en faire des recueils dont il assure que la publication peut être réalisée (éditeur intéressé).

mes droits d’auteur seraient intégralement reversés aux écoles sénégalaises via l’association « Ceedo », dont le siège est à Joal-Fadiouth et permettraient par exemple l’achat de matériels divers pour la scolarité des enfants et l’amélioration de leur confort.
l'association Ceedo a en effet pour objet de parrainer l’école Sainte-Thérèse, de financer la scolarité des enfants défavorisés de l’île et de fournir des équipements informatiques ainsi que du matériel scolaire.

alors si vous voulez aider au financement de ce projet, n’hésitez pas à me contacter.
ou si vous avez des informations à partager qui pourraient me faire avancer, je suis preneuse...


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05 mai 2007

première fois...

...premier émoi.

et moi, j'aime ça.
alors je me lance dans l'aventure et on verra.
un blog pour partager régulièrement, de-ci de-là.
pour les hauts et pour les bas.

ouh la la !

j'en profite pour vous présenter mon dernier ouvrage...
Kikiloviou, un petit loup, pas toujours très sage
un peu comme les enfants, pour les parents : dommage !

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pour vous le procurer