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15 juillet 2011

Vauvert - 9e jour

la semaine tire à sa fin. demain déjà ce sera à nouveau le weekend.

hier j'ai fini mon roman environnement pour ados 1er tome.

j'ai laissé décanter toute l'après-midi et la nuit (petit concert dans le parc du château d'Avignon, plage, tellines au vin blanc, parade de chevaux, feu d'artifice) et je vais m'y replonger ce matin. corriger. peaufiner.

je n'en reviens pas...

je pensais que je n'y arriverais jamais... comme quoi !

je ne sais pas encore bien à qui l'adresser. enfin si, j'ai ma petite idée mais... la grande parade de l'attente va recommencer...

alors soit j'attaque le tome 2 de cette série, soit je monte les mailles de mon roman pour Gulf Stream.

il me reste deux semaines...

et puis, finalement Edilivre a réagi. j'aurai mon exemplaire offert... comme quoi !

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14 juillet 2011

Vauvert - 8e jour

voilà, le cap d'une semaine ici est passé. toujours pas de lassitude de mon ordi blanc et des touches blanches de mon clavier.

pas de vent cette nuit, pas de moustique. ou alors rien entendu.

endormie avec les restants des flonflons du bal dans la tête et nos chants vieillots partagés dans la voiture en rentrant. je n'ai vraiment plus d'âge ici. je vis.

je me suis régalée avec le recueil de nouvelles de Lunatik, bien câlée sur les coussins couleur mastic et après un bon bain, boulot. je suis à fond sur mon roman environnement; d'ici la fin de la semaine, il sera fini j'espère.

pas de voitures garées en bas. je m'interroge : ils ne bossent à l'édition en dessous ?

ben non, c'est 14 juillet. j'avais oublié que c'était un jour férié.

alors bonne fête à tout le monde, feu d'artifice et bal à gogo.

 

13 juillet 2011

Vauvert - 7e jour

Vauvert s'est réveillé en bataille après une nuit pluvieuse, venteuse et tourmentée.

je me suis réveillée épuisée par une nuit courte, perturbée, moustiquée...

le vent a séché et chassé la pluie, le petit marché de Vauvert était déserté mais les micoucouliers nous attendaient ce matin.

les journées filent si vite.

et le travail n'avance pas aussi vite que je le voudrais... mais il avance...

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Vauvert - Eros

il s'appelle Eros.

- c'est le plus gentil des gentils, me précise Patrice le gérant du centre en me tendant les brides, comme pour me rassurer. Juste avant vous, il a porté une toute petite fille et ça s'est très bien passé.

c'est vrai que quand je monte sur son dos, aidée par l'habitude sereine de Patrice, je ne me sens pas à l'aise.

- on tire un coup à gauche pour aller à gauche, un coup à droite pour aller à droite et les deux rènes en même temps pour stop.

mes genoux sont en sursis, je tremble pour eux. si je tombe mes éléments bioniques n'y résisteront pas.

mais de suite l'harmonie se fait. je me décontracte. Eros écoute, suis, ne rechigne pas (contrairement à d'autres dans le lot). mon corps monte et descend et je n'ai plus peur.

Eros me porte et avance dans l'eau comme dans le sable, dans les montées et les descentes, parmi la végétation camarguaise. il me porte et je me sens la reine du monde. grande, haute, fière, portée.

jamais je n'avais ressenti cela avant. 

je caresse son cou et me penche pour l'embrasser dès que je peux.

je viens de découvrir que ce dont je rêve depuis toujours existe. être portée, soulevée de terre sans faillir, et avancer. pouvoir voir l'horizon, plus loin. loin devant.

je rentre tremblante, chancelante, vidée. triste de cette séparation. et à la fois profondément heureuse et comblée.

dans l'appartement mon pantalon empeste l'odeur de cheval. je ne me décide pas à le laver. je veux pouvoir fourrer mon nez dans cette odeur encore un peu.

et conserver les merveilleuses sensations que son souvenir me procure.

ma vie vient de faire une fabuleuse rencontre.

12 juillet 2011

Vauvert : la foule et le rasetteur

ils étaient huit, plantés en deux rangées identiques au milieu de l'arène où le sable était encore impeccable.

ils étaient huit, le torse buriné et imberbe, enfermé dans un tee-shirt blanc qui moulait leurs muscles naissants et déjà si puissants.

ils étaient huit mais Laurianne ne voyait que lui.

son nom était inscrit en gros au dos du tee-shirt : Marty.

Florent Marty, combien de fois, elle avait prononcé ce nom, songeuse, allongée sur son lit, comme une incantation à le faire venir dans sa vie. Mais Flo, comme tout le monde le surnomme a mieux à faire que de s'occuper de cette "jeunette" qui lui court après depuis plus de deux ans. Flo, il veut devenir toréador. il en rêve depuis tout petit, il donnerait tout pour cela.

alors, les filles.

il est entré à l'école taurine en septembre et après une année intense, il participe à cette course de taureaux emboulés. Rasetteur. il est rasetteur. c'est comme ça qu'on dit.

la soirée défile et les courses se succèdent. parfois Marty grimpe précipitamment sur les rebords de l'arène pour échapper au taureau excité et elle le voit. Laurianne peut même le photographier une fois où il est tout près, agrippé à un bras dégoulinant de transpiration.

il perçoit le flash, tourne la tête, la distingue parmi la foule, elle lui sourit, déjà il est descendu, reparti au centre de l'arène.

quand le taureau frappe dans le dos de Florent, il a du mal à récupérer l'équilibre. il la voulait cette cocarde, il n'en avait attrapé aucune et il y avait cette fille dans les gradins. il la trouve jolie mais il n'a jamais réussi à le lui dire. disons qu'il s'est fait une promesse en entrant à cette école taurine, de travailler dur et sérieusement alors il s'inquiète. une fille dans sa vie, est-ce que ce serait raisonnable.

cela fait plusieurs fois qu'il entend parler d'elle. comment elle s'appelle déjà ? Laurie, ou un truc du genre. mais il ne se sent pas de lui demander de l'attendre. alors il a dit : non. et il pense à elle parfois quand il s'endort la nuit seul dans cette toute petite chambre de l'internat.

Florent Marty serre les dents quand le taureau chope son tee-shirt et l'envoie voler dans les airs. serre les dents encore quand son corps s'aplatit contre la barrière et que le taureau le récupère une fois encore par le tee-shirt.

la bave coule de sa bouche et il pousse des meuglements coléreux, le taureau. et Marty sent une fois encore ces cornes emboulées le frapper quand son corps bascule par dessus la barrière.

- heureusement les taureaux sont emboulés !

il entend cette phrase alors qu'il ne sait même pas se relever, que son dos n'est que souffrance lancinante, qu'il se demande si'l va pouvoir remarcher, la tête enfouie dans le sable du couloir de l'arène.

après de longues minutes où l'attente des spectateurs crée une tension insoutenable, il réussit à se remettre debout. d'abord à genoux, puis debout, soutenu largement par deux portiers. quand il sort de l'arène, mâchoire crispée, dos en marmelade, il jette un dernier regard vers les gradins où elle se trouvait tout à l'heure. elle n'y est plus. elle est partie. il sait qu'il ne la reverra plus jamais.

une larme coule enfin sur sa joue. pourvu qu'il puisse marcher à nouveau...

 

si vous voulez la vraie version, allez sur le le blog de Marie-Florence Ehret, ça vaut le détour...(et en plus il y a des photos de moi !! ;)))

 

 

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Vauvert - 6e jour

mon dieu s'appelle "château d'eau".

puissant, blanc et imposant, il est érigé tel un totem dans la tribu de mes errances. Il trône sur le paysage de ma vie actuelle.

sans lumière, il ressemble à un phare qui guide mes divagations et me permet de reprendre le droit chemin.

sans lui, je serai bel et bien perdue, sans repère fiable, vagabonde...

mon dieu s'appelle "château d'eau".

 

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11 juillet 2011

Vauvert - 5e jour

s'il n'y avait Marie-Florence, je me serais réveillée ce matin aux abords de la campagne de Petite Camargue, ou plutôt allongée au milieu de ceps de vigne, tant il y en a par ici.

non pas que la vie est dangereuse à Vauvert mais plutôt que mon sens de l'orientation est défaillant. et la balade pédestre d'hier aurait pu m'être fatale.

c'était sans compter sans l'instinctif sens de l'orientation de l'auteur aux boucles d'or.

et comme le weekend est terminé, il faut revenir au sérieux d'un début de semaine. je sais que la boulimie des débuts se calme. j'ai autant besoin de lire, de voir que d'écrire. et pourtant, des mots j'en ai encore tant à déverser...

je n'ai pas encore terminé, loin de là, tout ce que j'ai prévu en écriture que déjà je cherche ailleurs d'autres possibles. mes mauvaises habitudes reprennent le dessus. aïe aïe.

mais finalement, j'ai toujours cette petite appréhension au milieu du ventre, cette idée que je dois me dépêcher, que je ne peux prendre mon temps, cause repas à préparer, enfants à trimballer, rdv de toutes sortes.là, ce n'est que le long déroulement tranquille des heures à l'infini.

non, ce soir, on ira, Marie-Florence et moi aux Saintes-maries de la mer, assister à une course de taureaux. voilà, c'est reparti, un "stop" qui s'annonce pour me faire ralentir sur ma route prioritaire...

allez va, je vous raconterai demain, comment ils courent les taureaux. en attendant, au boulot !

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10 juillet 2011

Vauvert - 4e jour

voilà donc le 4e jour qui commence. je ne peux m'empêcher de penser : déjà 4 ! et de regretter qu'il n'en reste que 21.

pourtant 21 jours c'est beaucoup encore.

alors je sens comme une panique en moi. toujours cette peur de ne pas assez en profiter. avoir peur de manquer. je vais avoir du temps pour écrire, pour finir mes romans comme prévu. hier, j'ai même eu un appel d'une historienne de l'art qui travaille au Louvre et avec des classes qui me propose de m'aider pour le prochain projet.

pas de quoi paniquer...

j'ai toujours agi ainsi : ne jamais refuser un boulot, un investissement, une amitié, ... par peur de n'avoir jamais plus d'occasions ensuite. depuis 19 mois, ça s'est accentué, cette boulimie du jour-même par peur du vide du lendemain.

alors j'ai accumulé, accumulé les occasions, les projets, les investissements personnels, associatifs... 

face au grand calme qui règne aujourd'hui sur mes journées, je sens revenir cette inquiétude de ne pas en avoir profité assez...

bon, hier après-midi, à croire que nos esprits sont habitués au mode weekend, ce fut Nimes : vide-grenier, shopping, ciné.

et promenade en nature le soir dans un endroit non loin de la résidence où nous avons trouvé et dégusté de merveilleuses nectarines tombées de l'arbre. c'est sûrement du à l'effet de la nouveauté mais tout a une de ces saveurs ici...

et je ne parle pas nourriture car je ne mange presque plus. comme si ma nourriture spirituelle me nourrissait amplement. 

pour rattraper mon manque de travail, j'ai écrit jusqu'à tard hier soir.

aujourd'hui c'est dimanche.

et je suis seule dans un bel appart au bout du monde en train d'écrire...

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09 juillet 2011

Vauvert - marché

après un petit tour au marché de Vauvert qui ressemble à tous les marchés de Provence et le petit verre partagé sous les micoucouliers, nous nous sommes arrêtées, Marie-Florence et moi dans la campagne environnante où nous avons assisté à ce spectacle pas réellement surprenant mais nouveau pour moi, d'hommes à cheval coursant des vaches brunes. ainsi qu'un petit veau, un brin affolé dans le grand champ, qui n'aspirait qu'à retrouver sa mère.

deux d'entre elles avaient une lourde cloche autour du cou, j'ai supposé que c'étaient des taureaux. je n'y connais pas grand-chose, je m'en rends compte.

les mûres étaient noires, pas toutes mais il y en avait. elles étaient bonnes.

le soleil était présent, chaud.

il ne restait qu'à se remettre au boulot...

 

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Vauvert - 3e jour

je me suis fait violence pour rester un peu plus dans le lit ce matin.

mais toujours ce réveil si matinal. 

rester au lit et lire. je dois me nourrir aussi de mots, pas juste les cuisiner et les servir. si je ne fais pas de provisions, mes réserves vont s'épuiser.

les oiseaux étaient déjà en cri et pépiement.

aujourd'hui c'est samedi et il n'y aura personne dans la maison d'édition en dessous. ce sera certainement la seule façon de différencier les jours de weekend des autres jours.

j'irai certainement au marché ce matin. avec Marie-Florence, ma corésidente.

hier en fin d'après-midi, après le jogging matinal et une journée totalement consacrée à l'écriture (y a-t-il un seul jour de ma vie où j'aurais pu penser que cela fut possible ???), nous sommes allées toutes deux siroter un verre frais "sous les micoucouliers" comme elle le dit, un brin de délectation au bord des lèvres.

une petite place agréable avec une fontaine et un serveur "débordé"...

ce devait être une petite pause, ça s'est éternisé tard dans la nuit.

partout autour de cet ilot de calme et de mots, les vacances éclatent ça et là, colorées, enchantées, au monoï et sacs de voyage. 

 

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08 juillet 2011

Vauvert - 2e jour

je me suis réveillée ce 2e jour très tôt le matin. les oiseaux y allaient de bon coeur dans une assourdissante pelote de petits cris.

mal à la nuque. faim au milieu du ventre.

les mots affluaient nombreux, pressés, dans ma tête. j'avais envie/besoin de les jeter sur mon clavier.

ensuite c'était décidé j'irai courir comme la veille et je vivrai au ralenti. écriture, écriture, écriture. et puis avec Internet, il y a les messages, les contacts, les réseaux sociaux. pour une fois j'ai le droit de ne faire que rester plantée devant mon bel ordinateur et je ne compte pas m'en priver. jusqu'à la lie.

hier soir je suis sortie avec ma corésidente à Vauvert, le village, car là nous sommes en retrait, vraiment. bu une tisane en écoutant un petit concert donné sur la place. musique classique.

seule dans ce grand appartement, dans cet endroit isolé, seule avec mes esprits, j'ai la sensation de faire le tour de moi. je fais défiler les années. j'ai 19 ans à nouveau.

personne ne me manque pour l'instant. personne. rien. je n'ai pas peur de ce vide spacio-temporel. ce n'est pas si courant chez moi. je n'ai plus besoin de cumuler mille choses pour avoir une existence. une preuve de celle-ci.

je ne suis qu'esprit, âme, gaz volatil.

je ne ressens nullement la morsure de la solitude. je soulage mes liens. j'apaise mes obligations.

je suis confrontée à tous ces mots qui arrivent comme s'ils attendaient tapis, logés dans un coin de moi, que je leur fasse de la place. et je les accueille avec bienveillance, tendresse, amitié.

que résultera-t-il de tout cela ?

ce n'est que le 2e jour.

 

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07 juillet 2011

Vauvert - instantané

le vent souffle fort dans les arbres et pour éviter que les vitres ne claquent, ou bien les volets, j'ai tout refermé. et dans le silence de la grande pièce, soudain, j'entends un bruit. régulier. cloc cloc cloc...

j'arrête de tapoter sur le clavier et me concentre. c'est bien ça : cloc cloc cloc.

un pas de cheval.

ici il y en a quelques-uns, je les ai aperçus en courant ce matin.

je vérifie à la fenêtre, et l'homme qui monte l'animal à la robe claire porte un chapeau avec un ruban noir. cloc cloc cloc. le cavalier stoppe le cheval et le fait reculer. on dirait qu'ils s'entrainent pour une chorégraphie particulière. les gestes de l'homme sont précis, posés, calmes. 

je saisis mon téléphone pour les photographier mais déjà ils repassent sur le chemin et s'éloignent. les photos sont sombres (à contre-jour certainement) mais le bruit des pas résonnent encore dans les hurlements légers du vent.

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Vauvert - 1er jour

j'ai ouvert les yeux ce matin dans un drôle de petit paradis. le temps et l'espace n'avaient plus d'importance et rien n'était griffonné sur mon agenda. pas de longues listes en prévision dans la journée, seul le pépiement des oiseaux me rappelaient que la vie a cette couleur.

les mots ont décidé de venir se poser doucement dans ma tête, entre mes mains, sur mon clavier.

me voilà en errance entre la création et la sérénité.

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06 juillet 2011

retour égyptien

« Enfant, je rêvais d'étourdissantes aventures fourmillantes de dangers mais je n'arrivais pas à trouver la porte d'entrée vers un monde parallèle ! J'ai fini par me convaincre qu'elle n'existait pas. J'ai grandi, vieilli, et je me suis contenté d'un monde classique... jusqu'au jour où j'ai commencé à écrire des romans. Un parfum d'aventure s'est alors glissé dans ma vie. De drôles de couleurs, d'étonnantes créatures, des villes étranges… J'avais trouvé la porte. »

Pierre Bottero

 

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28 juin 2011

Nil...

attention au départ, j'embarque pour 8 jours...

sur le "love boat", avec Julie, Isaac et le capitaine Merrill Stubing...

Croisière

20 juin 2011

papa

elle s'est longtemps dit que ça doit être formidable d'avoir un papa.

un papa qui vous prend sur les genoux et vous caresse les cheveux, l'air rêveur en vous murmurant que vous êtes sa princesse, son cadeau, sa merveille.

un papa qui vous tient la main pour traverser en vous disant : "vite vite on va encore être en retard à l'école" et vous lance un clin d'oeil avant de vous entrainer dans une course folle au milieu des gens dans la rue.

un papa qui vous aide à faire vos devoirs l'air concentré comme s'il s'agissait d'un problème irrésolvable mais qui vous laisse trouver la solution seule histoire de ne pas vous en oter le mérite.

un papa qui vous porte sur ses épaule lors de longues promenades qui vous coupent les jambes et vous font palpiter le coeur trop fort et qui vous laisse poser votre tête fatiguée sur son crâne, les deux mains en dessous pendant qu'il serre affectueusement vos mollets.

un papa à lunettes, à cigarettes, à brouette, à pirouette-cacahuette, à "je-te-tiens-par-la-barbichette", à casquette, à bicyclette, à patins à roulette.

un papa à chocolat, à bisou du soir, à grimace dans la glace, à moustache, à costume-cravate, à pyjama à rayures, à grosse voix, gros yeux, gros câlins.

un papa jaloux de votre premier vrai amoureux, qui vous fera conduire sa voiture avant le permis et vous emmènera tremblant chercher les résultats du bac, qui vous aidera à installer vos étagères dans votre premier appartement et vous tiendra la main lors de votre mariage...

alors hier elle n'a pas pu mais elle se rattrape aujourd'hui : bonne fête à tous les papas !!

"Homme et enfant" par Zhang Xiaogang, peintre chinois, symboliste surréaliste,né en 1958. 

14 juin 2011

morale

là, j'suis pas bien...

 

13 juin 2011

effaceur

elle a téléphoné et elle a dit : elle a tellement souffert, tu ne peux pas lui faire ça, elle lit tout, les filles aussi, alors efface les mots.

elle a tellement souffert ? parce que moi non ? parce que moi j'ai tellement rigolé durant plus d'un an, presque un an et demi ? et avant ? parce que je ne l'ai pas attendu toute ma vie, pas attendu toute une nuit, je n'ai pas crevé pendant cinq mois alors qu'il essayait d'y croire encore et que je coupais tous liens volontairement, je n'ai pas souffert d'avoir mis en péril l'équilibre de quatre personnes et du mien avec ? de n'avoir plus rien, de devoir tout recommencer du début...

pourtant ce jour-là je me sentais perdue, comme rien, anéantie, invisible, inexistante et j'ai effacé.

les mots.

l'histoire.

je n'ai pas réussi à effacer ce qu'il me disait : qu'il m'avait cherchée toute sa vie, qu'il avait tant besoin de moi pour ne pas mourir là alors que sa vie prenait un nouveau tournant et qu'il ne recevait plus d'amour du vrai depuis si longtemps, qu'il n'y avait rien qu'il n'aimait pas chez moi, que j'étais sa goutte d'absolu, son héroïne de ses histoires et qu'il comprenait enfin la douleur qu'il avait endurée toutes ces années, parce que le sens à cette douleur c'était moi.

je n'ai pas effacé ses yeux qui brillaient, ses mains qui tremblaient, ce bonheur qui le faisait pleurer, pas effacé nos rêves et nos espoirs, nos attentes et nos doutes.

dans le combiné, ele a ajouté : soigne-toi, va voir un psy, prends des médicaments sinon tu ne t'en sortiras pas. je te rappellerai bientôt. tiens le coup.

je ne suis pas allée voir un psy et je n'ai pas avalé de calmants. j'ai tenu le coup et elle n'a jamais rappelé.

évidemment.

effacé les mots. effacé l'histoire.

pour tous ces gens qui pensaient qu'il avait dérapé. mais n'ont pas su comprendre qu'il revivait. n'ont pas compris ses choix ses décisions et ont tout interprété de travers...

il n'y a que son frère. il n'y a que lui qui a su compris vu. accepté. soutenu. partagé.

elle, elle a tout retrouvé. sa place son honneur perdu le rêve de son amour. j'ai tout perdu. mon horizon ma confiance mes espoirs mon futur et mon bonheur. son amour. sa tendresse et nos envies.

j'espère que de là où il est, il les a vus tous ces amis ces proches ces collaborateurs ces gens qui disaient l'aimer, j'espère qu'il les a vus avec leurs pensées acides et leurs attitudes possessives. ces menteurs ces tricheurs ces hypocrites ces profiteurs...

parce que moi je n'ai rien oublié. et qu'un jour les mots seront là. à nouveau...

70 ans

lorsque j'aurai 70 ans, je serai certainement grand-mère, grisonnante, avec des tâches sur la peau, j'irai à la piscine deux ou trois fois par semaine, je mangerai un midi par semaine avec ma copine Sophie, je marcherai des heures dans la nature, parlerai des heures avec mes enfants au téléphone, irai au cinéma, tricoterai des pulls, j'aurai vu des tas de pays, je serai amoureuse (enfin s'il ne craque pas avant !!), je me mettrai des crèmes parfumées et du rouge à lèvres, j'irai au théâtre, préparerai des bons petits plats pour les hôtes de passage, j'écrirai certainement encore mille mots ici ou là, j'aurai les cheveux courts et porterai des chaussures à talons, ou des Converses ça dépend, je serai toujours aussi chiante mais plus sereine, je chanterai comme une casserole, oublierai de changer mes pneus usés, j'aurai d'immenses étagères pleines de livres, ferai pousser des petits légumes, perdrai mes clés, boirai plus de thé que de café, j'aurai des lunettes à monture rouge et les ongles longs mais abimés, j'emmènerai ma soeur faire du shopping et achèterai des cravates pour mon amoureux qui ne les mettra pas alors je les porterai en faisant semblant d'être obligée, je n'oublierai aucun anniversaire ferai des fêtes incroyables pour cela, achèterai des tonnes de cadeaux, j'aurai un sac en cuir recousu et des pantalons à l'ourlet bien fait, je boirai du rosé frais mais pas trop et je n'aurai plus peur de tout tout le temps.

lorsque j'aurai 70 ans, je me dirai que j'aurais bien aimé qu'elle les ait aussi...

08 juin 2011

fiasco 2

il est là, allongé sur le grand lit partagé depuis tant d'années, seul.

cela fait tant de jours qu'elle ne dort plus à ses côtés. elle a pris le large, la poudre d'escampette. elle l'a laissé avec cette évidence : elle aime ailleurs.

la révélation. l'homme de sa vie.

pour lui, elle n'a pas hésité elle a tout plaqué, elle est partie vivre ailleurs. sans rien emporter ou si peu. le laissant survivre dans cette maison qui était la leur, leurs meubles, leurs objets, leurs souvenirs.

il le sentait il le savait que plus rien n'était pareil entre eux que ça "battait de l'aile" qu'elle s'éloignait chaque année un peu plus, mais il n'a rien vu venir.

quand elle a annoncé : "je pars" il n'y a pas cru. il s'est dit que c'était juste un répit une pause une respiration. pas une séparation.

et pourtant. coup de poignard.

il est là, allongé sur le grand lit partagé et il se demande si elle est avec lui, si elle s'endort contre lui, si il va réussir à s'endormir lui.

il ne sait pas qu'elle aussi s'endort seule. parce que son amour n'est pas encore libre. parce qu'il hésite entre raison et passion, parce que même s'il ne cesse de lui répéter qu'elle est tout ce qu'il a toujours cherché, toujours désiré, qu'il ne peut plus vivre sans elle, plus respirer seulement, il n'arrive pas à abandonner son foyer.

il lui parle de sa femme. lui raconte ses réactions qu'il ne comprend pas. plus. il ne la supporte plus mais voilà... il y a tous ces moments où ils ont du se serrer les coudes pour tenir debout.

il lui jure que oui il va le faire il va partir aussi.

elle, elle le croit. elle croit qu'un jour ils vivront ensemble, qu'un jour il sera libre lui aussi, qu'ils partageront chaque instant sans se cacher sans mentir sans calculer. sans craindre d'être découverts.

elle l'attend. cela fait tant de jours qu'elle l'attend. qu'elle l'écoute aussi. parce qu'il lui explique pourquoi il ne part pas pourquoi il ne se sent pas le droit et pourquoi elle doit être patiente.

elle est là, allongée sur son nouveau lit seule mais elle s'en moque. à Noël ils passeront quelques jours ensemble, rien qu'eux, loin de tous, loin de tout. et c'est déjà ça...